Yvelines : le projet immobilier qui déchire Andrésy et Maurecourt

Un ensemble de 50 logements sociaux doit être construit sur des terrains situés à la limite des deux communes, ce qui provoque la colère des riverains.

 Illustration.Le projet doit voir le jour à proximité d’un quartier pavillonnaire et de la RD 55.
Illustration.Le projet doit voir le jour à proximité d’un quartier pavillonnaire et de la RD 55. LP/OLIVIER BOITET

La tension monte en limite d'Andrésy et de Maurecourt. À l'origine de la friction, un projet de 50 logements sociaux sur le territoire de la première de deux villes. Un ensemble immobilier encore sous terre, mais qui fait bondir certains habitants de la commune voisine. Afin d'apaiser les esprits, une réunion d'information est organisée ce vendredi.

Les immeubles en question doivent être élevés sur des terrains situés, d'un côté à proximité d'un quartier résidentiel, de l'autre en bordure de la RD 55. C'est surtout l'accès aux nouveaux immeubles qui est à l'origine de la polémique. Pour rejoindre leur domicile, les futurs occupants des logements devront emprunter une ruelle sans issue qui dessert aujourd'hui exclusivement l'ensemble pavillonnaire.

La crainte des nuisances

Une perspective qui fait bondir les habitants du quartier. « La rue des Beauvettes fait à peine 4 m de large. Du coup des problèmes de stationnement et de circulation vont avoir lieu, cela va provoquer des tensions », souligne l'un d'eux.

Pour Xavier Talon, élu de Maurecourt et habitant du quartier, « c'est le cadre de vie qui est menacé ». En raison de la hauteur des futurs bâtiments, il évoque un souci de « vis-à-vis » pour les personnes domiciliées dans les pavillons, mais aussi « des nuisances sonores » pour les futurs locataires en raison des 12 000 véhicules qui circulent chaque jour sur la route départementale.

Un projet hérité de la municipalité précédente

Le conseiller municipal de Maurecourt s'en prend ouvertement à Lionel Wastl, le nouveau maire écologiste d'Andrésy. « Sa campagne d'information est une parodie », déplore Xavier Talon. S'il reconnaît que le projet a été initié par Hugues Ribault (DVD), qui ne s'est pas représenté en mars dernier lors des municipales, il reproche à son successeur de, « mépriser toute concertation » car « les trois compromis de vente sont signés entre les propriétaires et le promoteur ».

Lionel Wastl confirme qu'il a découvert le dossier début juillet après sa victoire aux élections municipales. « Je récupère le bébé, se défend-il. J'ai immédiatement lancé une concertation sous la forme d'ateliers de réflexion ». Une première réunion s'est tenue au début du mois. « Le dossier est bien avancé mais des discussions vont être engagées avec le promoteur et le conseil départemental, explique-t-il. Car concernant l'accès je vais demander qu'il soit aménagé du côté de la RD 55 ».

Andrésy, mauvais élève de la loi SRU

Le maire réaffirme par ailleurs que les communes doivent se mettre en conformité avec la législation à propos des logements sociaux. Or Andrésy ne figure pas parmi les bons élèves. Avec un taux actuel à 17 % contre les 25 % requis selon la loi SRU, la commune doit bâtir 1 200 logements d'ici à 2025.

Pris pour cible par les habitants du quartier résidentiel, Lionel Wastl peut toutefois compter sur le soutien de Joël Tissier (SE), son homologue de Maurecourt, qui avait été conseiller départemental sous la bannière EELV de 2011 à 2015. « Je ne me mêle pas de l'urbanisme des autres, explique celui-ci. On est tous exposés au même problème, les communes doivent respecter des quotas ».

La réunion publique prévue ce vendredi (20 h 30 à l'espace Julien-Green) porte sur le thème de l'insertion du projet et de la prise en compte de l'avis des riverains. La restitution des différents ateliers aura lieu le 4 novembre.