Vitry : le nouveau Gare au théâtre offre un accueil aux auteurs

Au sein du nouveau Gare au théâtre, une pièce est désormais réservée aux auteurs débutants ou confirmés pour les inclure dans la production théâtrale.

 Vitry, vendredi 25 septembre. À Gare au théâtre, un nouvel espace existe désormais pour permettre aux auteurs (dramatiques et autres) de travailler en toute tranquillité, gratuitement.
Vitry, vendredi 25 septembre. À Gare au théâtre, un nouvel espace existe désormais pour permettre aux auteurs (dramatiques et autres) de travailler en toute tranquillité, gratuitement. LP/F.D.

Ils ont une mission : remplir entièrement la bibliothèque de textes qu'ils auront écrit eux-mêmes, dans la pièce où elle a été aménagée. Relèveront-ils le défi? À Vitry, le nouveau Gare au théâtre inaugure ces prochains jours un espace entièrement dédié aux auteurs. Il s'agit de l'ancien Cabaret, dont la transformation était imaginée depuis déjà un an par Diane Landrot et Yan Allegret, les nouveaux maîtres des lieux suite au départ de Mustapha Aouar.

« Dès le mois d'octobre nous avons réuni des auteurs régulièrement à l'occasion d'un comité de lecture, raconte Diane Landrot. Nous leur demandions systématiquement de quoi ils avaient besoin. D'argent d'abord, mais malheureusement en tant que lieu intermédiaire nous ne pouvions les aider. Mais aussi d'un espace pour travailler, et c'est une demande qui revenait chaque mois ».

« Pas une usine à gaz »

Le nouveau Gare au théâtre décide d'y répondre avec « les moyens qui sont les siens » : leur proposer de s'installer sur la mezzanine, entièrement réaménagée. Cinq tables tournées vers la lumière y ont été disposées. « On voulait un endroit adapté à nos moyens, pas une usine à gaz », précise Diane Landrot. Ce cocon prend le nom de l'autrice Claudine Galea, nommée marraine du lieu, quand en janvier 2020 la grande salle avait elle été baptisée du nom de Yoshi Oïda, artiste japonais choisi comme parrain.

Doté d'une très grande bibliothèque, le lieu accueillera dans un premier temps les auteurs dramatiques, puis les auteurs tout court. « Quand on est chorégraphe, performeur… il y a un travail d'écriture également », rappellent Diane Landrot et Yan Allegeret qui se réjouissent que le lieu se trouve symboliquement à proximité immédiate d'une scène.

D’autres initiatives pour encourager les auteurs à créer démarrent, comme les soirées « I want your text », à travers lesquelles le nouveau Gare au théâtre leur propose de venir partager leur dernier texte. LP/F.D.
D’autres initiatives pour encourager les auteurs à créer démarrent, comme les soirées « I want your text », à travers lesquelles le nouveau Gare au théâtre leur propose de venir partager leur dernier texte. LP/F.D.  

Car pas question que les auteurs intéressés restent vissés sur leur chaise. « Travailler chez soi ou dans un café, ce n'est pas la même chose que de pouvoir travailler aux côtés d'autres auteurs », explique Diane Landrot. Yann Allegret y voit lui une démonstration du projet tel que le binôme l'avait imaginé. « Nous travaillons sur l'idée de frontière et de séparation, par exemple celle qui existe entre la pratique amateure et la professionnelle, y compris dans le domaine de l'écriture. Jamais on ne fermera notre porte à qui que ce soit », explique-t-il.

« Venir écrire, quelle que soient l'expérience, le CV, le soutien, l'édition… »

L'équipe élabore en ce moment une interface pour son site qui permettra aux auteurs intéressés de réserver des créneaux. Gratuitement. « On ne demande qu'une seule chose aux gens qui viendront travailler ici, précise Diane Landrot. C'est qu'ils nous laissent un texte, comme un objet, que l'on mettra dans cette bibliothèque dédiée aux ouvrages contemporains et que l'on espère remplir ainsi. Un texte publié ou non, ça n'a pas d'importance ». Bref, « venir écrire, quels que soient l'expérience, le CV, le soutien, l'édition… ».

Le nom de Matthias Claeys pourrait bien apparaître dans cette bibliothèque. Cet auteur membre de la compagnie de théâtre MKCD dans le XXe arrondissement de Paris compte y écrire sa prochaine pièce, en tout cas en partie. « Quand on fait ce travail on est habitués à bouger », explique-t-il. Il voit dans cette opportunité le moyen « d'être en contact avec des gens du même milieu, de pouvoir manger ensemble ». Une opportunité « rare », d'après lui. « Des week-ends d'écriture ça existe oui, mais c'est ponctuel ».

« Rompre l'isolement »

Passer le périphérique ne fait pas peur à cet auteur. « C'est à 5 minutes de Paris. Même si c'est juste pour une demi-journée par semaine ça vaut le coup », explique Matthias Claeys, qui voit là l'occasion de « rompre l'isolement ». Et mettre fin à un paradoxe. « Les autrices et auteurs, bien qu'à la source de la production théâtrale » peinent « à se sentir faire partie d'un tout », perçoivent Diane Landrot et Yan Allegret.

D'autres initiatives pour les y aider démarrent, comme les soirées « I want your text », à travers lesquelles le nouveau Gare au théâtre encourage les auteurs à venir partager leur dernier texte. Le 8 octobre, la première soirée du genre mettra à l'honneur Jeanne, un texte de Yan Allegret… pour commencer.

Au 13, rue Pierre-Sémard, à Vitry-sur-Seine. Informations au 01.43.28.00.50.