Trappes : la justice annule le résultat des élections municipales

Un recours avait été déposé par une liste d’opposition accusant notamment le maire élu, Ali Rabeh (Génération.s), de ne pas avoir déclaré tous ses comptes de campagne.

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 Trappes. Ali Rabeh, qui avait récolté 40 % des suffrages au second tour des élections municipales, se voit reprocher des manquements importants aux règles du code électoral.
Trappes. Ali Rabeh, qui avait récolté 40 % des suffrages au second tour des élections municipales, se voit reprocher des manquements importants aux règles du code électoral.  LP/M.F.

L'ancien poulain de Benoît Hamon, Ali Rabeh, ira-t-il au bout de son mandat? Le tribunal administratif de Versailles (Yvelines) a annulé ce mardi l'élection municipale de mars 2020 à Trappes, à la suite d'un recours déposé par la liste d'opposition Engagement Trappes Citoyens.

On reproche à celui qui avait récolté 40 % des suffrages au second tour des élections municipales des manquements importants aux règles du code électoral.

Alors qu'il était candidat, Ali Rabeh (Génération. s) a mené des actions auprès de personnes fragiles pendant le confinement. Et ce, en utilisant l'association Cœurs de Trappes qu'il présidait à l'époque.

Durant les trois mois qui se sont écoulés entre le premier et le second tour, reporté à cause de l'épidémie de Covid-19, les membres de l'association sont en effet restés mobilisés en distribuant des colis alimentaires ou encore des masques. Or, ces actions n'ont pas été déclarées dans les comptes de campagne du candidat.

Un «harcèlement judiciaire», estime le maire

Pour cela, l'élu s'était déjà fait épingler par la commission nationale de contrôle des comptes de campagne et des financements politiques en décembre dernier. Celle-ci avait estimé qu'Ali Rabeh, toujours en lice pour le second tour et toujours à la tête de Cœurs de Trappes, aurait dû se mettre en retrait de l'association « en adoptant une attitude plus réservée ».

Contacté, Ali Rabeh (GE), est « en total désaccord avec la décision, à [ses] yeux infondée, prise par le tribunal administratif ». « Serein et positif », il a immédiatement fait appel du jugement. En attendant la décision du Conseil d'Etat qui sera rendue dans les six mois, Ali Rabeh reste maire de Trappes.

Celui qui explique être « au boulot depuis huit mois pour les Trappistes » dénonce un « harcèlement judiciaire de la part d' Othman Nasrou et Mustapha Larbaoui », les têtes de la liste Engagement Trappes Citoyens qui avaient obtenu 37 % des suffrages au second tour. Ali Rabeh estime encore que ses adversaires qui « ne siègent même pas au conseil municipal n'ont plus que les tribunaux pour essayer d'exister ».

«La photo d'Ali Rabeh circulait partout»

Des propos réfutés par Othman Nasrou : « Ce n'est pas de l'acharnement de notre part puisque la commission des comptes de campagne avait rejeté les comptes d'Ali Rabeh. » Celui qui est désormais premier vice-président du conseil régional d'Ile-de-France, chargé des relations internationales et des affaires européennes, rappelle que lors de ces actions caritatives, « la photo d'Ali Rabeh circulait partout ». Selon lui, le maire de Trappes « a triché de manière massive et délibérée ».

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De son côté, l'ancienne députée de la 11e circonscription des Yvelines Nadia Hai, aujourd'hui ministre déléguée chargée de la ville, « prend acte de la décision du tribunal ». Celle qui avait soutenu le maire sortant Guy Malandain souhaite pour représenter Trappes « un candidat qui porte l'ambition des quartiers prioritaires de la ville ».