VIDÉO. Les anticorps monoclonaux sont-ils un traitement d’avenir contre le coronavirus ?

Les Américains testent actuellement plusieurs médicaments à base d’anticorps monoclonaux. Des traitements qui s’ils sont utilisés au début de la maladie peuvent donner des résultats probants sur les malades.

En octobre dernier, Donald Trump était encore président des Etats-Unis et malade du Covid-19. Lors de son séjour à l’hôpital, le locataire de la Maison Blanche avait reçu un traitement expérimental à base d’anticorps monoclonaux. Une cure que Trump avait qualifiée de « bénédiction de Dieu » à sa sortie du centre médical militaire Walter Reed, où il avait été soigné.

Avant Dieu, ce sont des entreprises pharmaceutiques américaines qui se sont penchées au-dessus du lit d’hôpital du président. Peu après l’hospitalisation de Donald Trump, les autorités américaines ont autorisé en urgence l’arrivée sur le marché de deux traitements à base d’anticorps monoclonaux. L’un produit par Regeneron qui combine deux anticorps de synthèse, l’autre fabriqué par le laboratoire Lilly qui n’utilise qu’un anticorps. Ces anticorps, injectés en intraveineuse aux patients en train de développer la maladie, vont s’agripper au virus et l’empêcher de s’attacher aux cellules humaines et de les pénétrer. Résultat, la charge virale baisse rapidement et les patients à risque ne vont pas développer de formes graves de la maladie.

Grégory qui est diabétique a bénéficié de ce traitement dans un hôpital américain de l’Alabama : « J’avais la poitrine serrée, beaucoup de fièvre. Quand on m’a proposé de bénéficier de ce traitement expérimental, j’ai dit « oui » tout de suite. » Et selon notre témoin, les bénéfices de la perfusion d’anticorps monoclonaux ont été rapides « 96 heures après, je n’avais plus aucun symptôme. J’étais juste un peu fatigué ». Matthew Anserd, le docteur qui a soigné Grégory a traité 350 patients aux anticorps monoclonaux, croit en l’efficacité du remède : « Nous avons fait baisser le nombre d’hospitalisations. Sur les centaines de personnes que j’ai soigné avec ce traitement aucune n’est décédée du coronavirus ou n’a déclenché une réaction allergique » assure le praticien du Athens Limestone Hospital. « Je le conseillerai à mes parents » sourit le médecin.

Yves Coppieters, médecin épidémiologiste et professeur de Santé publique de l’ULB, voit dans les anticorps monoclonaux un espoir dans le traitement à grande échelle du coronavirus : « C’est une thérapeutique très prometteuse si elle est administrée très tôt dans la maladie. On peut imaginer le déployer dans les Ehpad à la moindre alerte ». Un traitement préventif qui combiné à la vaccination pourrait changer la donne : « Si nous avons un panel de traitements disponibles, avec notamment ces antiviraux, nous pourrons fondamentalement vivre avec le virus », assure le spécialiste.

En Europe, l’Agence européenne des médicaments n’a pas encore rendu son verdict concernant l’utilisation de ce protocole. Mais déjà l’Italie et l’Allemagne ont décidé de prendre les devants. Rome a autorisé le déploiement du traitement sur son territoire et Berlin a commandé 200 000 doses du traitement développé par Regeneron. En France, les anticorps monoclonaux pourraient bientôt rejoindre l’essai clinique Discovery. Avant d’être peut-être déployés dans les hôpitaux du pays.