Yvelines : le meurtrier présumé du Super U plaide le « coup de folie »

L’homme de 65 ans comparaît devant la cour d’Assises des Yvelines pour avoir tué une personne et blessé une autre au Port-Marly en septembre 2016.

 Le Port-Marly, le 26 septembre 2016. C’est sur ce parking que Patrick a sorti son fusil de chasse et tiré sur un client puis une caissière.
Le Port-Marly, le 26 septembre 2016. C’est sur ce parking que Patrick a sorti son fusil de chasse et tiré sur un client puis une caissière. LP/JC.

Il dit avoir été frappé de démence. Patrick, 65 ans, a passé ce jeudi près d'une heure à répondre aux questions de la présidente de la cour d'assises des Yvelines où il est jugé depuis mardi pour un assassinat et une tentative d'assassinat commis le 26 septembre 2016 sur le parking du Super U du Port-Marly.

Ce jour-là, vers midi, il avait tué par balle un homme de 73 ans et blessé une caissière de 60 ans qu'il estimait responsable du départ de l'une de ses collègues. Une femme répondant au nom de Josette dont Patrick était tombé éperdument amoureux.

Il fond en larmes sur le parking

Depuis le box de la salle d'audience, cet ancien boulanger a surtout alterné entre des « Je ne m'en souviens plus », des simples « oui » et quelques « hum » grognés dans son masque chirurgical pour marquer son assentiment.

Selon le récit des faits, il avait quitté très tôt son appartement pour se rendre au Super U avec son fusil. Il avait déjà confié à sa femme son projet de la quitter pour ce béguin imaginaire et lui avait même promis de passer à l'action dans les heures qui allaient suivre.

Une fois au supermarché, Patrick demande le numéro de Josette, qui ne travaille plus au sein de la grande surface mais pour qui il éprouve encore un amour pathologique. Les employées refusent. L'homme fond alors en larmes durant une vingtaine de minutes sur un banc voisin puis se met à attendre durant deux heures sur le parking.

À midi, Jacqueline, une autre caissière, sort pour prendre sa pause. C'est elle que Patrick pense responsable du départ de Josette. La raison : une histoire née dans le seul esprit de Patrick. Josette aurait cambriolé le magasin et Jacqueline l'aurait fait mettre à la porte. Cette dernière devient alors une cible à abattre.

Une version du meurtre que contredit la balistique

Alors que Jacqueline tire sur sa cigarette en compagnie d'un client, Patrick sort son fusil de chasse de sa voiture et tire à deux reprises : l'une sur cet homme qui s'approche de lui, l'autre sur Jacqueline qui court se réfugier dans le magasin.

« J'ai vu Jacqueline avec son copain. Je me suis approché d'eux et le monsieur a attrapé mon fusil puis il a tiré dessus. Le coup est parti, c'est accidentel. Ensuite j'ai tiré sur elle », raconte Patrick. La présidente le coupe car sa version est impossible : la balistique démontre en effet que le tir a eu lieu à une distance d'un mètre cinquante.

La présidente lui rappelle aussi qu'un homme est mort. Que son décès a entraîné celui de sa femme et que leur fils a été contraint de vendre leur maison, confronté à de grandes difficultés financières. Elle souligne enfin que Jacqueline n'a pas pu reprendre son travail, qu'elle a été déclarée inapte et n'a pas encore pu bénéficier de la retraite à cause de cette histoire. « Rien à dire », rétorque l'accusé. « Je suis désolé souffle-t-il finalement en répondant à son avocate Nathalie Mendes. C'est un coup de folie, un acte de démence ». Le verdict est attendu vendredi soir.