Val-de-Marne : vers un budget de crise teinté en vert

Ce lundi, le conseil départemental réuni en séance a débattu des orientations budgétaires 2021, à quelques mois des élections départementales.

 Créteil, ce lundi. Les élus du conseil départemental réunis en séance ont débattu des orientations budgétaires sur fond de crise.
Créteil, ce lundi. Les élus du conseil départemental réunis en séance ont débattu des orientations budgétaires sur fond de crise. LP/Agnès Vives

La crise sanitaire était sur toutes les lèvres. Derrière les masques évidemment. Mais les élus du conseil départemental réunis en séance ce lundi ont tous évoqué dans leurs interventions pour ce débat d'orientations budgétaires, le dernier de la mandature, l'impact de l'épidémie du Covid-19.

« Une crise exceptionnelle, violente et durable », résume à lui seul le président PCF Christian Favier, dans sa présentation du rapport. Alors même que « personne ne peut encore évaluer les conséquences d'une deuxième vague ».

En quelques chiffres, le patron du département, qui n'a toujours pas dit s'il se représentait ou non aux élections départementales de 2021, a rappelé le poids de cette crise pour les finances de la collectivité : 20,7 millions d'euros ont été débloqués rien que lors de la première vague, pour aider les associations, les Ehpad, distribuer des masques, fournir des fruits et légumes en solidarité, ou encore renforcer le personnel dans les collèges pour la désinfection des établissements. Autant d'exemples de ce « bouclier de protection des populations » que la majorité entend maintenir.

Maintien de toutes les politiques publiques

Le budget 2021 sera donc « un budget de crise » et tous les dispositifs de soutien au « pouvoir d'achat » (remboursement de la carte Imagine R, carte Améthyste et ses extensions aux seniors et enfants handicapés, Ordival…) seront poursuivis.

Sauf que cette crise se traduit aussi par une « explosion » des dépenses liées au RSA (revenu de solidarité active). Sur un an, 5 000 allocataires supplémentaires ont été enregistrés, 4 200 depuis mars. Une tendance qui se poursuit. Soit treize millions supplémentaires à trouver. Et Christian Favier de rappeler — en marge de la séance — combien il est nécessaire que l'Etat reprenne à sa charge le versement de cette allocation, pour tous les départements, en référence au test annoncé en 2022 pour la Seine-Saint-Denis notamment.

« C'est une allocation universelle fixée par l'Etat, il n'y a pas de raison qu'elle soit à la charge des budgets des départements ». Désormais, selon lui, la part compensée par l'Etat « se fige autour de 50 % ».

Alors que la recette principale, les droits de mutation, puisque la collectivité n'a plus la main sur la taxe foncière depuis la dernière réforme fiscale, ralentit (baisse de 5 millions d'euros).

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« Nous avons pu absorber le choc, grâce à une situation financière saine et solide mais cela n'a pas empêché le recours à l'emprunt », reconnaît Christian Favier. Non sans déplorer que le plan de relance brandi par le gouvernement ne soit pas au niveau pour les départements, collectivité « la plus maltraitée », alors qu'elle a été « la plus en ligne avec les communes pour faire face à cette crise ». « Ce plan de l'Etat nie la réalité des collectivités, ne nous consentant que des avances bien maigres », abonde la maire de Cachan, Hélène de Comarmond, au nom du groupe PS.

« Une demi-décennie de dépenses excessives »

Mais si le casse-tête financier est bien là, les élus de gauche ne renoncent pas à « des investissements utiles pour tous les Val-de-Marnais ». Exemples : de nouveaux collèges (Samuel-Paty à Valenton en septembre, un 6e à Champigny, reconstruction à Villeneuve-le-Roi et Ivry), la livraison de nouvelles places en crèches, à Champigny, Chevilly, Alfortville et Orly mais aussi de nouveaux projets à Sucy, Limeil-Brévannes, Créteil, Vitry et Ivry.

Des orientations qui sans surprise, n'ont une fois encore pas convaincu l'opposition départementale. « La tendance préoccupante des finances départementales ne date ni des dernières réformes, ni de l'épidémie en cours, tacle Dominique Le Bideau, élue de Vincennes, au nom du groupe centriste. Elle résulte bien d'une demi-décennie de dépenses excessives, auxquelles nous nous sommes d'ailleurs opposées, lorsque cela était nécessaire. » Rejointe en ce sens par le président du groupe LR, Olivier Capitanio. « Nous restons sur notre faim. Ce rapport ne nous apprend rien et ne trace aucune perspective », déplore l'opposant, qui s'en « étonne » même, alors que le budget doit être voté, dans trois semaines, le 14 décembre.

Répondre à « l'urgence climatique »

Et si la date des élections repoussées en juin 2021, n'est officiellement pas connue, on a bien senti que l'échéance flottait dans l'air de l'assemblée départementale. « L'étonnement aurait dû être de notre capacité à équilibrer un budget dans les circonstances, alors qu'on n'a pas beaucoup d'aides du gouvernement », réplique Christian Favier, en fin de débat.

Quant aux perspectives, elles se déclineront aussi sur fond vert. Pêle-mêle, les élus ont rappelé la mise en service du tramway T9 en mars, le bouclage financier du premier téléphérique urbain, la réouverture de la Bièvre, ou encore tout le travail de protection des berges, ou de création d'espaces naturels sensibles. La majorité de gauche (qui compte un seul élu EELV) entend ainsi répondre à « l'urgence climatique ».