Le robot tueur de Covid fait sensation dans les Yvelines

Présentée vendredi à la mairie d’Orgeval, cette machine venue des Etats-Unis qui vient à bout de l’agent pathogène du Covid pourrait séduire les collectivités locales.

 Orgeval, vendredi. Le robot, ici au repos avant son utilisation. À droite, Philippe Mongreville, distributeur pour la France pour les usages hors santé.
Orgeval, vendredi. Le robot, ici au repos avant son utilisation. À droite, Philippe Mongreville, distributeur pour la France pour les usages hors santé. LP/L.M.

C'est une drôle de machine, de la taille d'un aspirateur industriel sur roulettes. Quand son « cou » s'étire et qu'elle s'anime toute seule, lampe au xénon allumée, elle fait immanquablement penser à E.T., le célèbre extraterrestre de Steven Spielberg au cinéma.

Lightstrike, le robot tueur de coronavirus a en tout cas produit son petit effet vendredi à Orgeval. Invités par le maire de la commune, Hervé Charnallet (DVD), les promoteurs de cette technologie américaine inventée par Xenex en 2008 - notamment les représentants de son distributeur français, UV Flash Services - ont plus qu'attisé la curiosité des personnes présentes à la Maison des Associations.

Il tue aussi le virus de la grippe

La plaquette du produit indique que ce « service de désinfection écologique robotisé » permet, ni plus ni moins, de tuer en moins de deux minutes l'agent pathogène du SRAS-CoV-2, communément appelé Covid-19.

L'engin est commandé par une simple tablette autoprogrammée. Il fonctionne en flashant 67 fois par seconde une salle vidée de ses occupants à l'aide de sa lampe surpuissante, laquelle élimine, en balayant l'espace, les micro-organismes régulièrement présents dans l'environnement tels que les mycoses, le virus de la grippe et les redoutables infections nosocomiales. C'est la technologie des UV à haute intensité qui le permet, en brisant les liens ADN de ces fameux micro-organismes.

Dans la salle, vidée de ses occupants, le robot déploie sa lampe au xénon qui balaie les lieux et tue les micro-organismes. LP/L.M.
Dans la salle, vidée de ses occupants, le robot déploie sa lampe au xénon qui balaie les lieux et tue les micro-organismes. LP/L.M.  

Hervé Charnallet, qui a « entendu parler de cet appareil par des amis », a voulu « partager » son enthousiasme à son sujet. « En tant qu'élu, on se doit d'être à l'affût et de ne pas forcément s'en tenir uniquement aux recommandations émises par l'Etat à propos du virus », plaide l'édile.

Moins de deux heures pour apprendre à s'en servir

La machine se fait fort de désinfecter à 100 %, et avec une action humaine réduite au minimum, 3000 m2 de surface par jour, alors que le nettoyage manuel tuera lui, au mieux, 60 % des agents, le tout en introduisant des ingrédients chimiques toxiques. Elle est non toxique et son efficacité a été attestée par un laboratoire américain. Comme l'agent du Covid est un aérosol, il faut la passer obligatoirement entre les utilisations du lieu concerné, comme par exemple entre deux séances de cinéma. Moins de deux heures sont nécessaires pour apprendre à s'en servir.

« Quand on l'a passée dans une pièce et qu'ensuite on respecte les mesures sanitaires de distanciation, il est certain que le virus ne revient pas », précise Philippe Mongreville, le distributeur du robot au rayon des autres usages que la santé.

À Orgeval, la démonstration a été assez bluffante. La « remise à zéro » bactériologique de la salle Croisée n'a pris que quelques minutes, le temps que les gens sortent à l'extérieur pour discuter ou griller une cigarette.

Hervé Charnallet a mesuré immédiatement les applications possibles, dans les écoles ou pour les 40 associations qui ne se réunissent plus dans sa ville, faute de sécurité absolue par rapport à la maladie. « Je n'ai pas d'Ehpad dans ma commune mais imaginez comment avec cet appareil je pourrais être garant de salles désinfectées pour les enfants, les seniors et de plein d'autres utilisations encore », souffle le maire.

150 000 euros à l'achat ou 250 euros la demi-heure

Invitée à la démonstration, Stéphanie Auger, la vice-présidente LR du conseil départemental de l'Eure, a évoqué l'expérience conduite par son assemblée. « Nous avons décidé de prendre la prestation pendant deux mois en désinfectant nos 50 collèges, chaque week-end, explique l'élue normande. Tout le monde veut la machine. Il est difficile de faire face à la demande. » Selon Ghislain Fournier, vice-président (LR) du conseil départemental des Yvelines, l'exemple de l'Eure est « intéressant ». « Je vais en parler à la présidence même si des questions se posent encore et qu'il faut financer la chose », admet-il.

VIDEO. Un chien robot pour faire respecter la distanciation sociale

Sur la question du coût justement, le robot vaut 150 000 euros. Mais UV Flash services propose plusieurs prestations : un flash de 30 minutes pour 250 euros, une journée entière à 1500 euros voire une location leasing à 4500 euros par mois et, ce, sur 5 ans avec services et maintenance inclus. Ces prix s'entendent évidemment hors taxes. Il faut aussi compter le changement de la lampe flash (3000 euros) tous les deux ou trois mois si elle est utilisée 7 heures par jour.

En attendant que Lightstrike vienne désinfecter les salles de classe ou autres salles de fêtes dans les Yvelines, une étude menée par l'hôpital Georges-Pompidou à Paris (XVe) devrait rendre ses conclusions cette semaine quant à son efficacité confrontée au milieu de la santé.