Yvelines : un poney mutilé retrouvé mort, un cheval tailladé... mais des enquêtes qui patinent

Les deux équidés ont été blessés fin septembre et début octobre dans le centre du département. Pour l’heure, l’enquête sur ce cruel phénomène est au point mort.

 Illustration. Les Yvelines comptent plus de 15 000 chevaux. Six ont fait l’objet d’attaques depuis le mois d’avril dernier.
Illustration. Les Yvelines comptent plus de 15 000 chevaux. Six ont fait l’objet d’attaques depuis le mois d’avril dernier.  LP/Julien Barbare

Deux nouveaux cas de mutilations sur des chevaux sont à déplorer dans les Yvelines depuis le dernier bilan livré au mois d'août dernier par le procureur de la République Maryvonne Caillebotte.

Ces deux nouvelles plaintes portent à sept le nombre de faits de cruauté sur des animaux encore non résolus dans le département depuis le début de l'année. Et elles continuent l'alimenter la psychose auprès des propriétaires.

Samedi 3 octobre aux Mesnuls, la propriétaire d'un poney avait déposé plainte après la disparition de son animal, lequel a finalement été retrouvé mort, gisant dans un fossé. Il présentait des marques de mutilation sur la tête et sur la langue et avait les naseaux sectionnés.

Quelques jours plus tôt, le lundi 28 septembre, un cheval avait déjà été retrouvé à Chavenay avec la croupe lardée d'entailles d'une quinzaine de centimètres. « S'il y a bien deux nouvelles plaintes, confirme le procureur, le dossier judiciaire est au point mort et aucun auteur et aucune explication n'a été découverte pour l'heure ».

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Des mutilations toujours inexpliquées

Depuis le début de cette étrange vague de cruauté sur les chevaux qui touche l'ensemble de la France, cinq faits avérés avaient déjà été recensés par le parquet de Versailles. Le premier remonte au 1er avril dernier. À Magny-les-Hameaux, une jument s'était fait couper les deux oreilles et était décédée des suites de ses blessures.

Le 14 juillet à Moisson, un âne avait également été retrouvé avec une oreille entaillée. Le 3 août à Marcq, un cheval présentait une grande plaie à la jambe. Une jument avait aussi été découverte le 24 août à Chevreuse avec une large entaille au niveau de l'encolure. Enfin le 2 septembre à Longvilliers, c'est une brebis qui avait été atrocement mutilée. Sa peau avait notamment été arrachée sur une partie du dos et du col.

Une cellule d'enquête spéciale

Pour tenter d'identifier le ou les agresseurs, les gendarmes des Yvelines ont créé une cellule d'enquête particulière comprenant des militaires du groupement et de la section de recherches de Versailles et travaillant en lien avec l'Oclaesp (Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique). Les gendarmes ont également mis en place un plan d'action et de prévention pour tenter de rassurer les propriétaires de chevaux du département. Ils surveillent les installations équestres et dispensent des conseils aux propriétaires de chevaux pour qu'ils puissent se protéger.

La direction départementale de la protection de la population (DDPP) estime qu'environ 35 000 équidés vivent en région parisienne, dont 15 000 dans les Yvelines pour environ 750 propriétaires. Il faut ajouter à ce total tous les chevaux « retraités » qui vivent dans au pré et qui ne sont pas recensés.