Yvelines : un ex-détenu radicalisé manque son contrôle et retourne en prison

Un homme de 32 ans a été condamné mercredi à une peine de six mois de prison ferme pour non-respect de sa mesure de contrôle administratif et de surveillance.

 Trappes. Le trentenaire radicalisé en prison n’a pas respecté l’heure de son rendez-vous quotidien au commissariat de Trappes lundi dernier.
Trappes. Le trentenaire radicalisé en prison n’a pas respecté l’heure de son rendez-vous quotidien au commissariat de Trappes lundi dernier. LP/Arnaud Dumontier

Deux heures de retard à l'allumage et… six mois de prison à l'arrivée. Un homme de 32 ans a été condamné mercredi par le tribunal correctionnel de Versailles à une peine de six mois ferme pour non-respect de l'obligation de se présenter au commissariat pour prévenir les actes de terrorisme.

Un homme souffrant de troubles de la personnalité

Condamné à dix-huit reprises, notamment pour des vols et des faits de droits communs, Moustapha s'est radicalisé en prison, dont il est sorti le 26 septembre avec une « mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance » (Micas). Celle-ci l'oblige à se présenter tous les jours au commissariat de Trappes. Or, lundi, Moustapha a manqué à l'appel, prévu à 14 heures, ne se présentant à l'accueil de l'hôtel de police qu'à 16 heures après que les policiers ont lancé des recherches pour le retrouver.

Il a immédiatement été placé en garde à vue puis est passé aux aveux devant les enquêteurs : souffrant de troubles de la personnalité, il aurait pris un médicament provoquant la somnolence et se serait assoupi.

La présidente du tribunal a insisté sur le fait que « des recherches, rendues obligatoires par l'absence de réponse, ont été menées par des personnes qui auraient pu être employées à d'autres missions pour la sécurité des Français ». Le procureur a requis une peine de six mois de prison en rappelant le « contexte sensible de l'état d'urgence terroriste » qui aurait dû inciter le prévenu à « respecter ses obligations à la lettre. »

Son changement de mentalité repéré par l'administration pénitentiaire

C'est lors de son séjour à la maison d'arrêt de Bois-d'Arcy que Moustapha est entré en contact avec des islamistes, lesquels l'ont progressivement convaincu d'adhérer à leurs idées. Son changement de mentalité a été repéré et dénoncé par l'administration pénitentiaire, ce qui lui a valu, à sa libération, ce régime de surveillance strict.

Son avocat, Me Grégory Vavasseur, a plaidé en faveur de la relaxe, n'ayant pas en main l'arrêté ministériel original prouvant la légalité de l'obligation. « Il ne doit pas payer pour une actualité lourde, a poursuivi l'avocat. Ce n'est pas de sa faute, il ne s'agit pas d'un terroriste mais juste d'un homme qui s'est endormi chez lui. » Désormais, Moustapha dort derrière les barreaux.