Un animateur d’Elancourt condamné pour agression sexuelle sur une fillette de 5 ans

Un animateur du centre de loisirs d’Elancourt a été condamné à quatre ans de prison ferme pour avoir agressé sexuellement une petite fille de 5 ans cet été. Il avait été licencié de son précédent emploi en 2018 pour exhibition.

 Illustration. Le tribunal correctionnel a assorti sa condamanation d’une interdiction d’exercer une activité en lien avec les enfants.
Illustration. Le tribunal correctionnel a assorti sa condamanation d’une interdiction d’exercer une activité en lien avec les enfants. LP/Aurélie Foulon.

Un après-midi, en rentrant du centre aéré Jean-Claude Bernard, à Elancourt (Yvelines), qu'elle fréquente durant l'été, la petite fille de 5 ans annonce subitement à ses parents qu'elle ne veut plus faire de pâte à modeler avec un animateur.

Ses parents, étonnés, cherchent à comprendre. La fillette confie alors que l'animateur l'a prise sur ses genoux avant de lui mettre la main dans la culotte. Il a abusé d'elle en se masturbant, avant de lui faire un bisou. Les parents se rendent immédiatement au commissariat où les vêtements de l'enfant sont mis de côté pour être analysés. La petite fille, auditionnée par les policiers, leur confirme que l'employé du centre « lui faisait des trucs ».

Immédiatement identifié, Jean, 54 ans, a été condamné, ce vendredi, par le tribunal correctionnel de Versailles, à une peine de quatre ans de prison ferme, pour cette agression.

Il reconnaît avoir eu une «une pulsion qu'il n'a pas pu refréner»

Lors de sa garde à vue, ce petit homme aux cheveux gris et aux lunettes dorées, avait confirmé avoir pris la petite fille sur ses genoux. Mais il avait nié l'agression, soutenant même que l'enfant est « une menteuse ». Il avait été remis en liberté en attendant le retour des analyses. Lorsqu'elles arrivent, celles-ci confirment que l'empreinte génétique trouvée sur le legging de l'enfant est bien celle de l'animateur. Il est une nouvelle fois convoqué au commissariat : cette fois, il reconnaît les faits, sans pouvoir expliquer « cette pulsion qu'il n'a pas pu refréner ».

Licencié en 2018 après s'être exhibé devant une collègue

L'enquête du commissariat a permis d'exhumer une seconde affaire le mettant en cause, remontant à avril 2018, qui n'avait pas été rendue publique à l'époque. Jean travaillait alors comme agent administratif à l'institut d'éducation motrice de Bailly, qui accueille des enfants handicapés. Un jour, il s'était exhibé devant une collègue, ce qui lui avait valu d'être licencié, après dix-huit ans de services jusqu'alors irréprochables.

L'expert psychiatre qui l'a rencontré estime qu'il ne souffre d'aucune maladie mentale mais ressent des pulsions sexuelles pour les enfants.

« J'ai peur que d'autres enfants aient subi la même chose que ma fille »

Dans le box de la salle d'audience, cet homme marié et père de deux enfants se montre lucide avec lui-même. « C'est ignoble ce que j'ai fait. Je ne sais pas ce qui m'est passé par la tête ce jour-là. Je n'étais pas attiré par tous les enfants du centre de loisirs. C'était le hasard. Je ne me considère pas comme un pédophile même si je suis déjà un monstre », souffle-t-il. Jean reconnaît aussi s'être masturbé devant sa collègue de Bailly. Les parents de sa victime d'Elancourt rappellent qu'il a demandé à leur fille de « revenir sur ses genoux », mais qu'elle a refusé. « J'ai vraiment peur que d'autres enfants aient subi la même chose que ma fille », s'inquiète le papa, dont la petite fille fait encore des cauchemars à la suite de son agression.

Les autres enfants du centre de loisir d'Elancourt et de l'institut de Bailly ont été contactés lors de l'enquête, mais aucune autre victime n'a été découverte, révèle procureur. Mais le magistrat ne cache pas l'inquiétude que lui inspire la personnalité de cet homme avant de requérir une peine de sept ans d'emprisonnement à son encontre. Outre sa condamnation, Jean a été interdit d'exercer une profession ou une activité en lien avec des enfants.