Plaisir : le personnel de l’hôpital réclame sa prime au ministre de la Santé

Les agents spécialisés dans le médico-social, exclus des revalorisations de salaire promis aux soignants, ont écrit à Olivier Véran et projettent une manifestation.

 Plaisir. Les agents du centre hospitalier de Plaisir spécialisé en gérontologie et dans le médico-social réclament la même prime que le personnel des services sanitaires.
Plaisir. Les agents du centre hospitalier de Plaisir spécialisé en gérontologie et dans le médico-social réclament la même prime que le personnel des services sanitaires. LP/J.-G.B.

Ils l'appellent « à l'aide ». Les agents du centre hospitalier de Plaisir, spécialisé dans la gériatrie, la prise en charge de la maladie mentale et le médico-social, sont en colère. Ils ont écrit une lettre au ministre de la Santé Olivier Véran afin de réclamer la revalorisation salariale de 183 euros par mois promise en juillet dernier au personnel soignants à l'issue du « Ségur de la santé ».

Soutenus par l'intersyndicale FO - Sud - CGT, les agents avaient accueilli favorablement les annonces de l'été « du fait des années de gels et retards de revalorisation depuis de nombreuses années ». Seulement voilà, le Gouvernement a prévu cette prime pour les personnels du secteur « sanitaire » mais pas pour ceux du secteur « médico-social » alors que la différence entre les deux ne tient pourtant qu'à un fil.

Ils en ont assez de se voir « déconsidérés »

« Pouvons-nous nous considérer comme moins méritants que nos collègues travaillant sur des services dits « sanitaires » ou travaillant sur des Ehpad ? », s'interrogent les salariés du CH de Plaisir dans leur missive. « Doit-on en déduire que les diplômes obtenus auraient une valeur moindre selon le secteur d'activité ? », poursuivent les agents, arguant que « le handicap et le médico-social seraient alors des disciplines moins nobles. »

Les agents en ont « assez de se voir déconsidérés. » « Sachez que pendant la crise sanitaire, nous avons toujours répondu présent, insistent-ils dans leur lettre. Nous aussi avons été contraints, faute de matériel de prendre des risques, mais également de subir cette peur permanente de contaminer notre entourage familial et professionnel. »

« Nous ne nous considérons pas comme des héros »

Les hospitaliers craignent, qui pis est, en laissant s'instaurer « une rémunération à deux vitesses », d'assister à une « fuite des agents sur des services où ils seraient mieux considérés. » Comme tous les personnels soignants de France, ceux de Plaisir ont apprécié les applaudissements qui retentissaient depuis les fenêtres et les balcons en l'honneur de leur dévouement lors du premier confinement. « Mais nous ne nous considérons pas comme des héros. Nous ne sommes que des hommes et des femmes qui aiment leur métier. Nous demandons juste à titre d'être reconnus à notre juste valeur. »

À ce jour, si des grèves et des manifestations de personnels de services médico-sociaux ont déjà eu lieu un peu partout en France, le Gouvernement continue de s'en tenir aux accords signés en juillet dernier. À leur tour, les agents du centre hospitalier de Plaisir envisagent donc une « action », probablement une manifestation qui, crise sanitaire oblige, devrait se tenir uniquement dans l'enceinte de l'établissement.