VIDÉO. Coup d’Etat en Birmanie, Aung San Suu Kyi arrêtée

Un coup d’Etat a été perpétré lundi en Birmanie par l’armée qui a arrêté la cheffe du gouvernement civil Aung San Suu Kyi.

Après des décennies de dictature et neuf années de partage relatif des pouvoirs avec un gouvernement civil, l’armée a organisé un coup d’Etat ce lundi en Birmanie et décrété l’état d’urgence pour un an. Ce putsch, immédiatement condamné par plusieurs capitales étrangères, est « nécessaire pour préserver la stabilité du pays », ont fait savoir les militaires qui ont promis dans un communiqué publié sur Facebook l’organisation de nouvelles élections « libres et équitables », une fois l’état d’urgence d’un an levé. Ils accusent en effet la commission électorale de fraudes lors des législatives de novembre, remportées massivement par la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d’Aung San Suu Kyi au pouvoir.

La prix Nobel de la paix, âgée de 75 ans, a été arrêtée tôt dans la matinée ainsi que le président de la République, Win Myint et d’autres responsables du parti. Ils seraient détenus à Naypyidaw, la capitale du pays.

Alors que les rumeurs de coup d’Etat se renforçaient ces derniers jours, Aung San Suu Kyi avait laissé un message à la population, diffusé ce lundi par le président de la LND sur les réseaux sociaux, dans lequel elle exhorte les Birmans à ne pas accepter ce putsch. « L’armée tente de replonger le pays sous la dictature militaire en négligeant la pandémie de Covid-19 qui frappe de plein fouet la Birmanie », a-t-elle écrit, demandant à la population de « réagir à l’unanimité ».

Le coup d’Etat s’est fait sans effusion de sang, l’armée se contentant de bloquer les routes autour de la capitale avec des soldats en armes et des véhicules blindés, tandis que des hélicoptères la survolaient. A Rangoun, les militaires se sont notamment emparés de l’hôtel de ville et ont fermé l’accès à l’aéroport international. Les télécommunications, portables et Internet, restaient perturbées et les banques du pays ont été fermées jusqu’à nouvel ordre.

Les États-Unis et l’Union européenne ont dénoncé le coup d’Etat via les réseaux sociaux. Le président du Conseil européen, Charles Michel réclame sur Twitter « la libération immédiate » des personnes arrêtées. Paris appelle également à ce que « le résultat du vote des Birmans soit respecté ». Une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur la Birmanie prévue de longue date pourrait d’ailleurs être avancée en début de semaine.