VIDÉO. Décès de Ruth Bader Ginsburg : « C’était une femme extraordinaire »

Ruth Bader Ginsburg, doyenne de la Cour suprême des Etats-Unis est décédée d’un cancer du pancréas ce vendredi 18 septembre. La juge était une figure de la lutte pour l’égalité hommes femmes.

Avec elle disparaît une des dernières voix progressistes de la Cour suprême américaine. Ruth Bader Ginsburg a toujours lutté contre les discriminations à l'encontre des minorités. Son combat le plus important reste l'établissement de l'égalité homme femme dans toutes les lois de son pays.

Une conviction qu'elle tire de son propre parcours. Dans les années 1960 au début de sa carrière, aucun cabinet d'avocats ne veut l'engager alors qu'elle fait partie des meilleures éléments de sa promotion. Elle devient alors la première femme à enseigner le droit à la prestigieuse université de Columbia.

Devenue avocate, elle plaide six fois devant la Cour suprême pour faire changer la loi. Elle gagne cinq de ces procès. En 1993, Bill Clinton la choisit pour devenir juge à la Cour suprême. C'est la deuxième femme à obtenir ce poste.

En 2013, elle gagne le cœur des jeunes progressistes en s'attaquant de façon virulente à un vote de la Cour suprême qu'elle désapprouve. Le ton qu'elle emploie, contrastant avec sa petite taille et son physique frêle, lui fait gagner le surnom de « Notorious RBG », en référence à un rappeur au physique plus imposant : « Notorious B.I.G. ».

Ses prises de position en faveur des minorités, de l'environnement et contre Donald Trump (malgré son obligation de neutralité politique) n'ont cessé de faire augmenter sa côte de sympathie auprès de l'électorat démocrate.

Sa succession est aujourd'hui l'objet de tension. C'est au président de nommer le juge qui prendra sa place à la Cour suprême à vie. Donald Trump voudrait en profiter pour placer une personnalité conservatrice afin de faire définitivement pencher la Cour de son côté. Un tel cas de figure pourrait notamment entraîner des changements constitutionnels en ce qui concerne l'avortement par exemple.

De leur côté, les démocrates demandent à ce que la nomination du nouveau juge attende la fin de l'élection présidentielle car si Joe Biden l'emporte, c'est à lui que reviendrait le choix du nouveau juge. Une situation qui s'est déjà produite, 2016, Barack Obama avait dû renoncer à remplacer un juge dont le décès était advenu seulement quelques mois avant la fin de son mandat.