Magny-les-Hameaux : bientôt une ferme-école à la fois écologique et sociale

Le projet Graines d’avenir se concrétisera en octobre prochain en accueillant 12 jeunes de plus de 15 ans pour les former au métier de maraîcher primeur en trois ans.

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 Magny-les-Hameaux. La ferme école Graines d’avenir, portée notamment par Bruno Aimard, ouvrira en octobre 2021.
Magny-les-Hameaux. La ferme école Graines d’avenir, portée notamment par Bruno Aimard, ouvrira en octobre 2021. LP/Julie Ménard

« Le seul critère de sélection sera la motivation ! On va conjuguer les enjeux alimentaires et la formation des jeunes. » Bruno Aimard est tout sourire. En octobre 2021, il ouvrira avec son associé David Tuchbant la toute première école de production des Yvelines : la ferme école Graines d'Avenir à Magny-les-Hameaux, pour apprendre les métiers de primeur et maraîcher.

Il s'agira de la deuxième formation de ce genre proposée en Ile-de-France, la première étant destinée aux métiers de l'industrie à Paris-Sénart. Au total, 35 écoles de production existent en France sur le même principe : sur 35 heures de cours hebdomadaires, 24 heures sont réservées aux travaux pratiques et seulement 8 heures à l'enseignement général.

Une autre approche pour les décrocheurs

Ouverte à tous les jeunes à partir de 15 ans, la ferme école Graines d'avenir proposera une solution professionnelle aux décrocheurs scolaires. En trois ans, ils obtiennent un diplôme reconnu par l'Etat et sont prêts pour le marché du travail.

« Les décrocheurs scolaires vont redonner du sens aux cours théoriques en les appliquant concrètement au quotidien, explique Bruno Aimard. Pour répartir les légumes dans des cagettes il faut savoir faire des divisions par exemple. Pour mettre en valeur un produit et qu'il se vende, il faut savoir rédiger des affiches avec des notions correctes de français, etc. »

LP/Ju.M.
LP/Ju.M.  

Une dimension sociale qui lui tenait très à cœur. Après avoir travaillé vingt-trois ans dans l'environnement et transmis ses savoirs à l'étranger, cet habitant de Guyancourt âgé de 47 ans rêvait d'un programme au service des intérêts sociaux et environnementaux locaux.

Premières récoltes cet été et à la rentrée

Lorsqu'il contacte l'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines en 2019 pour y réfléchir ensemble, il s'intéresse de plus près à la ferme de Buloyer, laissée vide depuis 2016 après le départ des Jardins de Cocagne. « On conserve l'identité agricole du site, souligne Bruno Aimard. C'est un projet au service du territoire qui va favoriser le développement des circuits courts. »

Adepte du concept, le département des Yvelines soutient sa démarche et le présente à celui qui deviendra son associé. Aussitôt, le duo entreprend de faire certifier Bio les 5 hectares cultivables du domaine dont 4 000 mètres carrés sous serres.

Le département des Yvelines soutient cette ferme-école. LP/Ju.M.
Le département des Yvelines soutient cette ferme-école. LP/Ju.M.  

Entre août et novembre 2020, le duo mène un chantier d'insertion employant une dizaine de personnes pour nettoyer le site et nourrir la terre. La mise en culture débutera en mars pour que les premières récoltes soient prêtes cet été et à la rentrée.

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En parallèle, les démarches sont lancées auprès de mécènes et d'organismes publics tels que la région Ile-de-France pour financer les travaux de mise aux normes des bâtiments.

«On espère qu'on les reconnectera à la nature»

Le cursus permettra aux élèves, formés par des professionnels, de tout savoir de l'évolution de la graine au végétal, ce qui leur ouvrira les portes des métiers liés à l'horticulture et la jardinerie. Un atelier de transformation sera aménagé dans une grange pour leur apprendre à réaliser des soupes ou des corbeilles de fruits.

Ils tiendront régulièrement des points de vente à la ferme pour développer leurs techniques commerciales et pourront même participer aux marchés locaux si besoin. Des ruches, des brebis et des poules présentes sur le domaine leur apporteront encore d'autres notions d'apiculture, de production laitière ou de poulailler.

« On espère qu'on les reconnectera à la nature, qu'on les sensibilisera au gâchis alimentaire et à la nidification des oiseaux par la même occasion, reprend le futur directeur d'école. On contribue à former des acteurs éclairés des enjeux humains et environnementaux de demain. Sur ce site, ces jeunes pourront révéler leur talent en nourrissant les gens de leur territoire. »

Bruno Aimard envisage sélectionner 12 élèves par classe pour assurer un suivi individualisé et créer une cohésion d'équipe solide. Mais il ne s'interdit pas de recruter toute l'année selon les besoins, et se penche sur la question des mineurs isolés. À terme, la ferme école pourrait même accueillir un internat.

La sélection se fera lors d'un stage d'une semaine pour mesurer la motivation des candidats. Les frais de scolarité ne sont pas encore fixés mais devraient rester dérisoires. Pour plus de renseignements, contacter Bruno Aimard au 06.60.53.88.42 ou à [email protected]