L’ex-directeur Ile-de-France du Comité national d'action sociale aurait détourné 600 000 euros

Nicolas Pinel, 47 ans et un complice, ont été interpellés mardi à Grenoble (Isère) et au Chesnay-Rocquencourt par les enquêteurs de la police judiciaire de Versailles.

 Guyancourt. L’ex-directeur du Comité national d’action sociale Ile-de-France aurait détourné 600 000 euros entre 2016 et 2019.
Guyancourt. L’ex-directeur du Comité national d’action sociale Ile-de-France aurait détourné 600 000 euros entre 2016 et 2019. Google street view

Nicolas Pinel, l'ex-directeur régional pour l'Île-de-France et l'Outre-mer du Comité national d'action sociale (CNAS) basé à Guyancourt, a été interpellé mardi matin à Grenoble (Isère) dans une affaire d'escroquerie commise au sein de la structure. Les enquêteurs de la direction régionale de la police judiciaire de Versailles ont aussi arrêté un complice au Chesnay-Rocquencourt, un autre responsable du CNAS, avant de placer les deux hommes en garde à vue.

Un jeu d'écriture pour maquiller les comptes

Nicolas Pinel est conseiller municipal d'opposition à Grenoble depuis juin dernier. Il a été élu sur la liste de l'ancien maire Alain Carignon (DVD), dont il était le directeur de campagne. Il est soupçonné d'avoir commis, entre 2016 et 2019 dans les Yvelines, un détournement de 600 000 euros dans le cadre de ses fonctions au CNAS. Cette structure permet aux collectivités de donner accès aux actions sociales à leurs agents territoriaux.

Les faits avaient été découverts durant l'été 2019 à la faveur de vérifications commencées après avoir constaté que son complice présumé avait un train de vie anormal. « Les détournements réalisés par ces responsables de la structure avaient été maquillés en passant par un jeu d'écriture », explique une source proche de l'affaire.

Remis en liberté le soir même

L'actuel président du CNAS, le sénateur honoraire des Côtes-d'Armor René Régnault, a indiqué à nos confrères de France Bleu Grenoble avoir licencié Nicolas Pinel « immédiatement » et que celui-ci « avait eu l'intelligence - la sienne - de mettre en œuvre des dispositifs qui lui permettaient de contourner les règles d'usages dans notre structure. » Par ailleurs, le président assure qu'il n'y a pas « le moindre doute dans nos esprits » sur le fait que « M.Pinel avait agi frauduleusement. »

Durant les interrogatoires, les deux hommes, présumés innocents, ont été mis devant les preuves récoltées contre eux et sont passés aux aveux a minima. Ils ont été remis en liberté mardi soir à l'issue de cette audition. La suite des investigations se poursuit sous la direction du parquet de Versailles.