Bouchons monstres, saleté... à peine ouvert le centre commercial Mon Grand Plaisir agace déjà

Poubelles qui débordent, ballet de livreurs, embouteillages... Des habitants de Plaisir se plaignent des nuisances engendrées par Mon Grand Plaisir, inauguré fin août. Le propriétaire tente de calmer le jeu.

 Plaisir (Yvelines), ce vendredi. Une centaine de riverains mécontents ont été reçus par Philippe Journo, le propriétaire du centre commercial (au centre), pour faire le point sur les problèmes recensés.
Plaisir (Yvelines), ce vendredi. Une centaine de riverains mécontents ont été reçus par Philippe Journo, le propriétaire du centre commercial (au centre), pour faire le point sur les problèmes recensés. LP/S.B.

Le VIP Lounge. En surplomb du nouveau centre commercial Mon Grand Plaisir, le lieu, coquet, est destiné à offrir aux meilleurs clients une pause au calme pendant leur journée shopping. Mais ce vendredi soir, c'est une ambiance particulièrement tendue qui règne dans ce cocon.

Confronté à la colère du quartier, conséquence de nuisances liées à l'ouverture du centre la semaine dernière, Philippe Journo, le PDG fondateur de la Compagnie de Phalsbourg, a souhaité rencontrer les habitants pour tenter d'éteindre l'incendie. Par souci «de bon voisinage», explique-t-il à l'assemblée réunie autour de lui et de la maire LR de Plaisir, Joséphine Kollmannsberger. Comme lorsqu'ils les avaient conviés pour une visite des lieux en avant-première.

Le ton est vite monté

Le voilà parti pour plus d'une heure de face-à-face. Faisant le dos rond face aux critiques, le propriétaire du centre doit jongler entre explications et annonces, avec quelques mea culpa ,et parfois un peu d'agacement. Car le ton est monté.

Depuis l'inauguration officielle en milieu de semaine dernière, des milliers de visiteurs, pressés de découvrir l'endroit, convergent chaque jour vers Mon Grand Plaisir. Et les couacs apparaissent à l'image des énormes bouchons qui s'étaient formés le weekend précédent aux abords du centre.

«J'ai mis dix minutes à sortir de chez moi», se plaint par exemple une habitante, quand une autre qui voulait «simplement aller faire les courses» le samedi, explique qu'elle a carrément dû «rebrousser chemin», effrayée par le trafic. Résultat ce jour-là, «des voitures garées n'importe où» et «des gens qui traversent n'importe comment», témoigne-t-on encore.

Plaisir, samedi 30 août. Lors du premier weekend suivant son ouverture, Mon Grand Plaisir avait été pris d’assaut. LP/Sébastien Birden
Plaisir, samedi 30 août. Lors du premier weekend suivant son ouverture, Mon Grand Plaisir avait été pris d’assaut. LP/Sébastien Birden  

Le parking, d'une capacité d'un millier de places, est dans le viseur, et plus précisément sa sortie, qui créé un flot incessant de voitures à l'arrière du centre. La question pourrait être en partie réglée rapidement, le propriétaire du centre ayant obtenu ce vendredi l'aval du conseil départemental, chargé de la voirie, pour ouvrir une autre sortie sur le rond-point de la départementale.

Un homme énervé emmené vers la sortie

Les questions, ou plutôt les reproches s'enchaînent. Elles portent par exemple sur la fermeture de la passerelle, qui empêche le désenclavement souhaité du quartier. La faute à son actuel propriétaire, qui n'a pas effectué les travaux de conformité. On évoque aussi la question des mineurs de moins de 16 ans, à qui l'accès au centre a d'abord été interdit après l'arrivée d'une bande originaire de Trappes, venue visiblement en découdre avec des jeunes de Plaisir.

Preuve de la tension ambiante, un homme est emmené vers la sortie par la sécurité après un échange plus que houleux avec le patron de la Compagnie de Phalsbourg. L'incident clos, les débats reprennent.

Et c'est désormais les livreurs qui sont pointés du doigt. Puis les commerçants qui ne mettent pas leurs poubelles dans les lieux adaptés. «On n'a pas demandé à avoir des rats», assène une habitante. La question sera réglée avec les intéressés, assure le patron du centre : «A nous de faire la police.»

Une autre attaque sur les PV qui ont plu le jour même aux abords du centre, «là où nous nous sommes toujours garés », précise la même résidente. «Et à 9h30 du matin alors que le centre n'est pas ouvert», renchérit une autre. Joséphine Kollmannsberger reconnaît l'erreur. Au final, c'est le centre commercial qui paiera certaines de ces amendes. «Mais pas toutes et pas tous les jours», lâche Philippe Journo avant de donner la parole à une nouvelle riveraine.

«Beaucoup de choses vont rentrer dans l'ordre»

Tout en reconnaissant que le centre «est super beau», celle-ci se dit inquiète : «Tout ça, c'est sous mes fenêtres. Je sais, je suis mal placée. Mais si je veux revendre ma maison aujourd'hui, elle ne vaut rien du tout.» Réponse du tac au tac : « Ah bon, vous croyez ? Eh bien, je vous donne rendez-vous dans un an, on en reparle.»

Quelques remarques encore puis Philippe Journo ferme le ban. Une nouvelle réunion est prévue d'ici un mois et demi pour refaire le point. «Je tenais à voir les habitants du quartier dès maintenant pour qu'on mette tout de suite le doigt sur ce qui ne va pas et qu'on voit quels ajustements sont possibles, explique le PDG de la Compagnie de Phalsbourg au sortir du VIP Lounge. C'est vrai qu'il y a eu beaucoup de monde le premier weekend, mais c'est normal pour l'ouverture. Le contraire aurait plutôt été inquiétant. Les gens s'imaginent que ce sera tout le temps comme ça alors que cela va se calmer. Beaucoup de choses vont rentrer dans l'ordre naturellement.»