Yvelines : un camion pour attirer les jeunes vers l’apprentissage

Un véhicule dédié à la formation marque cette semaine des arrêts dans cinq villes du département. Objectif : ramener des forces vives vers la voie professionnalisante.

 Poissy, ce mardi. Les participants ont pu rencontrer les responsables de centre de formations du département.
Poissy, ce mardi. Les participants ont pu rencontrer les responsables de centre de formations du département. LP/B.D.

« En ce moment, c'est un peu la galère ». Cela fait maintenant plusieurs mois qu'Adams, 22 ans, multiplie les candidatures et entretiens. « Récemment, j'ai été reçu chez Adidas, mais ça n'a rien donné. À chaque fois, il y a trop de candidats », souffle le jeune homme, qui a lâché l'année dernière un BTS commercial du côté de Sarcelles (Val-d'Oise). « Je n'arrivais plus à suivre. Il me fallait quelque chose de plus accessible », confie-t-il.

Après un rendez-vous à la mission locale, Adams a été redirigé vers une voie à laquelle, il n'avait encore pensé : l'apprentissage. Voilà pourquoi il s'est rendu ce mardi matin à Poissy, sur le parvis de l'hôtel de ville, où était stationné un camion dédié à ce type de formation. Le véhicule circulera toute la semaine dans le département. Cette initiative du ministère du Travail doit permettre aux jeunes de découvrir et pourquoi pas rejoindre « cette voie privilégiée vers l'emploi ».

Restauration, logistique… Des secteurs toujours porteurs

Adams, lui, est arrivé avec une idée précise du secteur qu'il aimerait rejoindre : la logistique. Alors il s'est naturellement dirigé vers le stand de l'AFTRAL, leader en ce domaine, où il a fait la rencontre de Laurence Chazal, du centre de formation de Tremblay-sur-Mauldre. « C'est un secteur toujours porteur avec des emplois à la clé et des possibilités de salaire intéressants, assure-t-elle. Toutes les entreprises ont besoin de logistique ».

Et ce malgré la crise actuelle, qui pourrait laisser penser à une baisse de la demande des employeurs potentiels. « On a eu peur au début, mais en s'adaptant et en trouvant un nouveau réseau de sociétés, on a fait mieux que l'année dernière au final », se félicite Laurence Chazal. Pour Adams, pas de doute à la sortie du camion : « Je vais demander à m'y inscrire ».

À quelques mètres de l'AFTRAL, on retrouve Sabine Barret, développeur de l'apprentissage pour le CFA Trajectoire basé à Guyancourt, et spécialisé notamment dans l'hôtellerie, le tourisme et la restauration. Si elle reconnaît que la situation est loin d'être réjouissante dans les deux premiers secteurs, elle se veut en revanche rassurante pour le dernier. « Chaque jour, des restaurants nous relancent pour trouver des apprentis », précise-t-elle.

Attirer les jeunes de quartiers

D'autant plus que l'année 2020 s'annonçait prometteuse. « En février tous les voyants étaient au vert, on était sur une augmentation de 16 % du nombre de jeunes en apprentissage », rappelle Patrick Toulmet, délégué interministériel au développement de l'apprentissage dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, en déplacement à Poissy.

« Mais cette saloperie de virus est arrivée et le gouvernement a dû prendre des mesures fortes », poursuit Patrick Toulmet. À commencer par un plan de relance d'un milliard d'euros en faveur de l'apprentissage. L'Etat espère inciter les entreprises à embaucher des apprentis avec des aides de 5 000 € par alternant mineur et 8 000 € pour les majeurs.

Une fois les employeurs conquis, l'enjeu crucial du délégué ministériel est d'intéresser les jeunes à cette voie. Et notamment ceux des quartiers prioritaires. « Le problème est qu'ils ne viennent plus dans les missions locales. Avec le confinement, ils ont un peu disparu des radars, déplore Patrick Toulmet. C'est pourquoi, il faut aller à leur rencontre et les retrouver ».

Ce mercredi à Maurepas, ce jeudi aux Mureaux et ce vendredi à Mantes-la-Jolie. Ouvert de 10h30 à 18 heures.