Covid-19 : à Versailles-Saint-Quentin, les étudiants viennent une semaine sur deux

Pas d’amphis bondés dans cette université de 18 000 élèves des Yvelines. L’administration a adopté un fonctionnement en rotation par demi-groupes pour respecter les règles sanitaires. Les cours se font en présentiel et à distance.

 Guyancourt, vendredi 25 septembre 2020 : Salomé et Alice se disent satisfaites de l’organisation de cette rentrée à la fac de Versailles - Saint-Quentin.
Guyancourt, vendredi 25 septembre 2020 : Salomé et Alice se disent satisfaites de l’organisation de cette rentrée à la fac de Versailles - Saint-Quentin. LP/Jeanne Cassard

Loin des images d'amphis bondés qu'on a pu voir à la fac de Créteil (Val-de-Marne), à l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines des dispositions ont été prises pour respecter les mesures de distanciation sociale.

La majorité des 18 000 étudiants ont fait leur rentrée lundi 14 septembre et tous démarrent aujourd'hui les travaux dirigés (TD). Depuis deux semaines déjà, l'administration a mis en place une série de mesures pour faire respecter les règles de distanciation sociale.

Une reprise des cours « la plus normale possible »

« Pour réduire par deux le nombre de personnes sur le campus, nous avons choisi d'alterner les cours présentiels et à distance », explique Étienne Dages-Desgranges, le directeur de la communication de l'établissement. Une reprise des cours « la plus normale possible » comme le préconisait la circulaire du ministère de l'Education supérieure, publiée le 6 août dernier.

Partagés en demi-groupes, les étudiants viennent à la fac une semaine sur deux. Ainsi lorsque la moitié d'une promotion assiste à un cours en présentiel, l'autre moitié suit ce même cours à distance via la plateforme Zoom. Pour permettre la captation vidéo des cours, la fac a investi 750 000 euros en matériel informatique et numérique.

Depuis le début du confinement, les étudiants qui ne disposaient pas d'ordinateurs ont pu en récupérer à moindre coût. « Toutes les demandes ont été accueillies, 132 personnes ont été aidées. Des bornes de gel hydroalcoolique ont été placées un peu partout sur le campus, en cours, la règle d'une place sur deux est de rigueur et le port du masque est évidemment obligatoire partout », énumère Étienne Dages-Desgranges.

Priorité aux premières années

Pour rassurer les nouveaux étudiants, la priorité a été donnée aux premières années : « la majorité des cours et des amphis est assurée pour les L 1, ce sont des jeunes qui découvrent l'université et qui n'ont pas eu cours pendant six mois en terminale ».

Guyancourt, vendredi 25 septembre 2020 : gel hydroalcoolique, masques et distanciation sociale sont de rigueur à l’UVSQ depuis la rentrée. LP/Jeanne Cassard
Guyancourt, vendredi 25 septembre 2020 : gel hydroalcoolique, masques et distanciation sociale sont de rigueur à l’UVSQ depuis la rentrée. LP/Jeanne Cassard  

En outre, l'organisation de la bibliothèque universitaire a été modifiée, il est désormais obligatoire de réserver sa place sur le site de la fac faute de quoi l'entrée sera refusée.

Plusieurs distributions de masques

Bien que les universités ne soient pas tenues de donner des masques aux étudiants, l'administration en train d'en distribuer 19 000. « Cela peut représenter un coût important pour le budget de certains jeunes, ici il suffit de montrer sa carte d'étudiant et chacun peut disposer d'un masque en tissu lavable jusqu'à 100 fois », précise Étienne Dages-Desgranges.

De son côté, l'union des étudiants des Yvelines a acheté 1500 masques en tissu qui ont été remis aux étudiants sans condition.

Des mesures plutôt bien accueillies par la plupart des jeunes rencontrés sur le campus. « Ça fonctionne plutôt bien, ici il y a plus de place et nous sommes moins nombreux que dans les facs parisiennes », assurent Salomé et Alice, étudiantes en master d'études culturelles.

Même constat du côté de Camille, étudiante en troisième année de droit : « J'étais un peu stressée avant la rentrée, je me demandais comment on allait pouvoir respecter les règles de distanciation sociale mais finalement tout le monde y met du sien ». Seul petit bémol, l'organisation à la bibliothèque universitaire où les places sont attribuées. « La dernière fois, je me suis retrouvée au département sciences humaines, j'ai dû faire des allées et retours pour chercher des livres de droit. »

Plus aucune soirée étudiante jusqu’à nouvel ordre

Pour la première fois cette année, il n’y aura pas de week-end d’intégration. Evénement incontournable pour les nouvelles recrues, c’est surtout un moment à risque en pleine crise sanitaire.

Pour pouvoir tisser des liens lors des premières semaines, l’association READ (Rassemblement d’étudiants de la double licence anglais/droit) a tout de même organisé à la mi-septembre quelques after-works dans un bar situé à Versailles. Ces soirées, qui n’ont finalement pas été reconduites, ont rassemblé une trentaine de personnes. Plusieurs enseignants avaient conseillé aux étudiants de ne pas s’y rendre.

« Au fur et à mesure de la reprise de l’épidémie, nous avons pris la décision d’arrêter », indique Eliot. Ce membre de l’association étudiante « ne veut pas mettre en danger la sécurité des personnes ».

Dorénavant, l’association s’en tient à des petits événements comme des bourses aux livres où les étudiants peuvent trouver des manuels d’occasions. « Bien sûr, ce n’est pas drôle, les soirées d’intégration, c’est un rituel à la fac », estime le jeune homme de deuxième année. Selon lui, « il va falloir être inventif pour ne pas laisser mourir les associations ».

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