Frais de bouche : l’ancien maire de Mantes-la-Jolie taclé par la Cour des comptes

S’ils saluent le désendettement de la ville, les magistrats spécialisés s’interrogent sur des dépenses effectuées pendant le mandat de Michel Vialay (LR).

 Mantes-la-Jolie (Yvelines). Michel Vialay (à droite) a répondu aux juges de la chambre régionale des comptes.
Mantes-la-Jolie (Yvelines). Michel Vialay (à droite) a répondu aux juges de la chambre régionale des comptes. LP/Mehdi Gherdane

Si pendant son mandat de maire de Mantes-la-Jolie (Yvelines), il a réussi à faire reculer la dette, Michel Vialay n'a pas eu la même rigueur sur ses frais de bouche. C'est du moins ce qu'estiment les magistrats de la cour régionale des comptes dans leur dernier rapport. Quelques-unes des 123 pages consacrées à l'ancien maire (LR) de la ville, devenu député en 2017, pointent du doigt son fonctionnement.

Près de 25 000 euros de notes de restaurant en un an et demi

Entre juin 2014 et décembre 2014, l'élu a ainsi dîné à 63 reprises au restaurant pour une somme de 10 477 euros. Il a aussi acheté pour 460 euros de vin en grande surface. En 2015, il a fréquenté les restaurants à 100 reprises pour une note de 14 602 euros.

Les juges notent aussi pour 1500 euros d'achats de cravates ou de carrés Hermès. Les frais de représentation des années 2016 et 2017 font sensiblement état des mêmes dépenses avec notamment un repas pour deux personnes dans un hôtel 5 étoiles à Paris facturé 168 euros ou 1600 euros de vin dépensés dans une foire aux vins.

En décembre, « un repas constitué de langoustes pris à Dakar » ( Sénégal ) dans le cadre de la coopération décentralisée, pour 301,85 euros, interpelle les juges. « D'autres dépenses comptabilisées en frais de représentation du maire sont insolites : fromages, fruits et légumes, chocolats, lampadaire », peut-on également lire.

Pour les magistrats, guère convaincus qu'elles aient un lien avec l'intérêt de la commune, ces dépenses sont entachées d'une irrégularité manifeste. Celles effectuées les deux premières années révèlent un « triple manquement » : « absence de délibération, de crédits et imputation comptable irrégulière ».

Des dépenses «dans l'intérêt de la commune», estime Michel Vialay

Pour sa défense, Michel Vialay met en avant les impératifs de sa fonction d'alors. Le restaurant est aussi le lieu où se nouent des collaborations, des partenariats et où s'entretiennent des relations avec les homologues. « Ces dépenses ont été engagées dans l'intérêt de la commune et ne peuvent être qualifiées de frais indûment perçus », répond-il aux juges.

L'élu explique en outre que les produits de luxe ont été offerts à sa cheffe de cabinet, au président d'honneur de l'association sportive mantaise et au président du Sénégal. Enfin, les achats de vin répondaient à une « logique managériale » avec ses collaborateurs, ajoute Michel Vialay, que la chambre enjoint à rembourser les sommes.

Lors du dernier conseil municipal, Marc Jammet, chef de file des communistes, a dénoncé « un fonctionnement anormal et immoral. »