Viol de deux fillettes dans les Yvelines : le très sombre visage des accusés dévoilé à la justice

Devant la cour criminelle de Versailles, les policiers ont mis à mal les versions contradictoires du couple à l’origine des viols commis sur deux petites filles de 7 et 10 ans, entre 2013 et 2016 à Viroflay (Yvelines).

 La cour criminelle des Yvelines juge trois personnes pour des faits de pédophilie commis entre autres dans cette maison de Viroflay entre 2013 et 2016.
La cour criminelle des Yvelines juge trois personnes pour des faits de pédophilie commis entre autres dans cette maison de Viroflay entre 2013 et 2016. LP/Julien Constant

Au premier jour du procès, si la mère avait avoué être « un monstre », elle avait néanmoins assuré avoir agi sous le coup d'un chantage. Ce mardi, à la cour criminelle de Versailles, cette version n'était plus tellement d'actualité.

Sur le banc des accusés, l'ex-joueuse de football ukrainienne de 37 ans, une femme russe de 61 ans et leur amant allemand de 67 ans, ont été confrontés aux rapports d'enquête, aux experts et au témoignage des petites victimes dans l'affaire des viols commis à Viroflay entre 2013 et 2016 sur la fille et la nièce de l'ancienne sportive, âgées de 7 à 10 ans.

La jeune ukrainienne aurait «dirigé les enfants»

A la barre des témoins ce mardi, un enquêteur évoque la personnalité de la jeune ukrainienne, et surtout, son degré de participation aux faits. Il n'y est plus question de chantage et estime, au contraire, qu'elle a « dirigé les enfants » en s'appuyant sur les nombreuses vidéos retrouvées sur l'ordinateur de son amant, où l'on voit les petites filles participer bien malgré elles aux ébats.

« Elle sert d'exemple pour qu'elles comprennent ce que les adultes attendent d'elles, poursuit le fonctionnaire. Et elle le fait pour de l'argent à un moment où le salaire mensuel dans son pays est de 300 euros. »

Les deux petites filles ont été entendues en Ukraine. Elles ont raconté les actes odieux qu'on leur a fait subir. Mais leurs témoignages, sans dédouaner leur mère et tante, portent l'idée que le comptable allemand aurait été à l'origine du premier viol et que les suivants seraient survenus avec l'assentiment de l'ex-sportive professionnelle. L'homme assure, au contraire, qu'il n'a fait qu'accepter la proposition de cette femme de faire participer les fillettes à leurs ébats.

De vaines tentatives de justification

Cet Allemand, riche, dépendant au sexe et en perpétuelle recherche de nouvelles expériences a assuré que violer des petites filles « était un dérapage », qu'il a mis sur le compte d'une « vie très compliquée. » Bien qu'avouant chercher à « varier les plaisirs » et à « alimenter ses fantasmes » l'accusé se pose comme un homme « fidèle en amour. » Quant à sa vie compliquée, il s'est dit, à cette époque, « aux prises avec la mafia locale après un mauvais investissement dans le pétrole », alors qu'il venait de rompre avec sa jeune épouse russe. Il se serait tourné vers la footballeuse dans le but de s'engager dans une « relation sérieuse ».

Un enquêteur de la brigade de la famille estime qu'il n'est pas un pédophile « à proprement parler », car le sexagénaire ne cherche pas exclusivement des relations avec des enfants. Toutefois, il lui a fallu une certaine dose d'amoralité pour affirmer lors des premières heures de son arrestation qu'il n'avait commis « aucun crime car n'ayant fait preuve d'aucune contrainte, menace ou surprise ».

Selon l'expert judiciaire, qui a mis six mois, grâce à des puissants ordinateurs à casser son système de cryptage, l'homme est d'abord un collectionneur de femmes, qui classe des photos, des vidéos comme le ferait « un philatéliste » et prend des notes. « Ses écrits sont très crus, souligne le policier. Ce n'est pas de la littérature libertine, il n'y a aucune empathie et aucune philosophie dans ces textes. » Le verdict est attendu vendredi soir.