Yvelines : le cambrioleur avait investi la maison pour la nuit

L’homme a été interpellé mardi matin à Carrières-sous-Poissy par les agents de la police municipale alors qu’il avait pillé le domicile d’une femme avec trois complices.

 Illustration. Le cambrioleur a été condamné à 15 mois de prison ferme ce mercredi par le tribunal correctionnel de Versailles.
Illustration. Le cambrioleur a été condamné à 15 mois de prison ferme ce mercredi par le tribunal correctionnel de Versailles. LP/Aurélie Foulon

Les réseaux de voleurs qui écument Paris et sa banlieue en cambriolant les maisons et les commerces ont semble-t-il changé de technique. Ils s'installent désormais dans des maisons vides pour dormir et se réfugier une fois leur casse réalisé. Et c'est ce qui était reproché à Mohamed ce mercredi par le tribunal correctionnel de Versailles.

Quatre suspects s'enfuient mais un seul est rattrapé

Le jeune homme d'origine algérienne à l'allure de trentenaire, mais qui dans le box de la salle d'audience a soutenu avoir 18 ans, a été condamné à une peine de quinze mois de prison ferme et une interdiction définitive du territoire français. Il avait été interpellé mardi matin à Carrières-sous-Poissy, par les agents de la police municipale alors qu'il avait pillé la maison d'une femme avec trois complices.

Il est 10 h 30 lorsque Évelyne décide d'aller faire le ménage dans la maison de sa mère. Le jeudi précédent déjà, le pavillon, laissé vide après le placement en Ehpad de sa propriétaire depuis un an, avait été cambriolé. Évelyne a des difficultés à entrer dans la maison car la porte est bloquée. Lorsqu'elle parvient enfin à pénétrer à l'intérieur, elle aperçoit une silhouette et ressort immédiatement alerter son cousin avant d'appeler la police.

Ils voient surgir quatre suspects qui prennent la fuite. Les agents arrivent épaulés par des employés de la ville qui prennent les voleurs en chasse mais ne retrouvent qu'un malfaiteur, caché entre deux voitures. Les policiers trouvent sur lui un sac en plastique avec des bijoux, des devises, un pull-over et la médaille du travail de la vieille dame. La porte du garage a été forcée, les voleurs ont mangé dans la maison, dormi dans les lits, fouillé toutes les pièces et posé des couteaux et une serpe au salon et sur les tables de nuit.

« J’ai l’impression que tout a été violé », confie la victime

Au tribunal, la victime se lève et livre un émouvant témoignage sur cet événement qui la fait encore pleurer. « Mon père est mort à l'âge de 36 ans. Ma mère a continué à travailler pour payer cette maison et nous élever mon frère et moi. Ils ont volé le pull-over que mon père portait le jour de sa mort et que ma mère chérissait et avait gardé précieusement. Ça me fait beaucoup de mal, assure Évelyne. Dans cette maison nous avons partagé beaucoup de joies et de peines, j'ai l'impression que tout a été violé. De voir ces couteaux partout là où ma mère mettait des fleurs, ça me fait du mal et j'ai eu très peur en voyant cette silhouette ».

Mohamed demande pardon mais soutient qu'il n'a rien dérobé dans le pavillon. « Je n'ai pas pu m'empêcher de rentrer parce que j'avais trop froid dehors. Mais je n'ai rien volé ». La présidente lui fait remarquer qu'il avait des clés de voiture et la médaille du travail de la victime dans ses poches. Son avocate évoque un homme sans ressource qui a tenté d'échapper à la rue. Il n'aura pas échappé à une condamnation.