Yvelines : l’ex-directeur de l’association pour handicapés condamné pour harcèlement

Cet homme, âgé de 52 ans, a été condamné ce lundi devant le tribunal correctionnel de Versailles à une peine d’un an de prison avec sursis. Les victimes se disent satisfaites.

 Illustration. Le tribunal correctionnel de Versailles n’a pas suivi le procureur qui demandait la relaxe en condamnant l’homme à un an de prison avec sursis.
Illustration. Le tribunal correctionnel de Versailles n’a pas suivi le procureur qui demandait la relaxe en condamnant l’homme à un an de prison avec sursis. LP/Aurélie Foulon

Elles ont été entendues. Sept femmes attendaient de voir l'ex-directeur de l'APAPHPA (Association pour l'accueil des personnes handicapées et des personnes âgées) de Richebourg être condamné pour harcèlement sexuel et harcèlement moral à leur encontre. L'homme, âgé de 52 ans, a écopé ce lundi d'une peine d'un an de prison avec sursis devant le tribunal correctionnel de Versailles.

Le procureur avait requis la relaxe

Absent pour le délibéré, le quinquagénaire a été jugé fin septembre pour des faits commis entre septembre 2017 et juin 2018 contre ces femmes, cadres ou ex-cadres, de cette association qui employait 190 salariés. Il a néanmoins été relaxé à l'égard de deux femmes, mais les juges ont refusé sa requête de non-inscription au casier judiciaire.

« Nous sommes très satisfaites, précise l'une des avocates des victimes, Me Mejda Bendami à la sortie de la salle d'audience. La souffrance des parties civile a été reconnue ». Trois de ces femmes étaient venues entendre le délibéré et ont accueilli son prononcé avec satisfaction. « Je suis soulagée qu'il ait été reconnu coupable, souffle l'une d'entre elles. C'est très bien, c'est une bonne décision ». Cette issue n'était pas évidente car le procureur avait requis une relaxe contre cet homme estimant que le dossier manquait de preuves matérielles et de l'élément intentionnel qui caractérise ce délit. Il avait résumé cette affaire à la parole de ses femmes contre celle de leur patron.

Des méthodes de management « autoritaires et dégradantes »

Durant les débats ces femmes ont accusé leur ex-directeur de les avoir accablées de compliments sur leur physique, sur leurs vêtements ou sur leur intelligence, d'avoir tenté de s'immiscer dans leur vie privée et de les avoir invitées à boire un verre ou à partager un dîner aux chandelles. Toutes décrivent un homme au vocabulaire parfois grossier.

Les quatre autres femmes, plus âgées, ont décrit leur ex-patron comme un homme violent moralement, qui leur faisait peur et les a « détruites », les poussant pour certaines « au bord du suicide. » Elles ont évoqué des méthodes de management « autoritaires et dégradantes », rapportant des propos violents, des entretiens à rallonge sans réel intérêt et une agressivité permanente. Cette ambiance les a entraînées vers la dévalorisation de soi et la dépression.

Le quinquagénaire avait réfuté ces accusations évoquant un complot ourdi par les salariés de l'association, peu enclins à accepter une réforme de l'organisation du travail. Il a désormais dix jours pour faire appel de cette décision devant la cour.