Des produits ménagers sains, écolos, à faire chez soi et inventés à Versailles

Made in France, « Merlin, le prêt à frotter écologique » se présente sous forme de sachet contenant des principes actifs en poudre, à diluer chez soi dans un flacon d’eau. Un concept en lice dans le concours de la Fabrique Aviva, qui s’achève mardi.

 Versailles. Habitant de la cité royale, Maxime Giroud a créé les produits ménagers faits à partir de quatre ingrédients, sans risque sur la santé et non toxique pour l’environnement.
Versailles. Habitant de la cité royale, Maxime Giroud a créé les produits ménagers faits à partir de quatre ingrédients, sans risque sur la santé et non toxique pour l’environnement.  LP/Virginie Wéber

« On marche un peu sur la tête car la plupart des produits ménagers contiennent plus de 90 % d'eau », s'insurge Maxime Giroud. Ancien salarié en marketing chez Nestlé, cet habitant de Versailles (Yvelines) a mis au point, avec seulement quatre ingrédients, des produits ménagers à diluer chez soi, écologiques et sans risque pour la santé. Il suffit de deux cuillères à café de principes actifs mélangés à 500 millilitres d'eau, de secouer et le tour est joué.

Si sa marque « Merlin » n'est pas encore distribuée dans le commerce, l'entrepreneur essaye de développer son business en participant au concours de la Fabrique Aviva, dont la première phase s'achève ce mardi. Objectif : se hisser dans le trio de tête pour récolter 60 000 euros. Avec plus de 16 000 votes collectés ce jour, son projet arrive bon premier.

Un volontariat en Haïti, « le déclencheur »

« Quel est le sens de se dire que je vais acheter un flacon avec de l'eau dedans, autant acheter directement les principes actifs, ajouter de l'eau chez soi et réutiliser un contenant », réagit ce natif de la cité royale. C'est en partant de cette réflexion que naît le concept de produits d'entretien engagés. De cela, et d'un volontariat en Haïti.

En 2018, le père de famille quitte son appartement et son boulot, après douze ans passés dans la même entreprise, pour vivre un an et demi avec sa femme et ses enfants sur l'île la plus pauvre des Caraïbes, dévastée par l'ouragan Matthew deux ans plus tôt. « Ça a été le déclencheur, se souvient-il. La vie simple que nous avons vécue là-bas, car les gens n'ont pas grand-chose, nous a incité à nous poser des questions sur notre mode de vie. » En ligne de mire, la gestion des déchets.

Une alternative entre l'industriel et les matières brutes

« Ici, on les jette en bas de chez nous et ils disparaissent immédiatement, comme pas magie. Là-bas, il n'y a pas ça, chaque déchet est un problème, il devient votre problème, raconte ce papa de quatre enfants. Forcément, notre rapport à la consommation est différent car on est obligé de réfléchir à deux fois quand on achète une bouteille en verre, une canette de bière, un flacon en plastique. On se demande ce qu'on va en faire après, comment on va pouvoir les réutiliser. »

LP/V.W.
LP/V.W.  

De retour en France, le jeune entrepreneur se lance dans sa nouvelle aventure, celle des produits ménagers, en gardant l'idée que « ça ne doit pas faire de mal à la terre et ça ne doit pas faire de mal aux utilisateurs ». « J'ai voulu développer une alternative entre les produits industriels, qui manquent de transparence, et l'utilisation de matières brutes, qui manquent parfois d'efficacité », réagit Maxime Giroud.

Des produits naturels, made in France

Il établit un cahier des charges en optant pour le local. Ça doit être fabriqué en France avec le moins d'ingrédients possibles et provenant de l'hexagone, ne présenter aucun risque pour la santé et ne pas être toxique pour l'environnement. « C'est important car je suis redevable d'un consommateur qui va ensuite m'interroger », souligne-t-il.

Sa formule dégraissante pour la cuisine contient seulement quatre ingrédients : un tensioactif fait en Champagne à base de résidus de blé, maïs et bois, du carbonate de sodium à base de craie et de sel fait dans l'est de la France, des huiles essentielles de sauge et de romarin provenant d'Aix en Provence et du citrate de sodium à base de résidus de betterave et de canne à sucre acheté en France.

Un sachet, six mois de ménage

« Ce dernier est le seul que je fabrique en Belgique car je n'ai trouvé aucune usine française », regrette le Versaillais de 37 ans, qui a également développé une formule détartrante pour la salle de bains. Le « made in France » est poussé jusque dans les contenants car le sachet est usiné dans le Nord et les flacons en Bourgogne Franche-Comté.

« Je voulais utiliser un sachet en papier mais ce n'était pas possible en raison des actifs de la poudre. J'ai été obligé de prendre du plastique recyclé », confie Maxime Giroud qui fait appel à un établissement d'aide et service d'aide par le travail (ESAT) pour assembler le produit fini.

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L'impact sur l'environnement pourrait être considérablement réduit car un sachet de 30 grammes permet de générer dix flacons, ce qui équivaut à six mois d'entretien. Ainsi, un utilisateur aurait acheté en un an, deux sachets en plastique recyclé pour entretenir son intérieur. L'entrepreneur espère vendre son produit 20 euros.

Une campagne de financement participative va être lancée mercredi sur Ulule, l'occasion d'essayer le produit à moindre coût.

UNE POUBELLE INTELLIGENTE AUSSI EN LICE

Dans les Yvelines, un autre projet dépasse la barre des 10 000 votes au concours de la Fabrique Aviva, c'est la poubelle intelligente « Mister Bin ». Développée au Chesnay, cette solution connectée a pour objectif d'intégrer l'intérieur de chaque habitation pour améliorer le processus de recyclage dès son origine.

« Cette poubelle innovante et ludique reconnaît, trie, compresse et contrôle le niveau de remplissage des déchets automatiquement, pour un recyclage sept fois plus efficace avec un coût trois fois moins important », souligne les concepteurs, Valentin Violleau et Romain Pellat.