Accusée d’avoir violé sa fille et sa nièce : comment l’ex-joueuse de foot a basculé dans l’horreur

Les faits qui lui sont reprochés font froid dans le dos. Agée de 37 ans, elle comparaît avec ses complices présumés depuis ce lundi matin devant la cour criminelle de Versailles pour le viol de deux fillettes, âgées de 7 à 10 ans à l’époque des faits.

 Viroflay, en 2017. Le trio pervers avait abusé de deux fillettes dans ce pavillon.
Viroflay, en 2017. Le trio pervers avait abusé de deux fillettes dans ce pavillon.  LP/Julien Constant

Ce lundi matin dans le box des accusés, une petite femme de 37 ans, au physique un peu carré et aux cheveux châtain clair, raconte son parcours de vie devant un quintette de magistrats. Lorsqu'on la regarde, rien ne laisse présager de ce dont on l'accuse, ce crime impensable d'avoir violé sa fille et sa nièce. Des enfants âgées entre 7 et 10 ans à l'époque des faits, lesquels se sont déroulés à Viroflay (Yvelines), entre 2013 et 2016. Cette mère incestueuse a commis ces actes en compagnie d'une femme russe de 61 ans et de son ancien amant, un allemand de 67 ans.

Ainsi a débuté le premier jour de ce procès mettant en scène ce trio pervers et pédophile, avec l'analyse des personnalités qui le compose. La vie de cette trentenaire ukrainienne, c'est d'abord le football. Elle a commencé à taper dans le ballon à l'âge de 7 ans sous l'impulsion de son père qui était joueur professionnel, puis président du club de sa localité.

Le sport, c'est une affaire importante dans cette famille. Son frère a aussi joué en pro et dirige encore une école d'éducation physique. La jeune fille passionnée sera championne d'Ukraine et défendra même les couleurs de son pays en Coupe d'Europe. En 2006, elle mettra sa carrière entre parenthèses un an et demi, le temps de donner naissance à sa fille.

Elle cherchait «un homme bien» pour refaire sa vie

Peu après, son couple explose car son époux la trompe. Mais elle vit encore de sa passion avant de quitter définitivement les terrains en 2010. Elle fréquente aussi les bancs de l'université et en sort après cinq ans d'études avec un diplôme de manager en tourisme. Mais elle ne poursuit pas dans cette voie. L'ex-footballeuse vit chez sa mère, travaille dans un magasin, touche une allocation de mère isolée et vend sur Internet des produits chinois.

Surtout, elle cherche un homme bien pour refaire sa vie. « Pour moi un homme bien, c'est un homme qui ne frappe pas les femmes, qui travaille et qui s'occupe de sa famille en apportant une bonne éducation aux enfants », explique-t-elle. Elle noue une nouvelle relation avec un sportif, un homme marié. Puis en 2013, grâce au site de rencontre « mail.ru », elle tombe sur ce comptable et homme d'affaires allemand qui voyage en Russie et en Ukraine.

Des accusés qui se rejettent la faute

Cet homme grand et chauve, éduqué et polyglotte, a profité de la chute du bloc de l'Est pour y faire fortune. Il s'est marié trois fois et a eu cinq enfants. Il est connu pour sa prodigalité et sa générosité, mais ses compagnes voient surtout en lui un homme manipulateur et pervers. Sa première femme raconte qu'il avait toujours recours à la pornographie dans leurs relations intimes et qu'il lui aurait même demandé d'accueillir sa sœur dans leur lit conjugal. Ses amies et ex-femmes, toutes russes, évoquent un homme qui a des exigences sexuelles en contrepartie d'argent. Elles évoquent des clubs échangistes et des scènes d'orgies.

L'ex joueuse de foot finit par nouer une relation avec lui, qui a menti sur son âge dès le départ. Mais il lui fait des cadeaux, lui donne de l'argent et lui paie des voyages. Il couchera aussi avec sa sœur, sa fille et sa nièce, chez lui à Viroflay, à Kiev (Ukraine) et en Egypte. « Je n'ai jamais été amoureuse de lui, confie la jeune femme. J'ai couché avec lui pour l'argent. Après, il a exigé que je lui apporte ma fille et il a fait du chantage avec des photographies. » Avant de reconnaître, d'une phrase terrible : « Je suis un monstre ».

Cette version est néanmoins en désaccord avec celle de l'Allemand, qui assure que c'est sa compagne ukrainienne qui lui a livré les deux petites filles dont, selon lui, elle abusait déjà. Le verdict de ce procès où chacun semble vouloir rejeter la faute sur l'autre est attendu vendredi.

L’amie russe dit avoir «honte» de son crime

Entre le couple pervers, se trouve sur le banc des accusés une femme russe de 61 ans. Après une enfance passée entre sa mère et un père alcoolique et violent, cette grande femme blonde se marie à 21 ans avec son amour de jeunesse. Elle suit des études d’histoire à Moscou et accouche d’un garçon avant de se séparer de son conjoint.

En 1989, elle se remarie avec un ingénieur anglais. Elle vit entre la Grande-Bretagne et son pays où son fils est élevé par sa grand-mère. Dix ans plus tard, elle rencontre un troisième homme dans une discothèque. Il devient son amant et après six ans de relation extraconjugale, elle quitte son mari et s’unit avec ce béguin. Mais rapidement celui-ci, un peu plus vieux qu’elle, se désintéresse du sexe.

« Pour moi à l’époque c’était quelque chose de très important. J’avais besoin de ça pour mon bien-être », confie-t-elle. Elle assure aimer les hommes mais aussi pouvoir être attirée par une femme et en tomber amoureuse. Elle rencontre ensuite plusieurs amants, puis en 2006, fait la connaissance de l’Allemand de Viroflay par l’intermédiaire d’une autre fille russe. Elle accepte des relations avec lui une à deux fois par an dans le but… de pouvoir faire l’amour avec la jeune femme ukrainienne. Devant la cour, elle a assuré n’avoir jamais été attirée par les enfants. Ce qui ne l’empêche pas, avoue-t-elle enfin, d’avoir « honte du crime » qu’elle a « commis avec ces petites filles. »