Mantes-la-Jolie : un élu saisit la justice pour dénoncer la gestion des finances de la ville

L’élu d’opposition (PCF) Marc Jammet souhaite que la justice enquête sur le fonctionnement de la mairie, après la publication en octobre dernier d’un rapport de la Cour des comptes.

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 Mantes-la-Jolie. Un rapport de la Cour des comptes a épinglé les dépenses de la ville en octobre dernier.
Mantes-la-Jolie. Un rapport de la Cour des comptes a épinglé les dépenses de la ville en octobre dernier. LP/Mehdi Gherdane

Faut-il ouvrir une enquête après le rapport de la Cour des comptes sur Mantes-la-Jolie (Yvelines)? Le parquet de Versailles et le ministère de la Justice devraient se poser la question très vite après le courrier adressé par un élu d'opposition de la ville.

Marc Jammet (PCF) vient d'écrire à la procureure de Versailles pour lui demander l'ouverture d'une information judiciaire sur la gestion des finances communales, notamment par la précédente municipalité. « Il ne s'agit pas d'une plainte, précise Marc Jammet. L'idée est d'appeler la justice à ses responsabilités. »

L'élu communiste n'a toujours pas digéré plusieurs passages de ce rapport émis en octobre dernier et estime que les finances de Mantes ont subi un sérieux préjudice.

Des largesses avec l'école privée musulmane

Deux cas illustrent, selon lui, cette « dérive ». D'abord, la relative mansuétude dont la ville aurait fait preuve avec l'école privée musulmane Eva-de-Vitray, installée près de la patinoire, sur un terrain vendu par la mairie.

Marc Jammet est élu d’opposition (PCF) au conseil municipal de Mantes-la-Jolie. Le Parisien
Marc Jammet est élu d’opposition (PCF) au conseil municipal de Mantes-la-Jolie. Le Parisien  

« Alors qu'elle ne faisait pas face à ses échéances, la commune n'a pas souhaité actionner la clause résolutoire prévue dans l'acte de vente en cas de non-paiement. […] La commune a fait office de banque en permettant à l'école privée de disposer de locaux sans avoir recours à un prêt immobilier », écrivaient alors les magistrats de la Cour des comptes. Une situation qui pourrait, selon Marc Jammet, constituer une subvention au culte, pourtant interdite par la loi.

Même principe avec la cession d'un local municipal, au terme d'un « acte de cession assez obscur », à la Confédération islamique Millî Görüs, qui pourrait « être assimilée à une libéralité » selon les magistrats de la Cour des comptes. C'est-à-dire à une forme d'avantage.

La ville trop occupée avec le Covid pour «répondre à des gesticulations politiciennes»

Marc Jammet dénonce également les frais de bouche et de représentation de l'ancien maire (LR) Michel Vialay (2005-2017). Cette partie du rapport avait fait beaucoup de bruit lorsqu'elle avait été rendue publique. Celui qui est devenu député depuis cumulait plus de 10000 euros de notes de restaurant chaque année.

Enfin, le conseiller municipal communiste s'interroge sur une « cellule fantôme » de six médiateurs dont le fonctionnement et même l'existence avaient interrogé la chambre régionale des comptes.

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Contactée pour réagir au courrier envoyé par Marc Jammet, la mairie n'a pas souhaité lui répondre. « Notre énergie est actuellement consacrée à la gestion de la situation sanitaire, économique et sociale plutôt qu'à répondre à des gesticulations politiciennes. Nous appelons Monsieur Jammet à cesser de dénigrer notre ville et à faire des propositions concrètes pour nos habitants », répond-on en mairie.