A Saint-Germain-en-Laye, des riverains excédés par les fêtes du fils de George Weah

Interpellé dans la nuit de lundi à mardi pour avoir participé à une soirée clandestine à Paris, George Weah Junior, le fils du président du Liberia, est semble-t-il bien connu de ses voisins pour ses nombreuses fêtes chez lui depuis le premier confinement.

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 Saint-Germain-en-Laye. Plusieurs riverains se plaignent des soirées bruyantes du fils du président George Weah qui se tiendraient depuis le premier confinement.
Saint-Germain-en-Laye. Plusieurs riverains se plaignent des soirées bruyantes du fils du président George Weah qui se tiendraient depuis le premier confinement. DR

Champagne, jacuzzi, musique à fond, ballons de baudruche et sniffes de protoxyde d'azote, un gaz hilarant. Selon nos informations, George Weah Junior ne s'est pas contenté de participer à une soirée clandestine dans un appartement à Paris loué sur Airbnb il y a deux jours, faits pour lesquels il a été interpellé. Le fils aîné de « Mister G » — George Weah, ex-joueur vedette du PSG sacré ballon d'or 1995 et actuel président du Liberia — est un fêtard impénitent qui sait aussi recevoir ses amis.

Selon nos informations, les meilleures fêtes clandestines de George Weah Junior, 33 ans, se déroulent dans son appartement de 120 mètres carrés avec une grande terrasse de 50 mètres carrés, loué environ 3500 euros par mois au plein cœur du quartier Pereire, un coin huppé de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines)… Qu'importent le couvre-feu et les confinements successifs : à chaque fois que la police passe, George Weah Junior aurait l'habitude d'exhiber son passeport diplomatique, selon plusieurs sources policières.

Des cadavres de Ruinart sur le trottoir

Alors, forcément, mardi, la nouvelle de son interpellation à Paris s'est répandue à grande vitesse dans le quartier yvelinois. « Ici, il fait pareil tout le temps, il n'est jamais inquiété, s'indignent plusieurs de ses voisins. A chaque fois que la police passe pour du tapage, il dégaine son passeport diplomatique. » Une situation inextricable, confirmée par plusieurs sources policières et qui durerait depuis longtemps, selon les vidéos et les témoignages que nous avons recueillis.

Tout le voisinage s'accorde : « George se lève à 15-16 heures, ouvre ses volets et commence la journée en mettant la musique à fond. » Puis vient la nuit : « La musique, du boum-boum avec des filles et du champagne », dépeignent les riverains excédés. S'ensuivent « des hurlements », « des cris et injures » proférés par des « gens ivres et grossiers qui rient très fort sans se soucier du sommeil de ceux qui travaillent ». Au petit matin, « place aux cadavres de bouteilles de Ruinart sur le trottoir ».

Des invités «patibulaires», des filles «différentes chaque week-end»

Tous se disent « épuisés » par « l'ambiance de boîte de nuit » qui règne depuis le premier confinement chez George Weah Junior. L'un des riverains a installé du triple vitrage dans sa chambre à coucher, « mais c'est insuffisant », peste-t-il. Découragé, il s'est donc décidé à entamer des démarches pour déménager « deux cents mètres plus loin ».

Un autre se dit « terrorisé » par les invités : « Des gens violents », « patibulaires ». Il se dit aussi impressionné par « l'énorme influence de sa famille » mais est malgré tout passé à l'action, à coups de main courante et de vidéos des agapes.

Sur ces bandes, on entend et l'on voit bel et bien des invités ivres s'invectiver sur la terrasse au beau milieu de la nuit avant de rire à gorge déployée. Le bruit des éclats de voix se mêle à celui des enceintes, dont le volume est poussé au maximum. On distingue aussi les rayons d'un stroboscope de discothèque.

« A certains moments, la fête bat son plein mais on a l'impression qu'il n'est pas là, qu'il laisse les clés de son appartement à des amis », croit savoir une voisine. Chez les mères de famille des environs, c'est le look des jeunes femmes invitées qui choque le plus : « Nos enfants voient des filles différentes chaque week-end débouler au beau milieu de la nuit. Elles repartent au petit matin dans un drôle d'état. »

«Tout le monde a mon contact si je fais trop de bruit»

Certains s'étonnent encore de la différence entre « les manières raffinées de ce beau garçon », qui s'excuse par mail le jour et signe « your friendly neighbor George » (votre sympathique voisin George) tout en continuant à faire la fête.

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L'intéressé se défend bec et ongles : « Oui, je fais des choses chez moi comme tout le monde, et comme tout le monde, je paye des amendes. Je n'ai pas 60 ans et ne filme pas mes voisins quand ils font des barbecues. » D'ailleurs, dit-il : « Tout le monde a mon contact si je fais trop de bruit. »

Le défilé des filles au milieu de la nuit? « Où sont les preuves? Je suis fils de président, avec une image à protéger […] ce n'est pas possible, et j'ai une copine. » Les ballons de protoxyde d'azote consommés par ses invités sur la terrasse? « Ce n'est pas moi. »

«On ne peut pas tolérer ce genre de chose»

Contacté, le maire (DVD) de Saint-Germain-en-Laye, Arnaud Péricard, s'agace : « Il y a encore eu une difficulté vendredi soir, révèle-t-il. Mais comme à chaque fois, ce monsieur exhibe son immunité diplomatique aux policiers qui ne veulent pas aller plus loin. Immunité ou pas, on ne peut pas tolérer ce genre de chose. »

Dans son entourage, il se murmure que le maire serait sur le point de « solliciter Nicolas Sarkozy, fin connaisseur du Paris-Saint-Germain et plus à même de débloquer cette situation délicate par d'autres canaux. »

En attendant, George Weah Junior doit se présenter ce jeudi devant la justice. Il y sera question de la fête clandestine parisienne et de vérifier l'étendue de son immunité diplomatique, car si l'ambassade du Liberia la confirme, le Quai d'Orsay n'a en revanche pas répondu à nos sollicitations.