Yvelines : fin de partie pour le supermarché de la drogue à Trappes

Un réseau a été démantelé par les policiers après plusieurs mois d’enquête. Neuf hommes et femmes, âgés 18 à 42 ans ont été interpellés, ils seront jugés le 30 octobre.

 Trappes. Le réseau écoulait du cannabis au sein du square Yves-Farges
Trappes. Le réseau écoulait du cannabis au sein du square Yves-Farges LP/Julien Constant

Le supermarché de la drogue est fermé au square Yves-Farges-de Trappes (Yvelines). Neuf hommes et femmes, âgés 18 à 42 ans comparaissaient ce vendredi devant le tribunal correctionnel de Versailles pour trafic de stupéfiants. Ils sont soupçonnés d'avoir depuis plusieurs mois organisé ou participé à ce juteux commerce illégal, dont les activités allaient du call-center sur Snapchat au classique deal de hall d'immeuble. Le tribunal a renvoyé l'affaire au 30 octobre. Six d'entre eux ont cependant été écroués et les trois autres ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire.

Les enquêteurs s'intéressaient à ces malfaiteurs depuis le mois de juin dernier après avoir reçu un renseignement « Il y a des charbonneurs, c'est-à-dire des dealers de rue, mais aussi des nourrices, qui gardaient la drogue à leur domicile, des jeunes femmes qui assuraient la permanence téléphonique et des livreuses qui sillonnaient toute l'Île-de-France », précise une source proche de l'affaire.

Voitures balisées et téléphones sur écoute

Le chef de ce réseau, qui suivait les opérations de loin, très connu des fonctionnaires du commissariat est un homme sans emploi, vivant largement au-dessus de ses petits moyens. Presque aveugle, il a déjà été arrêté plusieurs fois et notamment en 2019 alors qu'il transportait de la drogue au volant d'une Volkswagen Golf.

« Il tenait le commerce avec son frère et l'aide d'un autre lieutenant, précise une source proche du dossier. C'est une famille qui joue les caïds et il échappait toujours aux sanctions en se prévalant de sa maladie des yeux », ajoute la même source.

Les enquêteurs du commissariat, épaulés par leur collègue de la police judiciaire de Versailles, ont surveillé les allées et venues des membres de l'entreprise de vente de cannabis. Leurs voitures ont été balisées, sonorisées et leurs conversations téléphoniques écoutées.

« Bien que la majeure partie des échanges se fassent via des messageries cryptées, certaines employées ont commis quelques erreurs en se lâchant au téléphone », remarque une autre source. Les forces de l'ordre ont notamment récupéré des photographies de deux livraisons en kilos de cannabis qui ont été diffusées sur Snapchat pour assurer la promotion du spot.

Une des suspecte est animatrice, une autre contrôleuse de bus

Lundi dernier, les enquêteurs de la sûreté urbaine et de la PJ ont mené une vaste opération d'interpellation à Trappes et à Dreux (Eure-et-Loir). Sept suspects ont été arrêtés dans les jours qui ont suivi grâce à des surveillances. L'une des femmes impliquées est animatrice dans une mairie des Yvelines, une autre est contrôleuse dans les bus et un des hommes chauffeur-livreur. Les autres sont sans-emploi avec de gros besoins d'argent.

Lors des perquisitions, les forces de l'ordre ont mis la main sur 800 grammes de résine et d'herbe de cannabis et ont saisi 12 000 euros de biens acquis avec l'argent de la drogue dont des chaussures de marque et une voiture. Toute l'équipe a été placée en garde à vue au commissariat.

Les patrons du réseau ont gardé un silence prudent pendant les auditions. Les nourrices sont passées aux aveux complets et les petites mains ont tenté de minimiser leur implication. Une adolescente de 17 ans a été présentée jeudi devant un juge pour enfants.