Yvelines : plus de 1500 croyants rassemblés contre l’interdiction des messes

Le mouvement de colère des catholiques ne faiblit pas. Ils ont à nouveau manifesté pour réclamer la levée de l’interdiction des messes à Bougival, Saint-Germain-en-Laye, Rambouillet et Versailles.

 Saint-Germain-en-Laye, ce dimanche. Environ 400 pratiquants ont manifesté pour obtenir l’autorisation de célébrer la messe, actuellement interdite à cause du confinement.
Saint-Germain-en-Laye, ce dimanche. Environ 400 pratiquants ont manifesté pour obtenir l’autorisation de célébrer la messe, actuellement interdite à cause du confinement. LP/Yves Fossey

Les catholiques des Yvelines ne désarment pas. Privés de messes en raison de la crise sanitaire, ils se sont à nouveau mobilisés ce dimanche, comme un peu partout en France, pour obtenir un assouplissement du confinement et pouvoir à nouveau assister et participer à cet office. Dans le but de faire plier l'Etat, qui a pris le décret d'interdiction, des mouvements de protestation ont été organisés après celui de la semaine dernière qui avait rassemblé 600 personnes à Versailles.

Les pratiquants dénoncent une « injustice »

Pas moins de quatre rassemblements, déclarés en préfecture au préalable, se sont déroulés ce dimanche dans le département. Environ 800 croyants étaient devant la cathédrale Saint-Louis à Versailles en fin de journée, 400 à Saint-Germain-en-Laye, 350 à Rambouillet dans l'après-midi et une centaine à Bougival durant la matinée.

La journée de protestation avait débuté à Bougival

Les pratiquants voulaient dénoncer « une injustice ». « La mesure de l'Etat est en contradiction avec la liberté du culte », a souligné l'un d'eux lors d'une prise de parole à Saint-Germain-en-Laye. Rassemblés dans le calme devant l'église située face au château, les manifestants, masque sur le visage et chapelet à la main pour certains, ont repris en chœur des chants et des prières dans une ambiance bon enfant. « Alors que les familles traversent une période difficile, la messe est un moyen de se retrouver pour un moment de partage autour de la foi », argue Stéphane l'un des organisateurs.

Un rassemblement a eu lieu devant l’église de Saint-Germain-en-Laye située face au château. LP/Yves Fossey
Un rassemblement a eu lieu devant l’église de Saint-Germain-en-Laye située face au château. LP/Yves Fossey  

Pour Léonie, les mesures barrières sont « strictement respectées dans les églises. » « Il n'y a eu aucun cluster dans aucune d'entre elles, souligne-t-elle. Depuis le mois de mai à la sortie du premier confinement, du gel hydroalcoolique est à la disposition des fidèles aux entrées des églises, le port du masque est obligatoire et la distanciation sociale est assurée pour éviter les contaminations ».

Le diocèse estime le mouvement « légitime »

Brieuc, présent à la manifestation de Versailles évoque une « différence de traitement » difficile à comprendre. « Les supermarchés sont ouverts, les établissements scolaires accueillent de nombreux élèves avec parfois des effectifs importants dans les classes, explique-t-il. Pourquoi les catholiques ne peuvent-ils pas se réunir dans des églises où la place ne manque pas ? »

Plus de 800 personnes à Versailles

De son côté, le diocèse de Versailles ne prend pas position mais selon Mgr Bruno Valentin, l'évêque auxiliaire, le Gouvernement doit « entendre le message ». Et pour lui, l'interdiction de célébrer la messe peut être levée. « Nous sommes en capacité d'organiser le culte sans risque sanitaire », considère-t-il.

Il estime par ailleurs ce mouvement « légitime ». « On comprend l'expression de manque, reconnaît Mgr Valentin. Cependant on encourage les organisateurs à respecter un cadre légal ». Depuis le début du mois de novembre, si les lieux de culte restent ouverts, les messes, comme toutes autres célébrations avec public, sont interdites. Seules les funérailles et les mariages avec un nombre limité de personnes, sont aujourd'hui autorisés. Outre ces manifestations, les pratiquants ont lancé une pétition au niveau national par le biais d'une plateforme Internet qui en quelques jours a recueilli 105 000 signatures.