Villejuif : des agents encartés au PCF dénoncent une chasse aux sorcières

Illustration. Quatre agents encartés PCF ou proches des communistes de la ville de Villejuif se disent victimes d’une liste noire. Deux plaintes ont été déposées contre le maire.
Illustration. Quatre agents encartés PCF ou proches des communistes de la ville de Villejuif se disent victimes d’une liste noire. Deux plaintes ont été déposées contre le maire.  (LP/E. MI)

Certains parlent d'un calvaire au quotidien. Tiennent aux antidépresseurs. Ou ont même porté plainte. Depuis le basculement de la municipalité à droite en mars 2014, les employés municipaux encartés PCF, se disent victimes d'une véritable chasse aux sorcières. En août 2015, Sandrine*, 39 ans, élue CGT, demande une enquête administrative après avoir été victime de harcèlement de la part de ses collègues. Mais rien n'est fait. Lassée par cet immobilisme, la jeune femme attaque la ville en justice. On lui propose finalement de changer de service, elle accepte. « Mais, au dernier moment, le maire a refusé de signer ». Sandrine est finalement « mise au placard, dans un autre bureau mais sans travail ». « Quand j'en réclame, on me dit qu'il faut la permission des élus ».

« Je suis déglinguée »

Si Sandrine est payée, selon elle, à ne rien faire, Marie, elle, se dit surveillée. Cette cadre encartée PCF, chargée des élections, a été convoquée en juin 2015 par la directrice en charge du personnel. « Le maire n'a rien à vous reprocher mais il n'a pas confiance en vous », lui dit-on. Marie déglutit sa colère. Pendant les régionales, deux personnes l'entourent matin, midi et soir. « Dès que je passais un coup de fil, ils étaient derrière moi ». À la fin des élections, on lui enlève tout pouvoir de signature sur son secteur. « Je suis déglinguée. On est communiste mais notre but n'est pas de nuire ». Michelle, elle, aussi, n'en peut plus. Cet agent a même porté plainte pour harcèlement contre le maire, actuellement instruite par la police judiciaire. « C'était ça ou je me jetais par la fenêtre ». Dès août 2015, on lui fait comprendre qu'elle est sur liste noire. Son poste devient une coquille vide. Sans travail depuis des mois, elle se sent humiliée. Quant à France, 52 ans, elle, a pris 15 kg en 18 mois. Avale des antidépresseurs. « Ils veulent supprimer mon poste pour en créer un autre. Ils m'ont dit que je n'avais qu'à postuler », peste-t-elle, écœurée. « Je prépare donc ma succession ». Ces quatre femmes dénoncent, plus généralement, un malaise général des services. La voix brisée, Marie reprend : « Ils ont envie de nous punir. Mais nous punir de quoi ? »

* Les prénoms ont été modifiés