Yvelines : la vente d’alcool interdite pour lutter contre les rassemblements à Poissy

Un arrêté municipal réglemente la vente mais aussi la consommation de boissons alcoolisées sur la voie publique à partir de 20 heures.

 Poissy. Les commerces qui enfreignent l’arrêté risquent gros. Ils s’exposent à la fermeture administrative.
Poissy. Les commerces qui enfreignent l’arrêté risquent gros. Ils s’exposent à la fermeture administrative. LP/Sébastien Birden

Les fêtards noctambules sont dans le viseur. Alors que le virus continue de circuler activement et que le nombre de contaminations poursuit sa hausse, la ville de Poissy a décidé de prendre ses propres mesures afin de lutter contre les rassemblements qui ont lieu sur la voie publique le soir venu.

Un arrêté municipal temporaire a ainsi été pris par Karl Olive (DVD). Il s'agit, comme l'ont décidé certaines autres communes du département durant l'été, d'interdire la vente d'alcool par les commerçants mais aussi la consommation de boissons alcoolisées dans la rue de 20 heures à 8 heures le lendemain matin.

L'élu dit avoir a pris cette décision à la suite de témoignages d'habitants mais aussi des remontées de la part de la police municipale qui effectue des patrouilles. « Depuis le début du mois de septembre, des personnes se plaignent de tapage nocturne provoqué par des individus en état d'ébriété et les agents ont également constaté des rassemblements », explique Karl Olive.

Une question de santé et d'ordre publics

Ce phénomène se produit notamment dans le secteur de la gare, dans le centre-ville ou encore en bordure de la Seine à proximité du pont ancien. Selon le maire, cette situation va à l'encontre des préconisations qui pourraient permettre d'endiguer l'épidémie. « Les bars ayant l'obligation de fermer à 22 heures, ces individus vont acheter de l'alcool dans les commerces avant de boire sur la voie publique, détaille-t-il. Ils provoquent un trouble à l'ordre public, ne respectent pas les distanciations sociales, et ils ne portent pas de masques ».

Au préalable, Karl Olive était allé voir les gérants des supérettes qui ferment tardivement afin de leur rappeler les consignes liées à la crise sanitaire. « Ma démarche n'ayant eu aucun effet, j'ai décidé de prendre cet arrêté, souligne-t-il. Les élus doivent prendre leurs responsabilités, il ne faudrait pas que l'on subisse un reconfinement à cause de quelques brebis égarées ».

Les commerçants inquiets pour leurs recettes

Du côté des commerçants, la mesure inquiète. « C'est difficile de refuser de vendre aux consommateurs, certains risquent de mal le prendre, explique le gérant d'une supérette qui reste ouverte jusqu'à 22 heures. En plus cela va se répercuter sur notre chiffre d'affaires. Si on n'a pas de recettes, cela peut entraîner la fermeture de notre magasin ».

À l'inverse, un riverain, domicilié non loin du même commerce applaudit : « On ne subira plus des nuisances tard le soir, les personnes, qui se rassemblent sont bruyantes et parlent fort, alors que tout est fait pour lutter contre la propagation du virus, eux ne respectent pas les consignes et mettent en danger les autres ».

Les contrôles des agents de la police municipale ont été renforcés. Les contrevenants qui consomment de l'alcool sur la voie publique risquent une amende de 135 € et les commerçants qui ont vendu des boissons alcoolisées après 20 heures encourent une fermeture administrative. L'arrêté municipal est en vigueur jusqu'au 20 novembre prochain.