24 000 milles sur les mers : Louis Burton, le skipper de Rambouillet, à l’assaut du Vendée Globe

Dimanche, le skipper originaire de la région de Rambouillet (Yvelines) s’est élancé des Sables-d’Olonne pour la course en solitaire autour du monde sur le bateau Bureau Vallée 2.

 A 35 ans, Louis Burton s’est élancé dimanche pour sa troisième participation au Vendée Globe.
A 35 ans, Louis Burton s’est élancé dimanche pour sa troisième participation au Vendée Globe. Vincent Curutchet

Voilà Louis Burton de nouveau prêt à en découdre avec la plus célèbre des courses au large. Ce dimanche, le skipper de 35 ans, originaire des Yvelines, s'est élancé des Sables-d'Olonne (Vendée) pour l'édition 2020-2021 du Vendée Globe.

Il s'agira de la troisième participation à cette course en solitaire autour du monde (44 996,2 kilomètres, soit 24 296 milles), pour celui qui a grandi à La Celle-les-Bordes et effectué toute sa scolarité à Rambouillet. A bord de son voilier « Bureau Vallée 2 », l'ex « Banque Populaire VIII », bateau vainqueur de la précédente édition en 2016 avec Armel Le Cléac'h, le jeune navigateur n'est pas là pour faire de la figuration, malgré une année 2020 perturbée par l'épidémie de Covid-19.

24 000 milles sur les mers : Louis Burton, le skipper de Rambouillet,  à l’assaut du Vendée Globe

« L'idée est de faire mieux qu'il y a quatre ans. Se classer dans le top 5 serait idéal », annonce le trentenaire qui avait terminé septième. Et à écouter le directeur des opérations de Bureau Vallée, entreprise spécialisée dans les fournitures de bureau basées aux Clayes-sous-Bois et sponsor depuis dix ans de Burton, il y a toutes les raisons d'y croire. « Nous avons un bateau qui a déjà fait ses preuves, qui est robuste et rapide, liste Adrien Peyroles. Il allie le meilleur rapport entre performance et rapidité sur le papier. Après c'est le skipper qui fait le reste. »

Une préparation perturbée par la crise sanitaire

Mais comme pour les 32 autres participants de cette 9 e édition du Vendée Globe, Louis Burton a dû composer avec le coronavirus et son confinement, loin d'être idéal avant d'aborder d'un tour de monde. « C'était une situation assez ambivalente, explique ce dernier. D'un côté, on est contents de pouvoir se retrouver en famille mais de l'autre c'est assez stressant en ce qui concerne la préparation du bateau. On aurait pu le mettre à l'eau plus tôt mais cette année nous avons pris deux mois de retard. »

Les Sables d’Olonne (Vendée), le 21 octobre. Bureau Vallée 2, le bateau sur lequel Louis Burton a pris le départ du Vendée Globe 2020 ce dimanche. LP/Laurent Mansart
Les Sables d’Olonne (Vendée), le 21 octobre. Bureau Vallée 2, le bateau sur lequel Louis Burton a pris le départ du Vendée Globe 2020 ce dimanche. LP/Laurent Mansart  

D'autant plus, qu'avant de s'isoler dans leur embarcation pendant au moins deux mois, les skippers ont dû rester confinés une semaine avant le jour J. C'est donc depuis son domicile de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) que Louis Burton a dû superviser les dernières étapes de la préparation. « Mais je fais confiance à mon équipe qui fait du super boulot », souligne-t-il. Pour le reste, le voilier avec lequel il a l'avantage de naviguer depuis quatre ans « est prêt », confiait-il jeudi au téléphone. Dernière épreuve : un test PCR ce vendredi pour s'assurer qu'il ne part pas à l'aventure contaminé.

Un sportif «profondément gentil» et «engagé»

Il a désormais quitté la terre ferme. Et là encore, confinement oblige, l'ambiance n'était pas au bain de foule. Seule la famille était autorisée à accompagner le marin jusqu'au ponton. Mais pas « les potes », ces amis d'enfance qu'il a rejoints après le premier confinement pour des escapades à vélo en forêt de Rambouillet. « D'habitude, ils sont une quinzaine à venir pour me soutenir. Malgré tout, on s'appelle et ils m'encouragent beaucoup », relativise-t-il.

Aussi, il peut compter sur un sponsor qui a vu Louis Burton grandir. « Nous avons commencé avec le plus vieux bateau et le skipper le plus jeune, rappelle Adrien Peyroles. A l'époque, nous nous lancions dans le sponsoring et c'était avec les moyens du bord. Mais cela nous a donné envie de continuer avec ce petit gars des Yvelines. »

> Retrouvez le classement actualisé du Vendée Globe

Sa performance au dernier Vendée Globe a fini de conforter Bureau Vallée dans son choix. Le directeur des opérations salue un sportif « profondément gentil » et « engagé ». « Encore mardi, il faisait une visioconférence avec des écoliers pour leur parler du respect de la mer, explique ce dernier. Pour eux, c'est un aventurier. Pour nous, un sportif comme on en voit peu. »

VIDÉO. Vendée Globe : comment les marins organisent leur vie à bord

33 skippers à l’assaut de « L’Everest » des mers

Un nombre de skippers jamais égalé. Ce dimanche, à 13h02, 33 navigateurs se sont élancés pour la plus mythique des courses en solitaire autour du monde qui a lieu tous les quatre ans. Un départ privé de la clameur populaire qui fait le sel de cette compétition en raison de l’épidémie de Covid-19, du reconfinement et des mesures sanitaires. Il y a quatre ans, près de 350 000 spectateurs étaient venus y assister.

Comme à chaque édition, plusieurs objectifs pour les marins. Le premier ? Finir la course. A l’issue du dernier Vendée Globe, sur les 29 participants, seuls 18 avaient bouclé le tour du monde. Cette année, pour les plus ambitieux, il s’agira de battre le record établi par le tenant du titre, Armel Le Cléac'h, qui ne concourt pas, et franchir la ligne d’arrivée en moins de 74 jours, 3 heures, 35 minutes et 46 secondes.