«Quand on ouvre les poubelles, on les voit sauter…» A Sartrouville, les rats sont de retour

Malgré une vaste campagne de dératisation avant le premier confinement dans le quartier des Quatre-Chemins, les rongeurs reviennent plus nombreux depuis maintenant trois mois. Les locataires se sentent isolés.

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 Sartrouville, jeudi. Marie-Anna Szames, locataire, donne des coups de balai au plafond pour faire fuir les rongeurs.
Sartrouville, jeudi. Marie-Anna Szames, locataire, donne des coups de balai au plafond pour faire fuir les rongeurs. LP/Timothée Talbi

A peine entré dans le hall du 9, rue Jacqueline-de-Romilly, à Sartrouville, une odeur nauséabonde agresse les narines des locataires et visiteurs. « On a l'impression d'être dans une litière géante, et encore, vous avez de la chance car la femme de ménage est passée ! » ironise Angélique, qui habite le quartier des Quatre-Chemins depuis trente ans.

Cette odeur, c'est celle des rats qui prolifèrent de nouveau dans les sous-sols et canalisations et sortent régulièrement à la surface. « On les voit aussi bien l'été que l'hiver et ils font la taille de beaux petits chats, on s'amuse à les compter tant on en croise juste en bas de l'immeuble », explique Angélique.

L'odeur se faufile jusque dans la salle de bains

Il y a près d'un an pourtant, la municipalité a entrepris une vaste opération de dératisation en rebouchant notamment les nombreux trous creusés par les rongeurs. Une solution de courte durée car les rats sont bel et bien de retour depuis trois mois et plus nombreux que jamais.

« Ils ont eu le malheur de faire une réhabilitation il y a quelques années et c'est parti en cacahuète », déplore Juliette, qui vit au deuxième étage. La mère de famille sent l'odeur se faufiler jusque dans sa salle de bains et se ruine en produits pour masquer celle-ci.

Angélique ajoute : « Deux bâtiments viennent d'être construits, le dernier a été livré le mois dernier. Ces constructions remuent les sols et réveillent les rats. »

«Certains locataires sont dégueulasses»

Arrivée il y a tout juste un an au rez-de-chaussée, Marie-Anna Szames est aussi confrontée à un problème sonore en raison de la situation de son appartement. « Les poubelles sont juste en dessous de chez moi et les rats m'empêchent de dormir le soir. Vers minuit-1 heure du matin, je les entends aussi au plafond et je donne des coups de balai pour les faire fuir », raconte la sexagénaire. Des coups de balai qui réveillent le voisinage et résonnent même jusque chez Angélique, qui vit au deuxième étage de l'immeuble d'à côté.

«Personne ne nettoie les caves où se situe probablement la colonie de rats», s’agace Juliette, une locataire.  LP/ Guillaume Georges
«Personne ne nettoie les caves où se situe probablement la colonie de rats», s’agace Juliette, une locataire. LP/ Guillaume Georges  

Les trois résidentes pointent également du doigt des problèmes sanitaires, amplifiés par le manque de civisme de certains habitants. « Même si certains locataires sont dégueulasses, on paye des charges pour l'entretien des parties communes et on ne le voit pas, s'énerve Juliette. Le ménage est fait seulement une fois par semaine et personne ne nettoie les caves où se situe probablement la colonie de rats. »

Des attentes fortes des habitants

Agacées par cette prolifération qui s'accélère au fil des années, les locataires peinent à se faire entendre. « A la mairie, ils m'ont dit que c'était le bailleur qui devait venir lui-même. Pour s'adresser à lui, tout se fait par son site Internet mais rien ne se passe », désespère Angélique, qui tente de le joindre depuis trois mois sans succès. Contacté, Batigère n'a pas répondu à nos sollicitations.

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Seule éclaircie à l'horizon, une lettre de la députée (LREM) de la circonscription, Yaël Braun-Pivet, mercredi dernier. Dans celle-ci, la parlementaire, interpellée par une amicale de locataires des Quatre-Chemins, indique « avoir adressé un courrier au bailleur Batigère afin de solliciter son attention particulière sur la situation » de la résidence. « Des trous ont été rebouchés vendredi », constate, presque amusée, Juliette, qui y voit un lien avec le courrier de la députée.

Les locataires de la rue Jacqueline-de-Romilly attendent désormais une action d'ampleur pour mettre fin au problème. « On espère une grande et forte dératisation, pas seulement déposer des petites boîtes noires dans la cave : il faut passer à l'étape supérieure, affirme Angélique. On compte aussi sur la municipalité de Sartrouville et la nouvelle conseillère au logement. »