Yvelines : Lutécia, l’eau minérale qui veut séduire les Parisiens

Le groupe Ogeu met en bouteille, et en vente, la seule eau minérale naturelle d’Ile-de-France issue de la source Val-Saint-Lambert en vallée de Chevreuse.

 Saint-Lambert-des-Bois (Yvelines), le 22 septembre 2020. La nouvelle marque Lutécia arbore le visage d’une Romaine avec son amphore.
Saint-Lambert-des-Bois (Yvelines), le 22 septembre 2020. La nouvelle marque Lutécia arbore le visage d’une Romaine avec son amphore. LP/Laurent Mauron

Changer d'identité pour mieux séduire? L'idée a semblé en tout cas couler de source pour le groupe Ogeu. Issue de la source du Val-Saint-Lambert, sise au cœur de la vallée de Chevreuse (Yvelines), la nouvelle marque d'eau minérale naturelle s'appelle donc la Lutécia, un nom qui remplace la Chevreuse, son ancienne appellation.

L'entreprise Ogeu, qui possède déjà des marques connues telles que la Quézac ou la Plancoët, a clairement joué avec la proximité de Paris pour attirer au maximum les regards. L'étiquette arbore le visage stylisé d'une Romaine avec son amphore devant les plus célèbres monuments parisiens et aux couleurs bleu et rouge de la capitale.

En vente partout dans la région

Lancée en ce mois de septembre, la Lutécia se décline sous le format classique, en bouteille de 1,5 litre et en pack de six. En octobre, suivra le petit format de 50 centilitres. Elle sera distribuée à terme dans « 100 % des enseignes d'Ile-de-France » s'engage le groupe Ogeu, qui assure également qu'il ne « dépassera pas » les 150 km entre le lieu de production et le lieu de vente.

Si sa nouvelle esthétique évoque la Ville Lumière, son nom a été choisi par les consommateurs pour booster ce nouveau produit. Le groupe Ogeu, qui se présente comme le « leader français des eaux minérales », a adjoint Saint-Lambert à son portefeuille depuis 2013, date de son rachat auprès du groupe Nestlé. Cette société familiale collectionne les eaux régionales depuis son site historique pyrénéen d'Ogeu-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques). Elle emploie 150 personnes et développe un chiffre d'affaires de 50 millions d'euros par an.

Ogeu France, propriétaire de la source de Saint-Lambert-des-Bois, a investi dans une chaîne de production ultramoderne. LP/Laurent Mauron
Ogeu France, propriétaire de la source de Saint-Lambert-des-Bois, a investi dans une chaîne de production ultramoderne. LP/Laurent Mauron  

En cette année 2020, Ogeu a d'ailleurs investi six millions d'euros dans une nouvelle ligne de production plus moderne en vallée de Chevreuse. Il s'est donné pour objectif de diffuser 80 millions de bouteilles par an de Lutécia.

Extraite à 600 mètres de profondeur

C'est donc dans le sous-sol de Saint-Lambert-des-Bois, très exactement à 600 mètres de profondeur, qu'est extrait le précieux liquide. Le gisement est abondant mais l'entreprise veille scrupuleusement au respect de l'environnement. « Dans notre jargon, nous parlons ici d'une mer souterraine. C'est une ressource que nous protégeons au maximum. Les contrôles y sont d'ailleurs très nombreux à toutes les étapes de la production », explique Marjorie Renaudin, sa responsable d'exploitation, qui évoque aussi une bouteille « 100 % recyclable » et fabriquée avec « 30 % de matières naturelles issues de déchets recyclés de la canne à sucre ».

La composition de la Lutécia, stabilisée en minéraux (calcium, potassium, magnésium et sodium) dans le temps, mais aussi l'absence de tout traitement d'extraction, lui donne le droit à l'appellation « eau minérale naturelle. » Elle est d'ailleurs la seule de la région Ile-de-France à pouvoir y prétendre. « Sa principale qualité est d'être très pauvre en sodium. Elle convient donc à l'alimentation des bébés et même à tous les membres de la famille, surtout pour ceux qui doivent observer des régimes pauvres en sel », conclut Marjorie Renaudin.

Une seule autre source exploitée en Seine-et-Marne

Si l’Ile-de-France propose désormais de nombreuses bières locales, voire du vin, concoctés sur son territoire, l’eau est devenue une sorte de parent pauvre des produits du terroir francilien.

En dehors de celle de Val-Saint-Lambert, une seule autre source est exploitée pour la mise en bouteille, celle de Chantereine à Chelles en Seine-et-Marne. D’abord commercialisée sous ce nom, elle l’a ensuite été sous le nom de Cristaline. La marque avait été créée en 1992 par Pierre Papillaud, patron des eaux Roxane, et par Pierre Castel, fondateur du groupe Castel, un des premiers producteurs mondiaux de… vins français.

La Cristaline n’est toutefois pas, à la différence de la Lutécia, une eau typiquement francilienne puisque ses bouteilles sont remplies par les eaux en provenance de 34 sources différentes.

En 2012, l’eau de la source Arline, tirée depuis 1948 du forage de Franconville (Val-d’Oise), a cessé, elle, d’alimenter les bouteilles de Cristaline. Les patrons avaient décidé à l’époque de se concentrer uniquement sur la source Chantereine.

Enfin, à Paris, certains habitants ont la chance de pouvoir se passer d’acheter de l’eau en bouteille grâce à trois puits situés place Lamartine (16e), place Paul-Verlaine (13e) et square de la Madone (18e) qui distribuent gratuitement l’eau de la nappe de l’Albien du bassin de Paris. Chacun des trois robinets peut déverser 500 litres par heure et la nappe, qui s’étend sur 80 000 kilomètres carrés, semble inépuisable avec ses 700 milliards de mètres cubes d’eau situés à 700 mètres sous terre.