4G/5G : à Saint-Germain-en-Laye, inquiétudes autour de l’installation de… six antennes

Le chantier doit commencer en mars sur le toit du bâtiment d’entreprises Green Ouest. Des riverains ont déposé un recours contentieux au tribunal administratif de Versailles.

 Illustration. Plusieurs antennes 4G et 5G doivent être positionnées par l’opérateur Orange sur le toit du bâtiment d’entreprises Green Ouest, situé 2 rue George-Sand, à Fourqueux.
Illustration. Plusieurs antennes 4G et 5G doivent être positionnées par l’opérateur Orange sur le toit du bâtiment d’entreprises Green Ouest, situé 2 rue George-Sand, à Fourqueux. LP/Julien Duffé.

Bluetooth, wi-fi, objets connectés, les radiofréquences ont tellement investi notre quotidien que le déploiement des antennes nouvelle génération est devenu un véritable enjeu stratégique pour les opérateurs de téléphonie mobile.

Dans les Yvelines, des habitants de l'ancienne commune de Fourqueux, qui a intégré Saint-Germain-en-Laye en 2019, ont porté un recours contentieux au tribunal administratif de Versailles à propos de l'installation de six antennes 4G et 5G. Le chantier doit débuter en mars, à seulement 40 m à vol d'oiseau d'une micro-crèche.

Le panneau attaché au grillage du parc d'entreprises est très clair : « Installation d'une station relais de téléphonie mobile ». Située à 54 m de la première habitation et 250 m de l'école maternelle, la construction de ces antennes sur le toit de Green Ouest suscite l'inquiétude des riverains. Car ce projet doit voir le jour dans une zone pavillonnaire, à également 200 m de la résidence la mare Griseau à Mareil-Marly.

Près de 70 personnes s’étaient mobilisées à l’époque à Gargenville contre le projet d’antenne 5G./LP/Virginie Wéber.
Près de 70 personnes s’étaient mobilisées à l’époque à Gargenville contre le projet d’antenne 5G./LP/Virginie Wéber.  

Les riverains se sentent pris de court

« Ce qui a motivé ma démarche, c'est qu'on n'a jamais été informé, regrette Bénédicte Bellamy, l'une des riveraines à l'origine du collectif Stop Antennes Fourqueux. Un point de vue partagé par l'une des habitantes du quartier. « On est mis devant le fait accompli, c'est ça qui est irritant », souffle Chantal Buron. Aujourd'hui, le collectif recense soixante-dix personnes et vient de collecter plus de 4 000 € pour couvrir les frais de justice.

Il a également reçu le soutien de l'association Fourqueux Citoyen, qui avait manifesté son désaccord pour la fusion des communes. « On n'est pas dans une opposition systématique aux antennes, on connaît leur utilité, on sait qu'on en a besoin, mais ce projet prend forme à côté d'une crèche et pas très loin d'une école primaire, réagit le président Bernard Monteil. On aurait apprécié que la mairie montre une certaine précaution avant la publication du rapport de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses). »

Une orientation qui a été prise à Limay en décembre dernier quand le conseil municipal a voté un moratoire pour suspendre l'arrivée de la cinquième génération de réseaux mobiles. Un an plus tôt, Gargenville était revenue sur l'autorisation d'implantation d'une antenne 5G, après une mobilisation générale.

Une nécessité pour le développement économique

L'Anses doit rendre une expertise finale sur la 5G, avant la fin du mois de mars. Ce travail très attendu fait suite à « un rapport préliminaire qui détermine les bases de ses travaux d'expertise mettant notamment en évidence un manque de données scientifiques sur les effets biologiques et sanitaires potentiels liés à l'exposition aux fréquences autour de 3,5 GHz », note le ministère des Solidarités et de la Santé.

Si la mairie de Saint-Germain-en-Laye « entend l'inquiétude des gens », elle assure que « Fourqueux n'est pas une zone de repli pour coller tout ce qu'on veut ».

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« On s'aperçoit que si notre ville veut se développer, il nous faut une bonne couverture et ça nécessite aussi l'installation d'antennes dans le centre-ville, ajoute Marillys Macé, adjointe (LREM) chargée de l'urbanisme et des bâtiments. Le déploiement des antennes doit répondre à plusieurs enjeux comme le développement économique de la ville, l'enseignement à distance et le télétravail. »

Apporter du débit dans les cœurs de ville

Pour autant, la commune n'a pas démarché d'opérateur pour lancer la nouvelle installation. C'est une initiative d'Orange qui préfère toutefois rester discret sur les prochains déploiements à venir à l'échelle du département.

« Orange a choisi de déployer la 5G, là où cela fait du sens pour ses clients, fait savoir l'opérateur. Nous allons couvrir en priorité les cœurs de ville, afin d'apporter plus de capacité dans des zones déjà fortement sollicitées et afin d'éviter tout risque de saturation et apporter des débits supérieurs (3 à 4 fois aujourd'hui, 10 fois à terme) ainsi que sur certains sites industriels. »

Une chose est sûre, le déploiement des antennes relais n'est pas près de s'arrêter, bien au contraire. D'après une étude du cabinet Tactis, les opérateurs devraient déployer 30 % de sites supplémentaires, en zone périurbaine, pour proposer un niveau de service 5G équivalent à la 4G. Le nombre d'antennes nécessaires à la couverture 5G du territoire est ainsi fixée à 10 500 d'ici à 2025 par l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep).