Une bombe de 250 kg neutralisée à Mantes-la-Jolie !

Drone, Samu, hélicoptère… Les services de l’Etat n’ont pas lésiné sur les moyens pour désactiver l’explosif retrouvé sur un chantier SNCF. Deux foyers de migrants ont dû être évacués.

 Mantes-la-Jolie (Yvelines), vendredi. L’équipe de déminage à l’œuvre autour de l’engin explosif.
Mantes-la-Jolie (Yvelines), vendredi. L’équipe de déminage à l’œuvre autour de l’engin explosif. LP/Mehdi Gherdane

C'est une opération d'envergure qui s'est déroulée ce vendredi matin à Mantes-la-Jolie (Yvelines). Une partie de la ville a été fermée pendant plus de deux heures à la suite d'une opération de déminage. Jeudi, une bombe de 250 kg datant de la Seconde Guerre mondiale avait été découverte sur un chantier SNCF à la sortie de la commune.

Ce n'est pas la première fois qu'un tel engin est mis au jour mais la charge explosive de l'obus a incité les autorités à la plus grande prudence. « On est sur une bombe qui contient 150 kg d'explosifs. C'est important », confie Gérard Dérouin, le sous-préfet de Mantes-la-Jolie qui a coordonné les opérations.

Très vite, les services de l'Etat décident d'un périmètre de sécurité de 250 mètres autour des lieux de la découverte. Le gaz est coupé et le trafic ferroviaire entre Paris et Le Havre est suspendu. Deux foyers de travailleurs sont évacués. Une partie des 500 résidants est conduite dans un gymnase proche pour y être hébergée le temps de la neutralisation de la bombe. « On nous a emmenés en bus ici et maintenant, nous patientons avec un peu de café. Tout se passe bien », confie Diatta, un Sénégalais de 30 ans.

Des canalisations de gaz mal «vidées»

La Croix-Rouge veille au bien-être de ces locataires dont certains manquent à l'appel… « Beaucoup sont au travail. Mais d'autres ont pris peur en voyant la police et se sont évanouis dans la nature », sourit un responsable des opérations.

Les résidants des foyers proches ont été conduits vers un gymnase en attendant la fin des opérations. LP/Mehdi Gherdane
Les résidants des foyers proches ont été conduits vers un gymnase en attendant la fin des opérations. LP/Mehdi Gherdane  

A 10h30, le quartier est bouclé. La police ferme l'un des accès au Val-Fourré, la cité aux 20 000 habitants. Au poste de commandement, c'est une mécanique bien huilée qui est à l'œuvre.

Les pompiers surveillent la zone à l'aide d'un drone d'une précision étonnante. L'engin filme la scène et retransmet en direct l'intervention des démineurs. Le sous-préfet, les policiers et les pompiers observent en temps réel leur travail.

Un hélicoptère patrouille aussi afin d'éviter des incursions près du site. « On a toujours quelques surprises, souffle un acteur. Il y a quelques années, lors d'une opération similaire, nous avions fermé l'A13. On a alors surpris un type en train de faire ses besoins sur l'autoroute… » A l'écart, une ambulance du Samu est prête à intervenir en cas de dégâts.

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Initialement programmé à 11 heures, le déminage à proprement dit a pris du retard. Certaines canalisations de gaz n'ont pas été correctement « vidées ». Une torchère est allumée pour en accélérer l'expulsion.

A midi, c'est parti : les spécialistes neutralisent les détonateurs. Sur les écrans reliés au drone, on les voit se servir d'un levier pour en démonter des mécanismes. Les pompiers observent, épatés, la scène d'une précision incroyable. Vers 12h45, le top départ annonçant la désactivation de la bombe est lancé. Cinq secondes plus tard, une sourde détonation se fait entendre. C'est fini. La circulation est rouverte. L'activité peut reprendre.