Le Port-Marly : l’assassin du Super U condamné à trente ans de réclusion criminelle

Un ancien boulanger âgé de 65 ans a écopé d’une lourde peine ce jeudi devant la cour d’assises des Yvelines. Il était jugé pour le meurtre par arme à feu d’un homme de 73 ans dans un supermarché.

 Le Port-Marly, septembre 2016. Le retraité amoureux d’une caissière avait abattu un client du Super U et blessé gravement une caissière avec un fusil.
Le Port-Marly, septembre 2016. Le retraité amoureux d’une caissière avait abattu un client du Super U et blessé gravement une caissière avec un fusil.  LP/J.C.

Une très lourde sanction avait été requise par l'avocate générale, et les jurés l'ont suivie. Patrick, 65 ans, a été condamné ce vendredi par la cour d'assises des Yvelines à une peine de trente ans de réclusion criminelle.

Cet ancien boulanger jugé « dépressif, érotomane et paranoïaque » par deux experts psychiatres, comparaissait depuis mardi matin pour avoir tué par balle, Michel, un homme de 73 ans et blessé Jacqueline, 60 ans, le 26 septembre 2016 sur le parking du magasin super U du Port Marly.

Un délire amoureux à l'origine du coup de fusil

Pour l'accusation, la détermination, l'intention de tuer, dont Patrick s'est rendu coupable, ne faisaient aucun doute. « Trois témoins de la scène l'ont décrit comme un homme calme, épaulant son fusil comme un chasseur qui prend le temps de viser sa cible », a martelé l'avocate générale.

Elle a décrit un homme qui souffrait et souffre encore de problèmes psychologiques, mais a estimé, comme le second expert psychiatre, que son délire amoureux pour une caissière qui avait quitté le magasin ne l'a pas empêché de « tout prévoir et de passer à l'acte en toute conscience ».

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« Encore aujourd'hui, il est très précis lorsqu'il affirme que le tir mortel sur l'homme était un accident, a-t-elle ajouté lors des plaidoiries. Ce monsieur se cache derrière des trous de mémoire et l'évocation d'un acte de démence, c'est un peu simple face à la souffrance des victimes. » Elle a rappelé que la balistique avait invalidé une histoire de tir accidentel à bout portant racontée par l'accusé, en démontrant que le tir avait eu lieu à une distance d'un mètre cinquante.

Le Port-Marly, septembre 2016. Le RAID, groupe d’intervention de la police nationale était intervenu pour déloger Patrick du supermarché après qu’il a tiré au fusil de chasse sur un homme. LP/J.C.
Le Port-Marly, septembre 2016. Le RAID, groupe d’intervention de la police nationale était intervenu pour déloger Patrick du supermarché après qu’il a tiré au fusil de chasse sur un homme. LP/J.C.  

L'avocate de la défense Nathalie Mendes a défendu un client qui, au contraire, aurait « complètement perdu la raison » et avait demandé qu'il soit déclaré irresponsable. « Je défends un homme qui refuse qu'on le défende. Un homme qui pousse ce trait jusqu'à la déraison. Un homme qui s'accable, lâche, grossier, colérique, égocentrique, absent et apathique, sale, confus, oisif, désorienté, hagard et silencieux. »

«Il a voulu se venger et il a commis l'irréparable»

Et de décrire un « homme bipolaire » aux idées noires, qui a « préféré rêver sa vie ». Selon l'avocate, Patrick était « fou amoureux » de Josette, la caissière au nom de laquelle il a tué, même si elle ne le lui rendait pas. « Lorsqu'elle a quitté le magasin, il voulait son numéro et les employées ont refusé de lui donner. Il a voulu se venger et il a commis l'irréparable. » Nathalie Mendes a évoqué un crime fou commis au bout « d'un délai d'incubation ».

Son plaidoyer pour la folie, l'amour et le désespoir n'aura donc pas influencé les jurés. Patrick semble parti pour finir ses jours en prison.