Vous avez 75 ans et plus ? Voici les 12 centres où se faire vacciner dès lundi dans le Val-de-Marne

À Saint-Mandé qui partage un centre avec Vincennes, 500 personnes étaient déjà inscrites mercredi pour se faire vacciner la semaine prochaine. Les centres de vaccination en milieu hospitalier restent pour le moment réservés aux soignants.

 Saint-Mandé, mercredi. Un centre de vaccination a ouvert mardi pour les villes de Vincennes et Saint-Mandé. 500 personnes âgées de plus de 75 ans étaient déjà inscrites mercredi pour la semaine du 18. Sur la photo, un chirurgien-dentiste habitant Vincennes se fait administrer le vaccin.
Saint-Mandé, mercredi. Un centre de vaccination a ouvert mardi pour les villes de Vincennes et Saint-Mandé. 500 personnes âgées de plus de 75 ans étaient déjà inscrites mercredi pour la semaine du 18. Sur la photo, un chirurgien-dentiste habitant Vincennes se fait administrer le vaccin. LP/Fanny Delporte

Elle attend tellement ce vaccin qu'elle est venue vérifier en personne que son rendez-vous, pris par téléphone, avait été bien noté. Denise, 92 ans, fait partie des quelque 500 personnes qui étaient déjà inscrites mercredi au centre de vaccination de Saint-Mandé et Vincennes (au sein du Cresco à Saint-Mandé) pour être vaccinées la semaine du 18 janvier. Date à laquelle démarre la vaccination des personnes de plus de 75 ans, comme l'avait annoncé le gouvernement.

12 centres à partir de lundi, d'autres « ultérieurement »

Dans le Val-de-Marne, on apprend ce jeudi soir que 12 centres seront accessibles aux personnes âgées de 75 ans et plus à partir de lundi : Alfortville, Champigny, Nogent, Saint-Mandé et Vincennes, Sucy-en-Brie, Villeneuve-Saint-Georges, Arcueil, Bonneuil (à partir de mardi), L'Haÿ-les-Roses, Maisons-Alfort, Orly et Saint-Maur-des-Fossés. La préfecture du Val-de-Marne précise que ce dispositif « a vocation à monter en charge dans les semaines qui viennent » et que « d'autres centres pourront être ouverts ultérieurement ». C'est le cas à Créteil, où le maire PS Laurent Cathala a obtenu l'ouverture sept jours sur sept, à partir du 25 janvier d'un lieu de vaccination au centre sportif Marie-Thérèse-Eyquem.

Il est d'ores et déjà possible de prendre rendez-vous au sein des centres suivants : Alfortville, Champigny, Nogent, Saint-Mandé/Vincennes, Sucy, Villeneuve-Saint-Georges. Pour les autres, il faudra attendre lundi.

/
/  

Quant aux centres de vaccination qui se trouvent dans des structures hospitalières au sein du département (Emile-Roux à Limeil, Mondor à Créteil, Bicêtre, Paul-Brousse à Villejuif, l'hôpital de Villeneuve-Saint-Georges) restent donc réservés aux soignants, contrairement à ce qui avait été pressenti. Ce que regrette le maire LR de Saint-Maurice Igor Semo.

« Cela avait du sens, regrette l'élu. Les hôpitaux avaient l'expérience, savaient gérer le vaccin, et ils ont une bonne desserte. » Dans sa commune, les plus de 75 ans devront ainsi se rendre à Maisons-Alfort, alors que les Hôpitaux de Saint-Maurice ont démarré la vaccination pour les soignants. « Nous allons devoir trouver des solutions de transport pour accompagner les personnes âgées. Mais on ne peut pas bloquer des créneaux entiers, comment faire avec les pensionnaires des résidences autonomies ? », poursuit l'élu.

Des acheminements proposés

À noter qu'à Nogent, la municipalité va proposer aux habitants concernés une navette pour les acheminer jusqu'au centre de vaccination. De même à Créteil. Cachan également, bien qu'elle ne figure pas parmi les villes retenues pour l'implantation d'un centre. La ville « avait fait savoir qu'elle était prête à accueillir un centre et mettre les ressources nécessaires ». Malgré cette issue, elle va proposer « un système de transport dédié aux personnes âgées de plus de 75 ans rencontrant des difficultés de mobilité ».

Dans le département, les habitants de plus de 75 ans représentent un peu plus de 7 % de la population totale, qui s'élève à 1 405 700 habitants, soit environ 100 000 personnes.

« Ce vaccin il faut y croire », explique Denise, la dynamique retraitée de Saint-Mandé. Elle-même n'attend « que ça » pour continuer à profiter de la vie. « J'ai la chance d'être en pleine forme, glisse-t-elle. Alors autant tout faire pour que ça dure ». Sur les écrans des deux personnes assurant l'accueil qu'elle venait de quitter mercredi, le calendrier des rendez-vous semble afficher complet. Ce jour-là ce sont 27 injections qui devaient être administrées l'après-midi.

Objectif 200 vaccinations par jour à Saint-Mandé

À un moment où les doses de vaccin étaient encore réservées aux soignants, uniquement. Toutes arrivent de l'hôpital Saint-Anne à Paris, et leur température sous le ciel de Saint-Mandé est vérifiée plusieurs fois par jour. « On fait très attention à ce qu'il n'y ait pas de rupture de la chaîne du froid », explique Alain Assouline, adjoint délégué à la santé à Saint-Mandé et médecin généraliste.

Newsletter L'essentiel du 94
Un tour de l'actualité du Val-de-Marne et de l'IDF
Toutes les newsletters

« On espère pouvoir aller rapidement jusqu'à 200 vaccinations par jour comme nous le préconise l'ARS (agence régionale de santé), ajoute celui qui coordonne ce centre qui a pris place au sein du Cresco, un équipement municipal de 3 200 m2 dédié à la culture et à l'innovation.

Une exposition est même visible en ce moment dans ce bâtiment inauguré l'année dernière. Ses couleurs ocres, son design et la température ambiante le font davantage ressembler à un cocon qu'à un centre de vaccination. Le coin réservé à la lecture est momentanément fermé. Ceux qui franchissent ses portes n'y restent de toute façon pas longtemps.

Alfortville cherche des volontaires soignants

« La vaccination va très vite », précise Alain Assouline. C'est en fait l'accueil qui prend plus de temps, parce que chaque dossier doit être revérifié. Raison pour laquelle il a été « doublé » dès le deuxième jour à Saint-Mandé, encore en « rodage » mercredi : deux agentes de la ville, autant d'écrans et de téléphones.

La maire de Vincennes Charlotte Libert-Albanel (UDI) qui visite le centre ce jour-là avec le maire (LR) de Saint-Mandé Julien Weil pose la question des besoins en termes de bénévoles. Certaines villes comme Alfortville, première à avoir ouvert un centre de vaccination, ont lancé un appel en ce sens récemment pour des volontaires soignants. « On est obligés de travailler avec une équipe restreinte », rétorque Alain Assouline. Lui-même connait toutes les infirmières qui y travaillent : elles étaient déjà mobilisées au sein du centre de dépistage toujours ouvert dans le centre-ville.

Dans un espace semi-protégé, l'un des deux box de vaccination, l'une d'entre elles accueille un habitant de Vincennes, chirurgien-dentiste en milieu hospitalier à Paris. Tout juste piqué, il immortalise ce moment avec un selfie. « Je vais l'envoyer à des copains et puis c'est pour inciter les gens », explique ce professionnel, encore sonné d'avoir appris tout récemment que l'un de ses patients avait fait « 80 jours de coma » après avoir contracté le Covid-19.

L'intersyndicale des retraités veille au grain

Le centre de Saint-Mandé espère bénéficier rapidement d'un troisième box. « Plus de vaccins, plus de personnels pour les administrer, plus de lieux où le faire », c'est ce que demande l'intersyndicale (CGT, FO, Solidaires, FSU, FGR-FP) des retraités du département dans un courrier envoyé à la préfecture. Jean Amar, qui est à sa tête, évoque une stratégie « dramatique » de vaccination en France.

Les retraités « ont besoin que cette politique soit rapidement revue », écrit encore le responsable de l'intersyndicale. Et sous sa plume, ils préviennent : ils seront « attentifs aux réponses » apportées au sujet de leurs « questions et préoccupations ».

.