VIDÉO. Ils s’appellent tous Eloi et se retrouvent pour l’apéro

Depuis novembre 2019, des jeunes hommes se prénommant Eloi, venus de toute la France, se regroupent entre-eux pour partager des moments conviviaux. Ils nous ont accueillis ce samedi à l’un de leurs rassemblements.

Ils sont une dizaine, assis devant un match de rugby dans un appartement niché au cœur du XVIIIe arrondissement de Paris, et leur présence à quelque chose d’incongru. Ils sont bruns, blonds, châtains, viennent des quatre coins de l’Hexagone, sont étudiants ou dans la vie active, viennent de milieux variés et la plupart ne se sont jamais vus. Ils n’ont rien en commun. Ou presque. Car ce qui les réunit ce samedi 6 février, c’est leur prénom. Ils se nomment tous Eloi, et cela a suffi à tracer un lien puissant entre eux.

À l’origine de ce « Rassembl’Eloi » (le rassemblement des Eloi), Eloi Courau, étudiant parisien de 24 ans. En novembre 2019, inspiré par d’autres initiatives similaires, il décide de créer une conversation sur Messenger, le service de messagerie de Facebook, et ajoute au hasard ses homonymes. L’objectif, partager son expérience autour du prénom « Eloi », à son goût trop méconnu. À ce jour, la conversation rassemble plus de 240 Éloi, dont une quarantaine « très actifs ».

« Peu à peu, un vrai engouement s’est construit autour de notre communauté et on a fini par se voir en vrai et devenir une vraie bande de potes réunis par ce même prénom, confie Eloi Courau. Âgés en moyenne de 20 à 30 ans, ils en sont à leur troisième rassemblement.

« Je trouve ça original et très sympa comme idée de rencontrer des Eloi surtout qu’on a un prénom qui n’est pas forcément courant, c’est aussi ça qui crée une connexion. C’est un prénom qui peut étonner. On m’appelle souvent Edouard par exemple, quand je dis mon prénom », témoigne Eloi Mathis. L’étudiant barbu, en école d’ingénieur, assiste à son tout premier « Rassembl’Eloi ». De passage à Paris pour visiter sa famille, il a décalé son billet de train exprès pour l’occasion.

Un réseau solidaire

L’ambiance chaleureuse que dégage le groupe contraste avec le temps froid et pluvieux que laissent apercevoir les vastes fenêtres du petit salon parisien. Nul besoin de briser la glace, la conversation coule d’elle-même et s’oriente rapidement en échange d’anecdotes sur leur prénom.

Eloi du Manoir, étudiant en école de cinéma, se remémore sa toute première réunion : « Quand je suis arrivé, j’ai dit “Eloi ?” et tout le monde s’est retourné vers moi et a répondu “oui ?”. Au début, ça m’a fait un peu bizarre parce que je ne connaissais personne. Et puis au bout de quelques minutes, on a vite eu l’impression qu’on était pote depuis longtemps. C’est assez drôle de voir toutes les diversités qu’il y a entre les Eloi et en même temps les points communs. »

Newsletter L'essentiel du matin
Un tour de l'actualité pour commencer la journée
Toutes les newsletters

LIRE AUSSI > 1370€ de loyer pour 10m², bienvenue dans le « pire appartement » de New-York

« C’est un peu une blague ce groupe à la base », glisse l’un d’entre eux. Mais au-delà de l’anecdote, Eloi Courau, son fondateur, souhaite former un véritable réseau de solidarité. « On peut parler d’actu, quand il y a un confinement qui approche, on peut échanger les infos qu’on a eues de tels ou tels amis bien placés qui ont eu une rumeur, on peut s’entraider sur les examens, les partiels de quelqu’un ou sur une situation professionnelle pas facile », développe-t-il avec passion. « Il y a par exemple un Eloi qui est allé à Dublin et qui ne connaissait personne là-bas. Je l’ai mis en contact avec un ami qui l’a aidé à s’installer et à rencontrer des gens. » Son rêve, « ce serait que dans n’importe quelle ville où je veuille aller à l’avenir, par exemple passer trois jours à Bordeaux, je puisse croiser un Eloi ou prendre un verre chez un Eloi, voir dîner chez un Eloi ou être hébergé. Ce serait vraiment incroyable que notre communauté se construise jusqu’à ce point et qu’on puisse en profiter comme ça ».

Très actifs sur les réseaux sociaux, les jeunes gens font en sorte « d’être vraiment visibles et d’envoyer un message ». Particulièrement le 1er décembre, jour de la Saint-Eloi, totalement inconnue car « c’est généralement la Sainte-Florence qui est évoquée sur les agendas et les calendriers ».