Yvelines : au Chesnay et à Versailles, le variant du virus fait trembler les établissements scolaires

Le collège-lycée privé Blanche de Castille, qui accueille près de 2000 élèves au Chesnay, a fermé ses portes en début de semaine à cause de contaminations. D’autres écoles des alentours ont dû prendre la même décision.

AbonnésCet article est réservé aux abonnés.
 Le Chesnay, ce mercredi. Au collège-lycée Blanche-de-Castille, les cours seront assurés en distanciel jusqu’à la fin de la semaine.
Le Chesnay, ce mercredi. Au collège-lycée Blanche-de-Castille, les cours seront assurés en distanciel jusqu’à la fin de la semaine. LP/Timothée Talbi

Les vacances vont tomber à pic pour l'établissement Blanche-de-Castille, au Chesnay. Après la détection de quatre cas positifs à un variant du coronavirus lundi, l'école privée a dû se résoudre à faire passer ses 1800 collégiens et lycéens en enseignement à distance pour le reste de la semaine. Un nouveau témoin de l'état de propagation du virus dans les établissements scolaires des Yvelines.

« On a appliqué le nouveau protocole de l'ARS (agence régionale de santé) qui prévoit la fermeture des classes et la mise à l'écart de tous les cas contact, explique Jean-Christian Davernas, directeur du groupe scolaire. Seulement, nous avons identifié 27 adultes parmi les cas contact, principalement des professeurs et surveillants, ce qui nous a dès lors mis dans l'incapacité d'assurer un bon accueil des élèves. »

Deux éléments ont facilité cette prise de décision pour le chef de l'établissement : l'imminence des vacances scolaires qui débutent vendredi pour une durée de deux semaines, mais aussi l'épisode neigeux qui aurait probablement entraîné une annulation des cours. « Quelque part, tous les parents sont rassurés de voir que les règles sanitaires sont appliquées », évoque François Briand, nouveau président de l'association de parents d'élèves.

L'école primaire n'est pas concernée, se situant dans un autre bâtiment, tout comme les classes préparatoires qui se trouvent à un étage séparé avec des cours dispensés par des professeurs externes.

« Ce n'est pas simple pour les parents qui ont des enfants jeunes, donc heureusement que le primaire n'est pas touché. Il était important qu'une continuité pédagogique soit assurée et que les enfants ne soient pas livrés à eux-mêmes. Ils ont des devoirs à rendre via un site Internet dédié, on ne leur a pas dit qu'ils étaient en vacances dès cette semaine », insiste François Briand, dont deux enfants sont scolarisés au lycée Blanche-de-Castille.

Plusieurs gros établissements touchés à Versailles

Peu touché par les contaminations depuis la rentrée, avec un taux de cas positifs toujours inférieur à 1 %, ce secteur des Yvelines se retrouve face à une nouvelle situation avec des variants qui circulent davantage.

« Jusqu'ici, on avait l'impression d'être dans des bulles qui échappaient aux contaminations. Actuellement, toutes les grandes boutiques sont en train de fermer à Versailles à cause de l'effet variant : le collège du Sacré-Cœur, Saint-Jean-Hulst et ce jeudi, ce devrait être Notre-Dame-du-Grandchamp », indique Jean-Christian Davernas, qui a sollicité ses homologues déjà confrontés à des fermetures.

Newsletter L'essentiel du 78
Un tour de l'actualité des Yvelines et de l'IDF
Toutes les newsletters

L'établissement versaillais privé catholique Saint-Jean-Hulst est effectivement fermé depuis ce mardi. Il accueille quelque 3000 élèves, de la maternelle au lycée « Je suis parent d'élève et nous avons été informés de plusieurs cas positifs parmi le personnel », rapporte Richard Delepierre, maire (MoDem) du Chesnay-Rocquencourt.

Dans sa commune, l'école maternelle Chevreloup garde également portes closes depuis qu'une enseignante a été testée positive le 4 février. Le protocole renforcé porte à quatorze jours l'isolement des enfants qui, ne portant pas le masque à cet âge-là, sont considérés comme cas contact dès lors que leur enseignant est contaminé.

En primaire cependant, la période de confinement préventive reste de sept jours. A l'école Molière du Chesnay, quatre classes sont fermées suite à la révélation de deux cas positifs chez des adultes. « On rencontre parfois quelques difficultés à expliquer les protocoles aux personnels car ils ne sont pas tout à fait les mêmes selon que l'on soit affilié à la mairie ou à l'Education nationale », développe le maire.

Des parents d'élèves «fatalistes»

Tous ces autres cas ont plutôt facilité la communication de la décision aux parents d'élèves de Blanche-de-Castille. « Ils l'ont pris de manière un peu fataliste, mais comme tous les lycées du secteur ferment, ils l'ont accepté d'autant plus facilement, souligne François Briand. Globalement, les gens comptent sur le départ en vacances, qui règle ponctuellement le problème, mais je commence à avoir quelques questions sur la rentrée. »

Si aucun cluster n'a émergé jusqu'ici, le directeur de Blanche-de-Castille explique rester sur ses gardes en vue du retour de vacances : « Nos zones de référence sont les précédentes vacances, à la Toussaint et Noël, au retour desquelles nous n'avons pas constaté de grosses vagues. Mais la multiplication des variants fait peser une menace plus forte donc on reste dans l'attente des instructions ministérielles : il y a notamment des rumeurs de prolongation des vacances. »

La fermeture rapide des établissements concernés et l'imminence des vacances scolaires rassurent néanmoins le maire du Chesnay. Mais face à l'incertitude, l'appréhension reste de mise. « Il y a une forme d'inquiétude car on ne sait pas à quelle vitesse se propagent ces variants, ni le taux de présence actuelle, s'ils sont majoritaires ou minoritaires, analyse Richard Delepierre. On essaye de rester optimiste, notre réseau de médecins de ville ne nous alarme pas sur la situation. »