Yvelines : après un accident causé par un conducteur ivre, la série noire d’Emmanuelle et Fared

Le sort semble s’acharner sur cette famille de Moisson. Ils enchaînent les galères, notamment de voiture, après un accident causé par un conducteur ivre, un vol et un véhicule incendié. Privés de ressources après une perte d’emploi, ils en appellent à la générosité.

 Depuis son accident de la route, Emmanuelle Daress a des séquelles physiques. Et la vie de cette maman de sept enfants s’est terriblement compliquée, car la destruction de la voiture isole la famille.
Depuis son accident de la route, Emmanuelle Daress a des séquelles physiques. Et la vie de cette maman de sept enfants s’est terriblement compliquée, car la destruction de la voiture isole la famille. LP/Virginie Wéber

Situé à la limite de l'Eure, tout à l'ouest des Yvelines, le petit village de Moisson, 960 âmes, a tout pour rendre ses habitants heureux. Loin des tracas du Covid, ces derniers peuvent partir aux champignons quand la période est propice et profiter de la grande forêt et du calme des environs. Mais aucun d'entre eux ne peut bénéficier de l'attrait de ce coin tranquille sans en connaître le revers de la médaille : vivre dans un endroit isolé nécessite de posséder un véhicule.

Atout indéniable, l'isolement du village peut donc vite se transformer en inconvénient. Et la famille Daress en fait l'amère expérience, elle qui a perdu sa voiture dans un accident de la route. Pour ce couple et ses sept enfants, la vie s'est terriblement compliquée.

D'autant qu'il semble entraîné dans une spirale infernale de la malchance, une histoire presque irréelle. Ainsi, la voiture familiale détruite dans un accident le 5 novembre venait tout juste d'être rachetée car les parents et leurs sept enfants… avaient perdu leur précédent véhicule cet été. Et pas dans n'importe quelles conditions : celui-ci a été incendié lors d'échauffourées dans le quartier du Val-Fourré à Mantes-la-Jolie.

Une nouvelle voiture qui leur avait été prêtée retrouvée… désossée

Après ces deux coups du sort, un ami leur avait bien prêté une petite Clio, « histoire de dépanner », mais la Renault a été retrouvée complètement désossée devant leur maison! « Elle nous aidait bien, se désole Fared, le papa. Ça nous permettait d'aller au moins faire les courses dans le supermarché le plus proche. » Alors, faute de moyens suffisants, la grande famille vient d'ouvrir une cagnotte sur le site Pot commun, destinée à trouver un apport pour l'achat d'une nouvelle voiture assez grande pour embarquer les 7 enfants.

« On est arrivé il y a cinq ans, pour les élever dans ce cadre préservé, raconte Fared. Mais cette vie a un prix car il faut absolument une voiture pour aller faire les courses, faire les allers-retours à l'école, au collège et pour les activités. » « Heureusement », parvient-il à positiver, « on a moins de trajet parce que c'est le confinement ». Quand sa compagne a vu l'état désastreux du véhicule après l'accident du début du mois, elle s'est « mise à pleurer ». « Parce que je sais ce que ça implique pour notre vie », confie Emmanuelle. Un automobiliste, ivre et sous l'effet de médicaments au moment des faits, est venu la percuter alors qu'elle conduisait.

« Les gendarmes m'ont dit que si je n'avais pas mis un coup de frein, mon mari, qui était côté passager, ne serait plus là aujourd'hui », s'émeut la conductrice, qui souffrait déjà de graves problèmes de santé. Maintenant, d'autres séquelles physiques se sont ajoutées à son dossier médical. « Mon dos ne me porte plus, souffle-t-elle. Mon médecin traitant m'a dit de faire une demande d'expertise médicale et de commencer à constituer un dossier pour faire reconnaître mon handicap. »

Fared se retrouve sans emploi

En attendant, cette maman ne peut plus emmener ses enfants nulle part. « Et nous ne sommes pas près d'avoir une nouvelle voiture car l'affaire doit passer devant le tribunal judiciaire le 25 janvier prochain », indique la victime, convocation en main. « C'est un cauchemar », souffle le père qui confie « dormir trois à quatre heures par nuit ». Intérimaire dans un magasin Gifi, Fared a été, qui pis est, victime du premier confinement. Désormais demandeur d'emploi, il s'inquiète déjà de ne pas pouvoir en retrouver un sans voiture.

Pour sa compagne, demander de l'aide avec la cagnotte fut donc « quelque chose de très compliqué. » « Normalement, on a l'habitude de se débrouiller seuls », soupire la quadragénaire actuellement en congé parental. L'urgence de la situation a toutefois eu raison de ce principe. A ce jour, douze contributeurs ont généreusement donné 585 euros. « On espère que la bienveillance existe encore parmi nous tous, présume l'ancienne auxiliaire de vie. On sait que c'est la crise pour tout le monde mais 1 euro donné reste 1 euro. »

Idéalement, le couple souhaiterait en réunir près de 10 000 pour acquérir la voiture tant espérée, du type Peugeot 807. « Il y a des modèles d'occasion moins chers, autour de 7 000 euros », note le couple. Dans l'attente, la famille Daress peut au moins compter sur la générosité des habitants de Moisson, « qui n'hésitent pas à proposer leur aide dès qu'ils le peuvent ». C'est, au moins, l'un des avantages de vivre dans un village isolé…

Envie d'aider la famille Daress? Vous pouvez donner en toute sécurité sur le site LePotCommun.fr