Yvelines : «C’est bouché dès 6 heures du matin»… sur la D22, les camions exaspèrent les riverains

Situé sur la très fréquentée route départementale, l’étroit centre-ville de Chanteloup-les-Vignes souffre du passage des poids lourds, bien qu’il leur soit interdit. Pour y remédier, la commune, comme ses voisines, compte sur des contrôles renforcés.

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 Chanteloup-les-Vignes, le 20 février. Le centre-ville est régulièrement traversé par les poids lourds aux heures de pointe, malgré l’interdiction.
Chanteloup-les-Vignes, le 20 février. Le centre-ville est régulièrement traversé par les poids lourds aux heures de pointe, malgré l’interdiction. LP/Timothée Talbi

Il est midi sur la place de la mairie de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines). Quelques habitants viennent chercher leur baguette, d'autres leur déjeuner et le trafic routier est calme. Un contraste saisissant avec les heures de pointe, synonymes d'interminables embouteillages pour le centre-ville. « Ici, c'est toujours bouché dès 6 heures du matin », indique Gisèle qui habite ici depuis quinze ans et se réjouit de bientôt déménager.

Le centre-ville est traversé par la D22, un axe fréquemment emprunté par les poids lourds. Problème : cette partie de la ville se caractérise par des rues très étroites et donc peu adaptées aux passages simultanés de gros véhicules. Pour enrayer ce phénomène qui touche une grande partie de la vallée de la Seine, la mairie instaure depuis quelques jours des contrôles policiers à l'entrée de la ville, afin d'inciter les camionneurs à emprunter d'autres itinéraires.

«Ils se fient à leur GPS pour faire la jonction entre l'A15 et l'A13»

La frustration est d'autant plus grande chez certains habitants que les camions de plus de 12 tonnes n'ont pas le droit de circuler sur cette partie de la départementale. « Ils ont interdiction de passer par ici mais ils se fient à leur GPS pour faire la jonction entre l'A15 et l'A13 », constate Mathias qui vit à Chanteloup-les-Vignes depuis deux ans. La départementale étant trop étroite, il est compliqué de demander à un poids lourd de faire demi-tour après l'avoir arrêté en ville.

« A 16 heures, il y a des bouchons pas possibles avec les sorties d'école et les livraisons, auxquelles s'ajoutent les bus. Parfois, je dois faire la circulation moi-même ! » raconte Maténé, qui gère un restaurant à quelques pas de la mairie.

Vers un élargissement de l'interdiction de circuler

Pour faire respecter l'interdiction, la mairie fait donc appel à la collaboration des polices municipale et nationale pour intervenir en amont. « Depuis avril, on avait beaucoup moins de policiers municipaux pour des raisons diverses. Maintenant que les effectifs remontent, on en profite pour mener ces opérations coups de poing et la police nationale nous permet de les rendre encore plus efficaces », explique Catherine Arenou.

La maire (LR) de Chanteloup-les-Vignes espère élargir l'interdiction de circulation aux véhicules de plus de 3,5 tonnes et a déjà entamé des démarches en ce sens auprès de la préfecture des Yvelines.

Stationné difficilement sur le parking de la mairie, le camion de Hew ne serait pas concerné par l'extension de cette interdiction, pesant tout juste le poids limite. S'il a déjà été confronté à des conditions de circulation plus complexes dans les Yvelines, le livreur reconnaît la densité du trafic local : « Près du passage à niveau qui est un peu plus bas en descendant la D22, il y a beaucoup de camions du fait de la zone industrielle. »

Les communes voisines également touchées

Afin de rendre ces contrôles de police efficaces, la municipalité espère faire alliance avec les principaux concernés. « Il y aura plusieurs opérations organisées de manière aléatoire pour que les camions communiquent entre eux et évitent de prendre la D22. En moins d'une heure, l'effet de dissuasion peut porter ses fruits », estime Catherine Arenou.

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Parallèlement aux contrôles instaurés à Chanteloup, la ville voisine de Maurecourt a fermé à la circulation la rue de l'Hautil, ce qui a eu un impact sur le trafic de la D22.

D’autres communes ont mis en place des opérations de contrôle, à l’image de Poissy. LP/Y.F.
D’autres communes ont mis en place des opérations de contrôle, à l’image de Poissy. LP/Y.F.  

« Il n'y a pas beaucoup de gros camions qui l'utilisent mais pas mal de voitures et des camionnettes, ce qui augmente le trafic dans Chanteloup, déplore Catherine Arenou. On avait montré notre désaccord mais on ne pouvait pas s'y opposer. » La commune de Poissy organise quant à elle des journées sans poids lourds : jeudi dernier, 20 ont été verbalisés sur 26 contrôlés.

La maire de Chanteloup peut être optimiste sur le succès de ces opérations, à en croire l'exemple de Triel-sur-Seine, qui les met déjà en place depuis l'automne. « On les fait plutôt sur la D190 qui est l'axe le plus fréquenté par les poids lourds avec une problématique supplémentaire : notre centre-ville est très fragile avec de nombreuses caves qui se trouvent sous la rue », explique Cédric Aoun.

Le maire (divers gauche) de Triel-sur-Seine ne se concerte pas avec les villes voisines afin de maintenir l'effet aléatoire des contrôles. Et il revendique déjà une baisse du trafic des camions dans sa commune.