Yvelines : les voleurs à l’enveloppe ont changé de cible

Ces pickpockets, chassés de Paris par la police, écument maintenant les quartiers moins favorisés. Deux d’entre eux ont été arrêtés mardi en flagrant délit à Mantes-la-Jolie.

 Illustration. Les voleurs détournent l’attention de leur victime avec une histoire d’enveloppe tombée au sol et en profitent pour lui faire les poches.
Illustration. Les voleurs détournent l’attention de leur victime avec une histoire d’enveloppe tombée au sol et en profitent pour lui faire les poches.  Le Parisien

Ils écumaient autrefois les agences bancaires de la capitale mais ces spécialistes du vol par ruse préfèrent aujourd'hui cibler les centres commerciaux des quartiers moins riches. Deux spécialistes du « vol à l'enveloppe », âgés de 52 ans et 60 ans, ont été condamnés, jeudi par le tribunal correctionnel de Versailles à un an de prison ferme avec mandat de dépôt.

Une méthode déjà bien connue

Les deux hommes ont été interpellés, mardi midi au centre commercial du Val-Fourré à Mantes-la-Jolie par les enquêteurs de la brigade de répression du banditisme de la police judiciaire de Paris. Ils sont soupçonnés d'avoir dérobé la carte bancaire d'une femme de 59 ans avant de retirer 380 euros au distributeur de billets.

La méthode, déjà bien connue, est donc appelée « le vol à l'enveloppe » dans le jargon des policiers. Il s'agit de détourner l'attention d'une personne vers une mystérieuse histoire de billets tombés au sol pendant que le complice fouille les poches discrètement. Les voleurs repèrent leur victime dans une banque. Ils font chuter une enveloppe bourrée de papiers à ses pieds. Mais à travers la fenêtre transparente, on voit un billet de 50 euros. Le malfaiteur demande à sa cible si elle lui appartient et lui fait croire qu'elle contient 5000 euros.

« Parfois, il lui met même dans la poche, quand un complice arrive et demande si quelqu'un n'a pas trouvé une enveloppe, explique un fonctionnaire. Et au final, la victime se fait dérober sa carte bancaire ou l'argent qu'il vient de retirer. »

« Elle m'a montré son code, c'était trop tentant »

Dans le box de la salle d'audience, Mohamed et Wahid, affichent déjà 16 et 18 condamnations sur leur casier judiciaire. Ce mardi matin, les policiers les ont surpris à Mantes-la-Jolie. Wahid y rencontre une femme dans le local de la caisse d'Épargne. La presque sexagénaire lui demande naïvement de l'aider à retirer de l'argent. Il repère son code puis, à la sortie, lui fait le coup de l'enveloppe et lui dérobe sa carte bancaire. En moins de cinq minutes, avec son complice, ils retirent de l'argent avant d'être interpellés par les forces de l'ordre.

« Elle m'a demandé de l'aide, m'a montré son code et j'ai pris sa carte. C'était trop tentant mais je n'étais pas là pour voler », assure Wahid. Son comparse se dit « étonné » d'avoir vu arriver la police parce qu'il était là pour « acheter des casseroles ». Les avocats des deux hommes ont rappelé que leurs clients souffraient de graves maladies avant de plaider pour des peines adaptées. Ils dorment désormais en prison loin des enveloppes et des distributeurs de billets.