VIDÉO. Rats, punaises de lit et périphérique : le calvaire sans fin des habitants de la cité «Python»

306 logements de cet ensemble situé dans le 20e arrondissement de Paris doivent être détruits, d’autres seront réhabilités jusqu’en 2026. Une attente invivable pour de nombreux locataires d’appartements insalubres.

Neuf années à entendre les souris gratter les murs, voir ramper les cafards dans la salle de bains et respirer l’air pollué du périphérique parisien. Comme de nombreux habitants de la cité « Python » encaissée aux frontières du XXe arrondissement de Paris, Faïma Deneche perd espoir d’être relogée mais continue à se battre. Depuis 2011, cette locataire des tours d’habitation les plus « pourries » de la capitale, alerte sur les conditions de vie dans la cité. Et si le 2 février, le Conseil de Paris a validé le coup d’envoi d’une reconfiguration complète de l’ensemble HLM étalée jusqu’en 2026, elle, réclame un départ dès 2021.

« Ma fenêtre donne sur le périphérique, mon fils est asthmatique et mon mari a des problèmes respiratoires », explique Faïma. « On ne peut plus vivre ici, d’ailleurs, il n’y a pas de vie ici », conclut-elle désespérée par une situation que de nombreuses familles partagent dans son immeuble. Car à la pollution aux particules fines vient s’ajouter l’humidité qui détériore les murs, les souris qui malgré les dératisations circulent toujours, mais surtout les punaises de lit qui piquent son fils Ilian sur tout le corps. « C’est sans fin, on a beau assainir, ouvrir la fenêtre, traiter les chambres avec du produit, laver tous les vêtements à 60 degrés, raconte Céline Yegen, voisine de Faïma. Elles reviennent à chaque fois ».

Selon le projet validé par le Conseil de Paris, 306 logements sur 628 vont être démolis à partir d’avril, pour un coût de 17,6 millions d’euros. Les barres d’immeuble installées au bord du boulevard périphérique disparaîtront les premières. « On attend toujours une proposition de relogement », s’insurge Betty Tenne, à l’initiative du collectif « Python-Duvernois en action » qui lutte pour améliorer les conditions de vie dans la cité. « C’est dangereux pour ma fille de rester ici, je ne veux pas qu’elle respire le périph’ jusqu’à ces 20 ans ». L’immeuble de Betty donne directement sur l’un des échangeurs routiers les plus fréquentés d’Europe, juste à côté de la porte de Bagnolet.

Selon la Mairie, 550 familles de « Python » sont en attente de relogement. Au rythme de neuf par mois, certaines devront patienter près de six ans. Alors que les premières discussions de réhabilitation ont débuté en 2008, la fin des travaux est prévue pour 2028. « C’est triste que des Français vivent dans ces conditions, résume Faïma. On paye notre loyer, on travaille pendant le confinement. On mérite mieux. »