Vincennes : encore sept ans pour le collège provisoire

Ce lundi, le conseil départemental a voté une demande de subvention de 5 millions d’euros pour dépolluer les sols de Saint-Exupéry, avant sa reconstruction.

 Vincennes. Le collège modulaire Saint-Exupéry, à Vincennes accueille depuis la rentrée 2018 600 élèves.
Vincennes. Le collège modulaire Saint-Exupéry, à Vincennes accueille depuis la rentrée 2018 600 élèves. LP/C.N.

Deux générations entières au moins de collégiens de Saint-Exupéry n'auront connu que le bâti provisoire, installé au pied du Château de Vincennes. Le département table en effet sur sept ans avant d'avoir dépollué et reconstruit le collège initial.

Pour rappel, cet établissement devait faire l'objet d'une simple réhabilitation. Mais c'est en préparant le chantier que la pollution des sols aux solvants chlorés a été découverte, nécessitant la relocalisation des élèves dans un collège modulaire construit en urgence. Voilà déjà deux rentrées.

Cette installation provisoire, de 15 millions d'euros, va pouvoir encore durer sept ans, selon la nouvelle convention d'occupation des sols signée avec la Ville de Paris, propriétaire du terrain. « Mais on a bien compris que ça n'irait pas au-delà », explique Christian Favier, président PCF du conseil départemental.

Creuser jusqu'à 10 m en profondeur

Reste à financer l'opération, qui s'annonce déjà complexe. Il va ainsi falloir creuser une excavation de 10 m sur 10 m, et aller jusqu'à 10 m en profondeur pour retirer les terres polluées, et placer la zone sous un dôme étanche pour éviter toute contamination.

Selon le département, ce chantier s'élève à cette heure à 17 millions d'euros hors taxe, et la reconstruction du collège, 28 millions d'euros. Soit une affaire à 45 millions d'euros au total, « le budget de deux collèges », souligne l'élu.

Alors ce lundi, lors de la séance du conseil départemental, les élus ont voté à l'unanimité une demande de subvention de 5 millions d'euros auprès de l'Etat. La collectivité s'engouffre dans « l'opportunité » ouverte par le Plan de relance de l'Etat et le fonds friches instauré pour deux ans. « Nous souhaitons que ces démarches puissent nous permettre d'obtenir les moyens nécessaires à une prise en charge plus importante de l'Etat sur la dépollution », lance Christian Favier, en séance.

Emmanuelle Wargon s'y était engagée

Car pour les élus, qu'ils soient au département ou à la ville de Vincennes, difficile d'accepter la situation héritée. Le bâtiment, construit en 1885 et en 1970 pour la partie du collège la plus récente, a été transféré au département en 1983. Sans un mot sur cette pollution. D'autres bâtiments sont concernés : un relais d'assistante maternelle, une crèche et un réfectoire, selon Dominique Le Bideau, présidente du groupe centriste et ex première adjointe à Vincennes.

Les élus ont bon « espoir ». Après tout, la ministre déléguée au Logement, originaire du Val-de-Marne, Emmanuelle Wargon s'y est engagée le 22 septembre dernier, lors de sa visite sur le chantier de Marne Europe, jugeant le collège éligible à cette aide.

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« C'est un rapport exemplaire et important, relève Pascal Savoldelli (PCF), président du groupe (FG). On a abordé une loi sur l'air, sur l'eau mais on a évacué la question d'une loi sur les sols. » Convaincu de faire évoluer la jurisprudence, si le Val-de-Marne obtient une contribution de l'Etat.