Mantes-la-Jolie en fête pour le Tour de France

Ville départ de l’ultime étape de la Grande Boucle, ce dimanche, la ville, et particulièrement le quartier du Val-Fourré, ont célébré l’événement.

 Mantes-la-Jolie, dimanche 20 septembre. Toute la population du Val Fourré est en fête pour voir passer les coureurs dont les gamins qui sont tout heureux.
Mantes-la-Jolie, dimanche 20 septembre. Toute la population du Val Fourré est en fête pour voir passer les coureurs dont les gamins qui sont tout heureux. LP/L.M.

« C'est mieux qu'à la télé ! », s'exclame Ibrahim. Il est 15h30 et le gamin remonte une rue du Val Fourré, à Mantes-la-Jolie avec sa maman. En ce dimanche, le quartier connaît une agitation comme rarement observé. Il faut dire que le Tour de France a planté là son armada, autour des boulevards Sully et Clemenceau, afin de donner le départ de la 21e et dernière étape, celle qui mène les coureurs vers les Champs-Elysées.

En attendant de rallier la plus belle avenue du monde, c'est Mantes-la-Jolie qui a l'honneur des festivités, de cette fête populaire sans pareil. Qu'importent les restrictions sanitaires, tout le monde veut sa petite part de réjouissances entre caravane publicitaire, village-départ (pour les invités), défilé des champions depuis à la sortie de leurs bus et départ des coureurs.

Le Tour, c'est la course mais aussi toutes ses animations en annexe. Comme celle proposée, vers 12h30, sur le parking de la caravane, par une célèbre marque de café. Aux abords du stade Marcel-David, deux clubs cyclistes locaux - L'Entente cycliste Vernouillet, Verneuil et Triel (ECVVT) et l'Entente cycliste du Houdanais (ECDH) - se sont donné rendez-vous pour un défi. Quatre membres de chaque équipe s'affrontent, en 4 fois 10 minutes, dans une compétition d'home-trainer connecté. Le challenge consiste à parcourir le plus de kilomètres possible sur un vélo d'entraînement relié à un écran. L'étape du jour est celle de la vallée de la Dordogne avec 70 km en tout genre (côte, descente, faux plat).

« Qui aurait dit il y a 25 ans qu'on allait accueillir une étape du Tour ? »

Mantes-la-Jolie, ce dimanche. Le président LR du conseil départemental, Pierre Bédier (à gauche, avec le député Michel Vialay) a reçu en cadeau le tracé de la dernière étape et le maillot jaune dédicacé par Pogacar. LP/LM.
Mantes-la-Jolie, ce dimanche. Le président LR du conseil départemental, Pierre Bédier (à gauche, avec le député Michel Vialay) a reçu en cadeau le tracé de la dernière étape et le maillot jaune dédicacé par Pogacar. LP/LM.  

« Pour nous, c'est tout bénef. On nous invite. Les jeunes se mettent en valeur et on voit la course tout en étant en coulisses », sourit Patrick Chassieux, le président de l'ECVVT. Côté Houdan, Estelle Veillé en profite pour vanter ses équipes de jeunes et espère bien remporter la machine à café afin de la mettre dans le local du club. Gagné : c'est son club qui a fini par l'emporter.

Descendu du vélo, Jérôme, complètement en sueur, concède que son relais était « dur ». « Rien à voir avec ce qu'on fait sur la route. Même en descente, il faut pédaler », lâche-t-il avant d'admettre que c'est « super-ludique ». Daniel, qui est passé en premier pour l'ECVVT, a aimé le parcours dordognot. « C'était vallonné et pas trop éprouvant car j'ai eu le début, en plat sur 4,8 km. Je me suis bien pris au jeu », dit ce quinquagénaire.

Margaux Lafourcade, la chef de produit en charge du jeu pour la marque, exulte. « Le défi existe depuis deux ans. Cette année, nous avons proposé l'animation à Clermont-Ferrand, Lyon et ici à Mantes. Tout le monde en raffole », dit-elle.

Les deux clubs locaux de vélo locaux s’affrontent dans le défi virtuel sur home-trainerLP/L.M.
Les deux clubs locaux de vélo locaux s’affrontent dans le défi virtuel sur home-trainerLP/L.M.  

Comme l'heure tourne, il est temps de se diriger vers le village-départ, beaucoup plus clairsemé qu'à l'habitude, Covid oblige. Cela n'empêche pas Pierre Bédier, le président LR de conseil départemental, d'être tout sourire. « Qui aurait dit, il y a vingt-cinq ans, alors que la vielle était à feu et à sang, qu'on allait accueillir une étape du Tour de France?, s'enthousiasme-t-il. C'est exceptionnel. C'est un de mes rêves qui se réalise. » « On sait qu'un événement comme celui-là n'arrive que tous les 20 ou 25 ans pour une ville, insiste Raphaël Cognet, le maire (LR) de Mantes-la-Jolie. C'est un événement de nature à fédérer la ville et dans une ville de diversité comme la nôtre, c'est important. » L'élu s'attend à « des retombées positives » pour sa commune. « On a une ville magnifique : les gens vont le découvrir grâce au Tour » se félicite-t-il, certain que les images retransmises dans plus de 190 pays vont participer à « changer l'image de sa ville » encore décriée.

« Cela apporte du rêve au quartier »

Mantes-la-Jolie, ce dimanche. Soukaîna, Makoro et leurs sept enfants ont vu passer la caravane et filent maintenant vers le départ. LP/L.M.
Mantes-la-Jolie, ce dimanche. Soukaîna, Makoro et leurs sept enfants ont vu passer la caravane et filent maintenant vers le départ. LP/L.M.  

Stationné derrière une barrière pendant que les coureurs passent, Mohamed approuve. « C'est mieux que de voir à la télévision. Je me rends compte de ce que ça apporte pour le quartier, surtout du rêve, mais il en faut. S'ils pouvaient faire ça tous les ans, ce serait top », raconte cet habitant qui a grandi au Val-Fourré et se dit « impressionné » par l'organisation.

L'heure fatidique du départ approche. Les familles remontent du Val-Fourré vers le centre-ville où le top est donné à 15h45. Soukaïna et Makoro suivent le flot avec leurs 7 enfants. « Cela nous fait voir autre chose que les tours et puis c'est quelque chose de national qui passe devant chez nous », se réjouit Soukaïna. « Comme ils le voient à la télévision, là ils comprennent que c'est aussi quelque chose de réel. Et puis, la caravane est belle », acquiesce Makoro.

La dernière étape encore au départ des Yvelines jusqu'en 2023

Mantes-la-Jolie, ce dimanche. Toute la population du Val Fourré est là pour voir passer les coureurs. LP/L.M.
Mantes-la-Jolie, ce dimanche. Toute la population du Val Fourré est là pour voir passer les coureurs. LP/L.M.  

Jean, 68 ans, un ancien coureur, fait le pied de grue, en quête de souvenirs. « J'ai envie d'avoir un autographe de Pinot et surtout un masque de la Française des jeux », glisse-t-il. En se faufilant et en trompant discrètement la sécurité, omniprésente, il s'approche du bus de l'équipe. Mais rien n'y fait. Grégoire, 12 ans, et ses amis sont plus chanceux : ils ont décroché des photos avec Alaphilippe et le champion du monde danois Mads Pedersen, et une dédicace de Sagan…

Incognito, Tadej Pogacar file tranquillement vers la gloire. LP/L.M.
Incognito, Tadej Pogacar file tranquillement vers la gloire. LP/L.M.  

Qu'importe, Jean a trouvé un poste d'observation imparable pour tenter d'échanger avec son idole. « Si j'y arrive tant mieux mais sinon, tant pis, le Tour me fera toujours rêver ! »

Et ce n'est pas fini. Suivant une convention signée entre le conseil département et ASO, organisateur du Tour, les Yvelines accueilleront encore le peloton au départ de l'ultime étape de la course jusqu'en 2023 inclus. Après Houilles, Rambouillet et donc, Mantes-la-Jolie, quelle ville décrochera le gros lot en 2021 ? « Moi, je le sais, mais je ne peux pas encore le dire », lâche, énigmatique, Pierre Bédier.