Val-de-Marne : victime d’un AVC à la naissance, Laura, 24 ans, veut «donner du courage aux gens»

Laura, 24 ans, a subi un AVC deux heures après sa naissance. Entre handicaps à surmonter, décès de sa meilleure amie et harcèlement scolaire, elle raconte dans un livre sa vie faite de batailles et délivre un message résolument optimiste.

 Villeneuve-Saint-Georges, le 30 septembre. Laura Luce, étudiante en cinéma, raconte de manière touchante son enfance et adolescence.
Villeneuve-Saint-Georges, le 30 septembre. Laura Luce, étudiante en cinéma, raconte de manière touchante son enfance et adolescence. LP/Marine Legrand

On plonge dans le livre de Laura Luce comme dans le journal intime d'une adolescente de notre époque. Cette étudiante en cinéma de 24 ans, qui vit sur les coteaux de Villeneuve-Saint-Georges, vient de publier son autobiographie où elle raconte sa vie semée d'obstacles. Elle les surmonte les uns après les autres, délivrant un message de courage et d'optimisme.

Laura a subi un accident vasculaire cérébral (AVC) deux heures après sa naissance, à Fontainebleau (Seine-et-Marne), la laissant avec plusieurs handicaps : une main droite très faible, un développement psychomoteur tardif — elle a commencé à marcher et parler tardivement —, un bégaiement, des crises d'épilepsie à répétition…

Harcèlement scolaire

Sa vie est, depuis, jalonnée de rendez-vous médicaux entre la Martinique, où elle a grandi, puis la région parisienne, où elle s'est installée récemment. En grandissant, elle se heurte aux moqueries de certains camarades de classe et devient victime de harcèlement scolaire. Elle raconte aussi le décès inattendu de sa meilleure amie, foudroyée en quelques jours par une méningite.

Pourtant, Laura est heureuse. Elle décrit l'amour de sa famille et de ses amis, affirme son caractère, progresse dans ses études, se lance des défis — elle s'inscrit au semi-marathon de Fort-de-France qu'elle parvient à terminer, une attelle au pied —, décroche sa place dans une école de cinéma à Paris et publie même désormais un récit autobiographique dans une maison d'édition val-de-marnaise.

De nombreuses photos bébé, fillette puis ado permettent de mieux s'immiscer dans l'intimité de Laura. Son style d'écriture est simple, direct, accessible. Laura raconte sa vie sans se la raconter. Un ouvrage idéal pour un ado par exemple, qui se reconnaîtra dans plusieurs pages.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?

Laura Luce. Je voulais raconter mon histoire pour donner du courage aux gens, leur montrer que tout est possible, malgré le handicap et les épreuves. Je veux délivrer un message positif, de persévérance, et plus particulièrement face au harcèlement qui touche beaucoup d'adolescents. Comme je lis beaucoup de livres, j'avais décidé de me lancer dans l'écriture moi aussi. J'ai travaillé sur ce projet depuis 2017. J'ai commencé à le rédiger en juillet 2019, toute seule, et l'ai terminé en février 2020.

Quelles furent les épreuves les plus dures à affronter dans votre vie ?

Ma main droite, mais je la néglige (elle rit). Et la mort de ma meilleure amie à 14 ans. Je n'arrivais pas à pleurer, je l'ai vécu à ma manière. Mais je l'ai surmontée avec le temps. Le harcèlement scolaire fut aussi très pénible. Je viens de rejoindre l'association Marion la main tendue en tant que bénévole pour lutter contre ce fléau.

Comment envisagez-vous l'avenir ?

Depuis toute petite, j'aime les métiers artistiques, intégrer des personnages, réfléchir sur des rôles… D'où l'école de cinéma que j'ai rejointe à Paris. On y apprend à écrire et réaliser des courts-métrages. Porter mon histoire à l'écran ? Pourquoi pas, un jour… Mais c'est un travail bien plus complexe qu'écrire un livre.

Val-de-Marne : victime d’un AVC à la naissance, Laura, 24 ans, veut «donner du courage aux gens»

« Le journal de Laura », par Laura Luce, éditions Jets d'encre, 14,50 euros