A Chanteloup-les-Vignes, pour lutter contre la prolifération des chats errants… on les stérilise

Durant deux jours, la ville a lancé une campagne de stérilisation de ces félins en partenariat avec une association de protection des animaux. Pour leur bien-être et pour des questions de santé publique.

 Chanteloup-les-Vignes, ce mercredi. Environ 250 chats errent dans le quartier de la Noé à Chanteloup-les-Vignes.
Chanteloup-les-Vignes, ce mercredi. Environ 250 chats errent dans le quartier de la Noé à Chanteloup-les-Vignes. LP/Jeanne Cassard

À peine les trappes posées, les effluves des morceaux de thon se répandent et deux petits chats noirs arrivent en se léchant les babines. Prudents, ils veillent à ne pas poser la patte à l'endroit où s'actionne le piège. Mais la porte finit par se refermer et en voilà un qui reste coincé.

Comme eux, environ 250 chats errent dans le quartier de la Noé à Chanteloup-les-Vignes. Pour réduire leur prolifération, la mairie a lancé ce mardi une campagne de stérilisation. Durant cette expérimentation de deux jours, dix chats seront pris en charge. D'ici le 31 décembre, l'association agissant en partenariat avec la municipalité, reviendra régulièrement et 70 félins auront été identifiés et stérilisés.

Une problématique de santé publique

« Ici les chats font partie du décor, ils ont toujours été nombreux dans ce quartier mais le confinement n'a fait qu'empirer les choses », explique Sophie Chergui, la conseillère municipale déléguée à la transition écologique. En effet pendant plusieurs semaines, les associations n'ont pas pu stériliser autant d'animaux qu'habituellement.

Alertée par des habitants émus de leur triste sort, l'élue estime que « cela pose des problèmes de santé publique et de bien être animal ». Au-delà des poubelles éventrées et de l'odeur d'urine très forte, les chats peuvent être porteurs de maladies comme le typhus. Et à raison de trois portées de quatre chatons par an, les chiffres peuvent vite donner le vertige. « Si l'on ne fait rien, les habitants finissent par régler le problème par eux-mêmes », poursuit Sophie Chergui.

Aussi, un chat stérilisé est plus calme, ne dégage pas les mêmes odeurs et continue à chasser les rongeurs, « c'est gagnant-gagnant pour les riverains ».

Des associations débordées

Trouver une association pour s'occuper du trappage des chats n'a donc pas été une mince affaire. Toutes débordées par la tâche, l'élue a finalement contacté l'association les Folles des Bestioles, située à Seine-Port en Seine-et-Marne.

Chanteloup-les-Vignes, ce mercredi. En quelques minutes, un chat est resté piégé dans la trappe. LP/Jeanne Cassard
Chanteloup-les-Vignes, ce mercredi. En quelques minutes, un chat est resté piégé dans la trappe. LP/Jeanne Cassard  

« La prolifération de chats est un problème assez commun pour les communes mais c'est rare qu'une municipalité accepte de financer la stérilisation », indique Julie Verheyde, la présidente de l'association. Auxiliaire vétérinaire, la trentenaire qui est également volontaire à la SPA depuis ses 14 ans a décidé de créer Les folles bestioles il y a un et demi.

La veille, Julie et les autres bénévoles de la structure ont saisi cinq chats dans le quartier. « C'est facile de les attraper, ils sont très nombreux ! Et puis ils ne résistent pas longtemps aux morceaux de thon. »

Un chaton âgé de six semaines a également été récupéré. Baptisé Miss Teigne à l'instar de la chatte du concierge de Poudlard dans la saga Harry Potter, l'animal était en train de mourir. « Il a été hospitalisé pendant une semaine, là il va beaucoup mieux », sourit Julie.

Très peu de vétérinaires acceptent ce genre d'opération

Contrairement aux chats errants, trop sauvages pour être adoptés, les chatons peuvent être recueillis par des familles. Selon la jeune femme, « entre le manque de nourriture, les maladies, le risque de se faire écraser par une voiture, les chats errants atteignent rarement plus de trois ans ».

Chanteloup-les-Vignes, ce mercredi. Julie Verheyde a recueilli Miss Teigne, un chaton de six mois qui pourra se faire adopter. LP/Jeanne Cassard
Chanteloup-les-Vignes, ce mercredi. Julie Verheyde a recueilli Miss Teigne, un chaton de six mois qui pourra se faire adopter. LP/Jeanne Cassard  

Une fois attrapés, les chats sont gardés pour la nuit et les femelles sont emmenées en priorité chez le vétérinaire le lendemain. Là encore, trouver un professionnel n'a pas été aisé. « Très peu acceptent ce genre d'opérations, ça ne leur rapporte rien et ils doivent fermer leur cabinet pendant une journée entière afin de ne pas contaminer les autres animaux », raconte-t-elle.

L'opération terminée, les chats sont vermifugés puis relâchés. Les bénévoles reviendront les voir tous les quinze jours.

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Le suivi des animaux sera également assuré par l'association 30 millions d'amis qui a financé en partie le projet. « Stériliser 70 chats coûte 5 000 euros, la municipalité contribue pour la moitié et 30 millions d'amis le reste », précise Sophie Chergui. Grâce à l'opération, les félins auront le statut de chat libre et seront la propriété de l'association qui fera un suivi des animaux.

À la différence du chat errant, le chat libre est identifié au nom de la commune où il vit ou au nom de l'association qui les a fait identifier. Si un chat libre se fait embarquer par la fourrière, leur tatouage ou leur puce électronique permettra tout de suite de savoir qu'ils ont bien été identifiés et stérilisés. Ils pourront donc être relâchés sur leur territoire. Il y a quelques jours, le député (LREM) Loïc Dombreval a déposé une proposition de loi visant à rendre obligatoire la stérilisation des chats libres.