Des flashs UV plutôt que des pesticides pour protéger les vignes contre les champignons

Diffuser de la lumière sur les vignes pour éloigner les champignons. C’est le concept de l’entreprise UV Boosting, qui vient de bénéficier du fonds de relance de la région Ile-de-France et a choisi Saint-Nom-la-Bretêche dans les Yvelines pour installer sa première usine.

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 Illustration. Les panneaux sont fixés sur le tracteur et le vigneron passe sur les pieds de vigne entre avril et juillet.
Illustration. Les panneaux sont fixés sur le tracteur et le vigneron passe sur les pieds de vigne entre avril et juillet. DR

Une alternative aux pesticides pour les vignerons : c'est ce que fabrique l'entreprise UV Boosting dans sa nouvelle usine de Saint-Nom-la-Bretêche. Cette dernière vient de bénéficier du fonds de relance de la région Ile-de-France pour l'aider à commercialiser son concept : diffuser des UV directement sur les vignes pour les protéger des champignons. La lumière, qui est un fongicide naturel, stimule les plantes et l'aide à renforcer leurs défenses immunitaires.

Créé en 2017, l'entreprise a reçu une aide de 240 000 euros pour installer son usine dans cette commune au cœur des Yvelines. Au départ installé à Avignon (Vaucluse), le directeur de la start-up, Baptiste Rouesné, a choisi ce site pour son aménagement.

« Grâce à la serre, nous pouvons faire des essais sur la vigne et fabriquer les panneaux juste à côté dans l'atelier sur 1 000 mètres carrés. » À côté de la ferme horticole de Théard, la start-up a préféré « un lieu entouré de champs plutôt qu'un bureau parisien ».

À terme, ne plus avoir recours aux pesticides

Ni agronome ni ingénieur, Baptiste Rouesné a rejoint l'équipe d'UV Boosting, co-fondée par la start-up studio Technofounders et deux chercheurs de l'université d'Avignon. L'équipe d'une quinzaine de personnes a baptisé le nom de cette machine unique en son genre Hélios.

Saint-Nom-la-Bretèche, mardi. Dans la serre, les ingénieurs testent différentes modalités de flashs UV. LP/J.C.
Saint-Nom-la-Bretèche, mardi. Dans la serre, les ingénieurs testent différentes modalités de flashs UV. LP/J.C.  

Dans la serre, l'équipe teste différentes modalités de flashs UV sur les dizaines de variétés de vignes. C'est parce que « les cépages peuvent être plus ou moins résistants, ici on affine nos procédés » explique Baptiste Rouesné. Pour l'instant, cette méthode permet de réduire de moitié le recours aux pesticides mais à terme, l'objectif est de s'en passer intégralement.

« Très simple d'utilisation », les panneaux sont fixés sur le tracteur qui roule au pas et le vigneron passe sur les pieds de vigne entre avril et juillet. Celui-ci doit répéter l'opération huit à dix fois dans l'année.

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Des ventes jusqu'en Afrique du Sud D'un coût de 36 000 à 54 000 euros, les machines sont dotées de deux ou quatre panneaux. L'an dernier, l'entreprise a vendu douze engins à des professionnels en Champagne, en Bourgogne et même… en Afrique du Sud. « Nous voulons nous développer à l'international, actuellement nous démarchons des professionnels en Espagne et en Italie », indique le directeur.

«Grâce à la serre, nous pouvons faire des essais sur la vigne», explique Baptiste Rouesné.LP/J.C.
«Grâce à la serre, nous pouvons faire des essais sur la vigne», explique Baptiste Rouesné.LP/J.C.  

Ce dernier pense aussi à mettre ces machines en location afin de réduire le coût à destination des plus petits producteurs. Petits comme grands, il constate que l'ensemble des vignerons sont plutôt curieux lorsque l'on propose une solution sans pesticides.

Selon un producteur, «c'est une approche nouvelle»

Comme Michel Jacob, un producteur de champagne situé à Avirey-Lingey (Aube). En conversion bio, le viticulteur qui recherchait des méthodes alternatives aux produits phytosanitaires a acheté l'an dernier quatre panneaux pour ses 17 hectares de vignes.

« Plus que satisfait » des résultats obtenus, il en a racheté quatre en début d'année. « Il ne restait presque plus de champignons sur les vignes, c'est une approche nouvelle qui permet d'accéder à une viticulture bio sûre » estime-t-il.

Pour financer l'achat de ses appareils, Michel Jacob a pu bénéficier de plusieurs aides, notamment le crédit d'impôt recherches qui lui a fourni 50 % de la somme. « En plus, on peut trouver des subventions locales du département ou de la région, le coût est grandement diminué », précise-t-il.

Cette année, l'entreprise UV Boosting devrait vendre une quinzaine d'appareils et pour assurer son développement, Baptiste Rouesné prévoit de recruter des ingénieurs et commerciaux. L'entreprise qui fait également des essais sur les fraisiers compte d'ici quelque temps proposer des solutions pour les pommiers.