Yvelines : les auteurs de l’incendie mortel du squat condamnés à 11 et 24 ans de prison

Deux hommes comparaissaient depuis lundi devant la cour d’Assises des Yvelines pour avoir provoqué la mort de Sébastien Camara, un sans-domicile fixe, en mettant le feu à un bâtiment désaffecté.

 Versailles janvier 2017, l’incendie est survenu au sein de l’ex-foyer de la maison de l’enfance
Versailles janvier 2017, l’incendie est survenu au sein de l’ex-foyer de la maison de l’enfance Le Parisien/Julien Constant.

Les jurés ont tranché. Deux sans domicile fixe d'origine polonaise, âgés de 38 et 40 ans, ont été condamnés jeudi par la cour d'assises des Yvelines à des peines respectives de onze et vingt-quatre ans de réclusion criminelle.

Les deux hommes répondaient depuis lundi devant la cour de la mort de Sébastien Camara, un autre SDF, âgé de 36 ans, décédé brutalement dans l'incendie survenu le 11 janvier 2017 dans un bâtiment désaffecté de Versailles.

Cette nuit-là, les flammes avaient ravagé l'ex-foyer de la maison de l'enfance, inoccupé à l'époque depuis près de deux ans mais régulièrement squatté par les gens de la rue.

La victime morte par asphyxie

À l'arrivée des secours, deux des trois bâtiments étaient touchés. Les pompiers avaient déployé d'importants moyens pour venir à bout du sinistre. Après un peu plus d'une heure d'efforts, ils avaient découvert un homme inconscient au pied d'une porte, dans le premier des deux bâtiments incendiés.

Leurs tentatives de réanimation étaient restées vaines et Sébastien Camara avait officiellement été déclaré une heure plus tard. L'autopsie avait conclu à la mort par asphyxie.

Les enquêteurs de la police judiciaire avaient retrouvé les accusés à Paris quelques jours plus tard. Les deux hommes avaient passé la soirée à boire avec la victime avant de lui voler son téléphone portable ainsi que les 600 euros qu'il venait de retirer à un distributeur.

Un accusé connu pour être violent

Comme depuis le début de l'enquête, les deux hommes ont nié au fil des quatre jours d'audience avoir allumé l'incendie qui s'est révélé tragique. L'un d'eux, considéré comme particulièrement violent, était connu dans les rues de Versailles pour racketter les autres sans domicile. Seule évolution notable au cours des débats : il a finalement reconnu avoir volé l'argent et le téléphone de son compagnon de misère, ce dont il s'était jusque-là dédouané.