Isolation : dans le nord des Yvelines, deux logements sur trois nécessitent une rénovation énergétique

Le parc résidentiel représente le premier poste de consommation d’énergie dans la communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise (400 000 habitants). Laquelle se fixe un objectif de 3 400 rénovations énergétiques par an.

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 Illustration. La communauté urbaine veut lutter contre les passoires thermiques.
Illustration. La communauté urbaine veut lutter contre les passoires thermiques. LP/N.C.

En ce pic de période hivernale, il n'est pas rare d'enfiler un pull chez soi pour suppléer le chauffage, déjà particulièrement utilisé. Valentin Dimartino refusait de passer un second hiver comme ça dans sa maison de Magnanville, où il vit depuis deux ans avec sa femme et ses deux enfants.

« Lors du premier hiver, on s'est rendu compte que les fenêtres présentaient des contraintes. Un canapé était situé sous l'une d'entre elles et on sentait les courants d'air, on avait la sensation d'avoir froid sans arrêt », se souvient ce technicien de bureau d'études, qui travaille du côté de Trappes.

À ce déficit de confort, s'ajoute une facture salée lors de la première régularisation qui survient après seulement six mois d'occupation des lieux : le surcoût s'élève déjà à 900 euros, en plus des 180 euros de chauffage électrique prélevés chaque mois.

Beaucoup de maisons à l'isolation imparfaite

Valentin Dimartino, dont la maison de 120 mètres carrés a été construite en 1985 est loin d'être un cas isolé et cette surconsommation énergétique accentue fortement les émissions de CO2.

« Au sein de la communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise (GPS&O), plus de deux logements sur trois nécessitent une rénovation énergétique. Beaucoup datent des années 1970-1980 et l'isolation était alors moins prise en compte », évoque Khalid Chaïb, cofondateur de l'entreprise Talo, à qui Valentin a fait appel pour des travaux.

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Dans un premier temps, Valentin sollicite Talo uniquement pour des travaux de menuiseries au rez-de-chaussée. « La fenêtre est le produit le plus plébiscité par les Français pour la rénovation de leur maison », confirme Raphaël Neves, associé de l'entreprise.

Un avantage écologique… mais surtout économique

Lorsque les techniciens viennent sur place pour réaliser le devis, ils lui conseillent alors une rénovation globale, bien plus efficace et rentable à terme. « On a changé toutes les menuiseries, porte comprise, installé cinq fenêtres de toit Velux, un poêle à granulés et isolé le plancher du comble perdu », détaille-t-il.

Le tout pour 21 000 euros, dont 15 000 euros couverts par les aides de l'Agence nationale de l'habitat (Anah), récemment incluses dans le dispositif MaPrimRénov. « Les plus grosses dépenses ont été les menuiseries et l'installation du poêle à granulés car ce sont les éléments qui apportent le plus de différence, souligne Valentin. Le tout améliore l'étanchéité de la maison, maintenant on a chaud dans tout le domicile. »

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Réalisés sur une période d'un mois et demi, les travaux sont finis depuis plus d'un an mais portent déjà leurs fruits. « Lors de la régularisation qui a suivi les travaux, notre fournisseur nous a rendu environ 700 euros de trop-perçu et désormais, on paye seulement 110 euros de chauffage par mois, soit une baisse de 50 % », explique le père de famille. Il reconnaît un facteur environnemental dans cette décision, bien que la logique économique ait prévalu.

L'habitat, plus énergivore que le transport et l'industrie

« La rénovation des bâtiments est un fer de lance du plan de relance du gouvernement », rappelle Abdessamad Idzina, troisième associé de Talo, à l'occasion de l'inauguration ce mercredi de son nouvel espace au sein de la Fabrique 21, à Carrières-sous-Poissy.

Alors qu'à peine 15 % des logements français affichent une bonne note énergétique, une enveloppe de 2,3 milliards d'euros de subventions directes est prévue à destination des particuliers afin de rénover un demi-million de logements d'ici à 2030.

Le parc résidentiel est le premier poste de consommation d'énergie du territoire de la communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise, devant le transport et l'industrie. La performance énergétique et climatique fait ainsi partie des cinq axes stratégiques de son Plan climat air énergie territorial (PCAET), qui fixe l'objectif de 3 400 rénovations énergétiques par an. À noter que l'agglomération regroupe 73 communes, dont Mantes-la-Jolie, Les Mureaux et Poissy, pour 400 000 habitants.

Bientôt un guichet unique dans l'agglo

Pour l'atteindre, la communauté urbaine peut compter sur le récent élargissement de MaPrimRénov à l'ensemble des propriétaires occupants, lequel peut permettre de subventionner jusqu'à 90 % du montant des travaux. La collectivité souhaite ainsi renforcer la communication et la pédagogie autour de ce dispositif de l'Etat.

« On est dans une situation économique compliquée et la rénovation du logement peut passer au second plan pour beaucoup, conçoit Raphaël Cognet, président de la communauté urbaine GPS&O, présent à l'inauguration. Notre rôle est de faire comprendre aux gens la logique économique qui existe derrière celle environnementale pour leur pouvoir d'achat. C'est pour cette raison que nous lançons au deuxième semestre un guichet unique pour informer les particuliers et les bailleurs sociaux sur la transition énergétique. »

A qui s’adresser ?

Lancée il y a tout juste un an, MaPrimRénov est une aide à la rénovation énergétique des logements, initialement destinée aux ménages les plus modestes. Depuis le 11 janvier dernier, ce dispositif est accessible pour tous les propriétaires occupants ainsi que les copropriétés. Pour vérifier votre éligibilité, il vous suffit de vous rendre sur le site Internet maprimerenov.gouv.fr et de formuler une demande, à l’aide de votre numéro fiscal et la référence de votre dernier avis d’imposition.

Selon les revenus des bénéficiaires, la subvention peut couvrir jusqu’à 90 % du montant total des travaux. L’Etat prévoit d’y allouer 2,3 milliards d’euros face à un nombre de demandes qui devrait doubler par rapport à l’année dernière et atteindre 400 000 en 2021.